Vocation infirmière #2/2

Le concours d’infirmier attire de nombreux candidats chaque année malgré la précarité du métier. Devenir infirmier est donc toujours une vocation pour beaucoup de jeunes, c’est notamment le cas de Manon, 20 ans, étudiante à la Croix Rouge à Nice.

Manon Martinez, étudiante infirmière à la Croix Rouge à Nice (Crédit photo : D.R)

Manon Martinez, étudiante infirmière à la Croix Rouge à Nice (Crédit photo : D.R)

Elle se dit « épanouie tant au niveau professionnel qu’au niveau personnel » grâce à cette formation. A seulement 19 ans, Manon s’est lancée dans des études d’infirmière et son jeune âge a pu lui porter préjudice : « Je suis quand même assez jeune par rapport aux autres étudiants de ma promotion, il y a une moyenne d’âge assez élevée puisque la doyenne a 55 ans. Parfois, ça te met un sacré coup au moral et au bout d’un mois, on peut se demander ce qu’on fait là ». Etre jeune, cela peut être un inconvénient, notamment lors des stages. Entre un trentenaire et un jeune de vingt ans, le contact avec le patient ne sera pas toujours le même : « C’est vrai que le patient va être plus rassuré avec une personne plus âgée » nous confie Manon, mais elle assure que son âge n’est pas un problème en réalité : « J’ai des connaissances aussi et je sais adopter une certaine position par rapport au patient ».

Une formation responsabilisante

La formation d’infirmière plonge les étudiants directement dans le monde du travail, à travers les nombreux stages qu’ils effectuent et les missions quotidiennes qu’ils remplissent, comme le feraient les professionnels : « C’est une profession très intéressante humainement en tout cas, on est vraiment confronté au monde du travail très tôt, ça m’a fait mûrir en peu de temps » poursuit Manon. Des expériences difficiles, comme accompagner des patients dans des situations critiques, l’ont fait grandir. Elle évoque le cas d’un malade en chimiothérapie : « Avec le manque d’expérience et de maturité, tu ne sais pas vraiment comment t’y prendre ou comment venir en aide au patient. Ce n’est pas forcément facile à 20 ans de rassurer une personne qui a 30 ou 40 ans et qui se moque de ce que tu dis. »

Concilier travail et vie sociale

Quand elle compare sa situation à celle de ses amis, Manon se sent parfois en décalage : « Par rapport à certains amis qui sont en fac, qui n’ont pas ces notions de la vie, de la mort, on n’a pas forcément la même vision des choses ». Mais la jeune femme, fêtarde et extravertie, tient à préserver sa vie sociale : « Je fais en sorte d’avoir une vie d’étudiante normale et les contraintes horaires finalement, ce n’est pas si handicapant que ça. Je ne me suis vraiment jamais sentie exclue par rapport à mes amis qui ont pourtant plus de temps libre que moi. »

Garder des contacts en dehors de ses études, c’est essentiel pour Manon, qui tient à échapper à un entre soi infirmier déjà très présent dans sa vie.

Avoir confiance en l’avenir

Manon est lucide vis-à-vis des difficultés qu’elle pourra rencontrer. Elle prend au sérieux le problème du burnout, assez présent chez les infirmières, tout en relativisant : « Ça reste vraiment un risque mais il y a quand même une certaine diversité du métier qui nous permet de nous réorienter, toujours dans le domaine de la santé. De toute façon, je ne veux pas travailler à l’hôpital en faisant du 12h toute ma vie ».

L’étudiante ne regrette pas son choix : « Je me dis que j’aurais peut-être pu m’orienter vers des métiers moins contraignants mais maintenant je suis lancée, j’attends d’avoir mon diplôme mais ça reste un métier qui m’apportera énormément » et envisage une poursuite d’études : « Je vais essayer de continuer mes études et d’aller jusqu’au master qui me permettra d’avoir plus de liberté et d’apprécier ce que je fais ».

 

Margot Desmas

Maïlis Rey-Bethbeder

Sarah Mannaa

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