LDC demi-finale #2/2 : Madrid au centre de l’Europe

Comme en 2014, l’Atlético Madrid et le Real Madrid se sont qualifiés pour la finale de la Ligue des champions. Joueurs en forme (ou pas) et stats sont au programme.

Le résumé : 

Une défaite mais une qualification pour l’Atlético Madrid. Du côté de l’Allianz Arena, les Colchoneros ont bien failli passer à la trappe malgré leur succès 1-0 au match aller. Bousculés par un Bayern Munich bien décidé à rattraper son retard, les hommes de Diego Simeone vont concéder l’ouverture du score à la demi heure de jeu, Xabi Alonso inscrivant en force un coup franc à l’entrée de la surface (1-0, 31e). Dans la foulée, le Bavarois Thomas Müller va voir son penalty être arrêté par Jan Oblak (lire plus bas). Au retour des vestiaires, Antoine Griezmann va se présenter seul face au gardien du Bayern et ne se fait pas prier pour l’ajuster (11, 54e). A un quart d’heure du terme, Robert Lewandowski redonne, de la tête, l’avantage à son équipe (2-1, 74e). Les joueurs de Pep Guardiola ne parviendront pas à rajouter un troisième but synonyme de qualification mais le gardien, Manuel Neuer, pourra se targuer d’avoir stoppé un penalty en fin de match.
Pour sa part, le Real Madrid s’est difficilement extirpé du piège Manchester City. L’équipe de Zinedine Zidane s’est procurée presque dix occasions en 90 minutes, mais c’est à un but contre-son-camp du malchanceux Fernando (1-0, 20e) que les Madrilènes doivent leur qualification. Le score en restera là. En cause, un Joe Hart, gardien anglais, en grande forme. Deux ans après une finale 100% madrilène, les deux équipes se retrouveront le 28 mai prochain au stade San Siro de Milan. Cette fois, l’Atlético partira favori.

Coté terrain… 

Le roc Navas :

Keylor Navas est invincible. Du moins en Ligue des champions, à domicile. Le portier costaricain, qui n’a pas encaissé le moindre but depuis trois matchs et demi sur la scène européenne, n’aura concédé aucun but à Santiago Bernabeu. Et si réaliser des clean sheet  (des matches avec aucun but encaissé, ndlr) contre Malmö et Donetsk peut être considéré comme une chose normale, faire la même chose contre la Roma et Wolfsburg est une tâche un peu plus ardue. Mercredi, contre City, le montant a sauvé le record de Navas. Même chose en novembre, contre Paris, qui avait par trois fois tapé le cadre de la cage. L’armada parisienne avait dominé la défense de la Casa Blanca mais n’avait pas su tromper l’ancien de Levante. Au final, Keylor Navas, qui aurait dû être remplacé par David De Gea en août, réalise une excellente saison. Jamais au Real un gardien n’avait réalisé autant de clean sheet en Ligue des champions. En effet, dix fois cette saison il n’a pas eu à aller chercher la balle dans ses cages (seul Wolfsburg a réussi à marquer). La seule fois où il a laissé sa place à Casilla, son remplaçant, l’équipe en a pris trois (à Donetsk en novembre). Vous avez dit irremplaçable ?

Contre City, Navas a su, une fois de plus, gardé sa cage inviolée. Comme d’habitude à Santiago Bernabeu. (Crédit photo :  EFE)

Contre City, Navas a su, une fois de plus, gardé sa cage inviolée. Comme d’habitude à Santiago Bernabeu. (Crédit photo :  EFE)

Griezmann porte l’Atlético :

Antoine Griezmann a une fois de plus éclaboussé la compétition de tout son talent. En inscrivant son septième but de la saison en Ligue des champions, l’attaquant français a permis à l’Atlético Madrid d’accéder à la finale. Grâce à sa réalisation, l’ancien joueur de la Real Sociedad est devenu le meilleur buteur de l’histoire des Colchoneros dans la compétition (9 buts en deux saisons). Un froid réalisme offensif, tant les Madrilènes ont passé du temps à défendre : quatre petits tirs cadrés (dont le but) et uniquement 33% de possession de balle. Mais Griezmann ne s’est pas distingué que par son 31ème but de la saison. Il a également joué un rôle majeur dans la tactique défensive mise en place par Diego Simeone pour contrer le Bayern Munich : courses défensives, souvent au pressing (deux ballons récupérés) et suppléant son défenseur droit à deux reprises, il a prouvé toute son importance dans le dispositif madrilène. Une nouvelle performance du natif de Mâcon qui devrait conforter Didier Deschamps dans son choix de le sélectionner pour l’Euro 2016.

Yaya Touré, pourquoi ?

Ce fut le grand étonnement à l’annonce de l’équipe pour cette demi-finale retour : Yaya Touré titulaire avec Manchester City pour aller défier le Real Madrid. Le choix a surpris, l’Ivoirien revenant tout juste d’une blessure aux adducteurs. D’autant que le milieu de terrain avait été annoncé forfait auparavant. Le pari de Manuel Pellegrini ne s’est pas avéré payant. Totalement en deçà de sa forme physique habituelle, Yaya Touré n’a rien apporté à City, tant offensivement que défensivement. Ses statistiques sont sans appel. S’il a réussi 83% de ses passes, l’ancien barcelonais n’a réussi aucun tir, aucun tacle, aucune interception. Impensable à ce niveau de la compétition.

… et côté stats : 

L’Atlético n’aime pas avoir le ballon :

Diego Simeone est à l’image de son équipe. Ou peut-être est-ce l’inverse. Combattif, toujours à 100%, l’Atléti n’est pas dans les mêmes standards de jeu que le Barca et le Bayern. Les deux équipes que les Colchoneros ont battu multiplient les passes courtes, cherchant la faille dans la défense adverse. Leur possession de balle avoisine les 65% voire 70%. Au contraire, l’équipe entrainée par Simeone laisse le ballon à l’adversaire et réalise un pressing tout terrain, profitant de chaque contre pour se créer une occasion. Cette saison, le parcours en Ligue des champions est édifiant. Passé la phase de poule, dans laquelle les Matelassiers ont eu du mal à enchainer les victoires, ils ont affronté le PSV Eindhoven, le FC Barcelone donc, ainsi que le Bayern Munich. Contre le club hollandais, là où il a fallu tenir le ballon, la double-confrontation a été réellement difficile. Après avoir fait 0-0 cumulé sur les deux matchs, il a fallu passer par les tirs au but pour battre le club entraîné par Philipp Cocu. Cependant, à partir des quarts de finale, l’Atléti a laissé le ballon et a joué son jeu. Les conséquences s’observent notamment au niveau des passes. Que ce soit dans le nombre de passes ou dans leurs réussites, les chiffres sont logiquement en deçà, par rapport à la double confrontation face à Eindhoven. Résultat ? Deux victoires et deux démonstrations de force. Comme quoi avoir le ballon n’est pas synonyme de victoire.

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Penaltys en berne :

Zéro. C’est le nombre de penaltys transformés par l’Atlético et le Bayern Munich mardi soir, sur deux tentatives. En première mi-temps, Jimenez accroche Javi Martinez en surface (33’). Müller se charge de tirer, et de mal le tirer. Oblak part sur sa droite, et stoppe le ballon à mi-hauteur. En deuxième mi-temps, Javi Martinez fait faute sur un de ses compatriotes, Fernando Torres. El niño s’élance mais son penalty trouve les gants de Manuel Neuer. Le portier allemand était lui aussi parti sur sa droite, à mi-hauteur. l’Atlético l’emporte. Mais un constat se fait : tirer à droite du gardien est quelque peu risqué.

Le tweet : 

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L’équipe type : 

EquipeTypeDemiRLDC

Antoine Medeiros
Maxime Gil

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