Sur la Côte d’Azur, une bactérie tueuse menace les végétaux

Arrivée en France par la Corse, la bactérie Xylella Fastidiosa, qui décime les oliviers italiens, s’attaque désormais aux végétaux de la région PACA.

Un danger qui se propage rapidement

Plus ou moins virulente, la bactérie se présente sous différentes souches. Elle s’introduit dans les vaisseaux qui conduisent la sève. En Italie, les oliviers souffrent de la pauca, plus agressive que la multiplex qui sévit en France. Thierry Candresse rappelle que  « la menace de voir arriver la pauca sur le territoire français est réelle ». D’après les scientifiques, la Xylella Fastidiosa se propage de très nombreuses façons. Les insectes, les boutures, les greffages, les contacts sont tous vecteurs de la bactérie, comme peuvent l’être indirectement les importations. L’identification d’un végétal contaminé est d’autant plus difficile qu’une seule et unique branche peut être infectée. Quant aux symptômes, ils s’apparentent à un simple manque d’eau. De nombreuses espèces végétales, y compris l’herbe, peuvent être touchées par les différentes souches. Selon Liliane Pecout, « 241 sont actuellement recensées ».

La mise en place de mesures 

Afin d’éviter la propagation de la Xylella Fastidiosa, de nombreuses mesures ont été prises, notamment par la préfecture des Alpes-Maritimes. Des arrêtés prévoient la délimitation d’une zone d’un rayon de 100 mètres autour des végétaux infectés avec l’interdiction de planter dans celle-ci. La flore suspectée d’être contaminée doit être arrachée avec du matériel désinfecté, et incinérée. Côté italien, « aucune directive n’a été donnée » s’étonne Giorgio Gaziello. Jean-Philippe Frère, oléiculteur azuréen renommé, craint l’arrivée de la bactérie même si aucun olivier n’a pour le moment été touché. La même épidémie que dans les Pouilles mettrait en péril les exploitations. Liliane Pecout rappelle que la menace est à prendre au sérieux. « Les mesures doivent impérativement être respectées car la bactérie pourrait se propager très rapidement avec des conséquences dramatiques sur l’économie de la région ».

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Les olives de Nice, un patrimoine cher aux Azuréens. (Crédit Photo : Nice-Matin)

Un patrimoine en danger

Ne présentant aucun risque direct pour l’homme, la contamination des oliviers azuréens par la bactérie Xylella Fastiodiosa serait préjudiciable pour tout un territoire. La région Provence-Alpes Côte d’Azur, qui produit 60 % des olives françaises, pâtirait le plus d’une épidémie semblable à celle de l’Italie. Ancrée dans le patrimoine local grâce à l’Appellation d’Origine Protégée, l’oléiculture bénéficie d’un lien fort avec les habitants du Sud-Est. Depuis 1994, sept huiles d’olive ont été reconnues en A.O.P., dont celle de Nice. La ville a également été primée pour ses olives et sa pâte. Lors de la saison 2013/2014, 28 tonnes d’huile d’olive niçoise ont été produites. A l’échelle nationale et avec une consommation par habitant et par an de 1,5 litre, l’huile d’olive est l’un des fleurons du patrimoine gastronomique français.  Avec 29 000 oléiculteurs et 4,3 millions d’oliviers sur 50 000 hectares, la France fait partie des sept pays de l’Union Européenne producteurs d’huile d’olive.

                                                                                                                                              Lou David                                                                                                                                                                       Manon Gaziello

 

 

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