Compte-rendu des résultats des urnes chez les Républicains

La date approche. La convention républicaine se tient en juin prochain. Donald Trump semble bien parti pour l’emporter face à ses rivaux. Il a réussi à les éliminer au cours de la primaire, mais parviendra-t-il à gagner l’élection de novembre prochain ?

Malheureusement, l’élection ne se joue pas au nombre d’États gagnés mais se remporte grâce au nombre de délégués. Au Parti Républicain, on distingue trois types de délégués.  Selon qu’ils sont délégués du parti, de l’État ou des districts locaux, ils ne suivent pas les mêmes règles. Ceux des districts et du parti doivent rester fidèles au candidat qui a remporté l’État, même si ce dernier suspend sa campagne. Ceux de l’État redeviennent libres de voter pour qui ils veulent pendant la convention.

Pour comprendre la victoire écrasante du milliardaire, voici la carte des résultats à l’heure d’aujourd’hui :

 

Le milliardaire a réussi à faire voter des gens qui ne participaient plus, voire même jamais. Son discours anti-média et « anti-establishment » a mobilisé des foules. Cependant, il faut nuancer. L’électorat de Trump est composé d’une minorité des membres du GOP, et d’une frange de la population extérieure au parti. Malheureusement pour lui, il n’arrive pas à convaincre la majorité de la population qui a une image négative de lui. Malgré ses efforts pour se « présidentialiser », il peine à rassembler. De plus, ses nombreuses déclarations sur les musulmans, les hispaniques et les femmes révoltent une partie de l’opinion publique.

Voici le nombre de délégués remportés par les candidats les plus importants :

 

 

Le contenu de son programme, aussi bien économique qu’international, laisse les spécialistes très sceptiques. L’ultra-protectionnisme qu’il défend et ses propos sur la place des alliés des Américains en matière de défense laisse voir de graves lacunes pour un potentiel futur-président. Sa rivale Hillary Clinton ne manque jamais une occasion de le tacler sur son manque de diplomatie. Sans oublier Barack Obama qui, lors du dîner des correspondants, a sérieusement mis en doute les compétences de Trump en matière de géopolitique.

Donald Trump

Donald Trump surfe sur la vague de colère des « petits blancs » qui ne croient plus au rêve américain (crédit photo : Reuters/ Munoz)

Son discours populiste divise l’Amérique qui n’a jamais connu une extrême droite dure aux plus hautes instances de l’Etat. Elle était diluée au sein du Parti Républicain parmi les ultra-religieux et les anti-Washington. Le discours populiste de Trump vient des libertés qu’a prises une partie de la classe politique de droite vis-à-vis des réalités sociales et économiques. Le parti est en train de perdre le contrôle de sa propre primaire. Triste résultat de trois décennies de dogmes, notamment sur les questions sociales (comme l’assurance-maladie pour les plus démunis, l’Obama Care). Les premiers responsables de la déroute de l’establishment, comme Bush ou Rubio, sont avant tout les responsables du parti.

Maxime Bonnet

 

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