Europa League : Schalke 04 joue les trouble-fête à l’Allianz Riviera

Quatre jours après avoir renversé l’Olympique de Marseille dans le derby du Sud, l’OGC Nice retrouvait la Coupe d’Europe jeudi dernier, face à Schalke. Trop solides, les Allemands ont remporté la partie 1-0 devant un public survolté.

A Nice, ce jeudi de septembre a une saveur particulière. Une foule rouge et noire envahit la plaine du Var, aux abords de l’Allianz Riviera. Les supporters des Aiglons sont impatients. Voilà dix-neuf ans qu’ils attendent l’Europe. Aujourd’hui, après des années de galère et d’espoir, les Niçois renouent avec l’une des compétitions les plus prestigieuses du vieux continent, l’Europa League.

Si la tâche s’annonce compliquée avec la réception de la puissante équipe de Schalke 04, les Azuréens sont confiants. Avant le début de la rencontre, des « On veut la coupe d’Europe ! » sont entonnés un peu partout dans le stade. Quelques minutes avant le coup d’envoi par l’arbitre espagnol Alberto Undiano Mallenco, l’aigle Mèfi se pose sur le terrain, acclamé par le public. Symbole de la ville, l’oiseau majestueux laisse place à Nissa la bella, l’hymne niçois. Pour accompagner le chant, un grand voile rouge et noir et des bâches en l’honneur de la défunte Brigade Sud recouvrent la Populaire. En face, les supporters de la tribune Ray sortent des ballons aux couleurs de leur équipe.

Un compte à rebours apparaît alors sur les écrans du stade. Les fans du Gym échauffent leurs voix, ceux de Schalke tendent leurs écharpes. Les Allemands sont nombreux à avoir fait le déplacement, le parcage semble prêt à s’effondrer sous le poids des visiteurs.

Cardinale retarde l’échéance

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Yoan Cardinale a multiplié les arrêts pour sauver son équipe (Crédit photo : AFP/Getty Images)

Dès le début de la rencontre, les hommes de Markus Weinzierl prennent l’ascendant sur leurs adversaires du soir. Étouffés, les rouges et noirs s’épuisent à courir après un ballon monopolisé par les joueurs de Schalke. Malgré la domination sur le terrain, les chants en tribune ne faiblissent pas. A défaut de célébrer les buts de leur équipe, les supporters des Aiglons se réjouissent des parades de leur gardien. A la 21ème minute, Yoan Cardinale, le portier niçois fait exulter le stade. Il vient de réaliser deux arrêts de grande classe face à Goretzka avant que Paul Baysse ne dégage le ballon.

La défense azuréenne souffre, l’attaque, anéantie par le pressing des Allemands, est transparente. Quatre jours après son doublé face à l’Olympique de Marseille, Mario Balotelli n’a plus rien de super. Mauvais appels de balles et condition physique insuffisante, l’Italien a manqué ce premier rendez-vous avec l’Europe. Jeune, le milieu de terrain rouge et noir a lui aussi péché. A la 67ème, Lucien Favre fait rentrer Mathieu Bodmer à la place de Vincent Koziello. Sorti sous l’ovation du public, le Niçois de 21 ans a sans doute payé son manque d’expérience dans les grands matchs.

Baba décisif

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Baba délivre Schalke 04 en inscrivant le but victorieux (Crédit photo : EPA)

Quelques minutes plus tard, le parcage est en liesse. Yoan Cardinale, vient de céder sur une frappe de Baba. A la 75ème, Schalke mène 1-0 à l’Allianz Riviera. En tribune, les Allemands donnent de la voix et font tourner leurs écharpes bleues et blanches. Côté niçois, les supporters ne se découragent pas. Le capo de la Populaire Sud hurle dans son micro pour remotiver ses troupes. Tout le stade reprend un « qui ne saute pas n’est pas Niçois » pour encourager des Aiglons en difficulté.

A la 81ème, le public reprend en cœur le nom de Belhanda. La nouvelle recrue vient d’entrer sur le terrain à la place de Dalbert. Un vent de fraîcheur souffle alors sur l’équipe locale qui semble avoir entendu le discours du chef de la Sud : « Les gars on est mené 1-0, maintenant on donne tout, on n’a plus rien à perdre ». Trois minutes plus tard, le stade croit à l’égalisation. Balotelli vient de frapper au but, sans succès. Le coup de sifflet final retentit, l’OGC Nice s’incline à domicile face à l’équipe de Schalke, supérieure sur l’ensemble de la rencontre.

Fidèles et fiers malgré la défaite, l’Armada Rumpetata Nissarda et la Populaire continuent leurs chants tandis que les vingt-deux acteurs se serrent la main. Alors que le stade se vide, toute la tribune Sud souhaite prolonger sa soirée européenne. « Les joueurs avec nous ! », scandent les supporters qui entament un refrain à la gloire du Gym.

Les derniers Niçois en tribune assistent à la communion entre supporters et joueurs de Schalke. Les efforts azuréens pour peser dans ce match sont restés vains. A la fin, l’Allemagne a gagné.

Manon Gaziello

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