A Fréjus, le FN fait sa rentrée

Samedi 18 et Dimanche 19 septembre se sont tenues, à Fréjus (Var), les « Estivales de Marine Le Pen », ou l’université d’été du Front National. Buzzles est allé à la rencontre du parti et de ses électeurs. Retour sur un évènement politique qui a fait parler de lui ce week-end.

Les vacances sont bel et bien terminées pour le Font National et sa dirigeante Marine Le Pen. Les « Estivales », tenues ce weekend à Fréjus signent le départ de la course à la présidentielle. Même si le cadre en bord de mer a une saveur d’été, ce lieu est avant tout l’un des fiefs du parti, avec son maire David Rachline, récemment désigné directeur de campagne de la candidate. C’est donc à un programme chargé auquel ont participé les militants, après avoir déboursé la somme de dix euros pour les adhérents, le double pour les non-adhérents. Les activités proposées lors de ces deux jours s’articulaient autour de tables rondes, d’ateliers et de conférences puis le gala du samedi soir, avec tenue correcte exigée. Enfin c’est le dimanche après-midi que s’est déroulé le moment fort des Estivales : le discours de Marine Le Pen.

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C’est ici, à la Base Nature de Fréjus, que se sont tenues les Estivales de Marine Le Pen. (Crédit photo : Céleste Olivier)

Quotidien et Mediapart : les refoulés à l’entrée

L’évènement a été très largement couvert médiatiquement, malgré l’absence de Mediapart et de Quotidien, la nouvelle émission de Yann Barthès. Le FN leur a refusé l’accréditation. Cette absence a été justifiée par le second du parti, Florian Phillippot, d’un « ces gens-là sont en fait des ‘militants à carte de presse’ ». Chez les électeurs du parti présents sur le site, les avis divergent sur ce refus d’accès. Gonzague, 27 ans, élu au Conseil régional, estime que « soit les journalistes font du journalisme et ont leur place à cette université d’été, soit ils sont là uniquement pour essayer de déformer la réalité de nos évènements et n’ont pas leur place ici. » John, 31 ans, n’y accorde pas une grande importance et se contente d’un « tant pis pour eux ». En revanche derrière lui Philippe Routard, responsable logistique de la propagande du Front National, a tendu l’oreille et interpelle : « Oui certains journalistes n’ont pas été invités. La liberté d’expression dans la presse c’est fondamental, le problème de l’organisme de presse en France c’est qu’il a été constitué dans les années 68-69 lors des grandes révolutions par des personnes qu’on appelle aujourd’hui des « bobo gauchos«  et qui en ont fait du journalisme plus à gauche qu’intègre. » Certains électeurs n’étaient pas au courant de cette exclusion par le parti. Murielle, 54 ans s’en étonne, puis s’en désole : « C’est dommage, il faut de la liberté d’expression quand même ». Adrien Grosjean, 25 ans, conseiller municipal à Cannes, l’apprend aussi : « je n’étais pas au courant, c’est dommage mais il doit y avoir des raisons », et ajoute, « mais je suis pour la liberté de la presse. »

Un discours, un mot d’ordre : nationalisme

A 15 h 15, le discours débute. Il s’agit d’une véritable préparation du terrain politique de la campagne présidentielle de Marine Le Pen : « C’est en candidate du peuple que je me présente à vous ». Les questions de l’immigration, des inégalités salariales, de l’économie sont abordées. Le tout rythmé par le retour systématique au thème premier de ce discours : le nationalisme, le nationalisme économique, le nationalisme culturel. Les messages véhiculés sont parfois on ne peut plus clairs : « Oui au multiculturalisme au niveau de la planète, non au multiculturalisme dans un seul pays ».

Un discours qui a enjoué la militante Murielle : « C’est ce que j’attendais, quand on l’écoute ça fait du bien, on recharge les batteries. » Pour Adrien, il était « en phase avec ce qu’attendent les Français aujourd’hui. » En tout cas en phase avec ce qu’attendent les électeurs de Marine Le Pen qui n’ont cessé d’acclamer son nom, de chanter « On va gagner, on va gagner », tout en agitant des drapeaux tricolores.

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Le nationalisme, c’est l’élément qui fédère les militants du FN. Pour Adrien, aborder la question de l’entreprenariat 100% français, « du Made in France et de sa promotion » a été le moment fort du discours. Alors que les goodies du parti, produits dérivés, en vente sur le lieu de l’évènement, sont « made in China «  il se défend : « Actuellement c’est difficile de faire du Made In France, en tout cas moi mon slip est Français, vous voulez le voir ? ».

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Les « goodies »,produits dérivés, en vente sur le site, pour le made in France on repassera. (Crédit photo : Céleste Olivier)

Le (nouveau) départ

Ce week-end a donc signé le début de la campagne présidentielle de Marine Le Pen. Emancipée de son père Jean-Marie Le Pen, on remarque que le logo du Front National ainsi que le nom du parti ont été quasi-inexistants sur le site de l’évènement. La présidente du FN a également troqué son slogan de « la France apaisée » par un plus offensif « au nom du peuple ».

Cet évènement marque définitivement la volonté d’une ère nouvelle pour le Front National, mais aussi le coup de départ de la rentrée politique de Marine Le Pen.

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Marine Le Pen a abandonné sa France apaisée, et laisse place à « au nom du peuple ». (Crédit photo : Céleste Olivier)

Céleste Olivier

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