Marieke Vervoort, la fin d’un magnifique combat

Elle est désormais terminée, mais la quinzaine des Jeux paralympiques nous aura tout de même laissé en tête une pléiade de beaux souvenirs. Parmi eux, l’histoire de la sprinteuse en fauteuil Marieke Vervoort, double médaillée en argent et en bronze de sprint en fauteuil.

Une bataille pas comme les autres

marieke-vervoort-3-getty-images

Wielemie lors des championnats du monde 2015 à Doha. (Crédit : Getty images)

Cet été, les Jeux paralympiques de Rio 2016 nous ont permis de découvrir de nombreuses histoires, toutes différentes. Certaines sont très belles, se finissent bien, d’autres sont plus douloureuses, plus émouvantes.

L’aventure de Marieke Vervoort, elle, touche à sa fin. La sprinteuse en fauteuil belge de 37 ans est atteinte d’une maladie dégénérative inconnue. Ses souffrances deviennent de plus en plus insoutenables malgré sa force mentale extraordinaire. Un atout hors norme qui lui a permis de continuer à s’entraîner, en dépit de nuits trop courtes entrecoupées de cris de douleur, et de journées agrémentées de visites médicales et de pertes de connaissance. Les douleurs de la sprinteuse flamande la suivent depuis plus de 20 ans, et elles s’intensifient. Marieke Vervoort ne peut plus vivre seule. Elle côtoie au quotidien médecins et infirmières, mais elle est aussi accompagnée par sa fidèle chienne Zen, qui ne la quitte jamais.

Le combat de Wielemie (le surnom de l’athlète belge, comprenez « la roue et moi ») devient trop lourd. A tel point que Marieke Vervoort déclarait ces derniers mois réfléchir à utiliser l’euthanasie après les Jeux de Rio pour mettre fin à ses souffrances.

Deux podiums en guise d’adieu

marieke-vervoort-1-afp

Wielemie décroche deux médailles (argent et bronze) pour ses derniers jeux. (Crédit : AFP)

Samedi 17 Septembre, 16h05. Une dernière course, un ultime effort, une récompense suprême après tant d’années de travail. Après sa médaille d’or aux Jeux paralympiques de Londres il y a quatre ans sur 100 mètres, et quelques mois après son écrasante victoire lors des mondiaux de Doha (3 médailles d’or en 100, 200 et 400 m), Wielemie devra se contenter du podium, trop affaiblie. Après sa superbe médaille d’argent le 10 septembre sur le 400 m T52 (catégorie réservée aux athlètes tétraplégiques qui ont des triceps fonctionnels), elle clôture sa carrière une semaine plus tard avec une médaille de bronze sur « l’épreuve reine », le 100 m, derrière sa rivale canadienne de toujours, Michelle Stilwell.

Ses derniers Jeux désormais terminés, Marieke a précisé sa position sur la question de son euthanasie. Elle veut continuer à vivre tant que ses douleurs le lui permettent encore. La triple championne du monde 2015 a complété le processus administratif long et compliqué autour de l’accès à l’euthanasie. Elle est donc aujourd’hui soulagée de pouvoir mettre un terme à son supplice quand le moment sera venu : « Je profite de chaque instant. Quand le moment viendra où il y aura plus de mauvais jours que de bons jours, alors j’aurai mes papiers en main pour l’euthanasie ».

Guillaume Truillet

Publicités