Bilan : le premier FIFH c’est terminé !

Après 5 jours de compétition, les lauréats ont pu être récompensés mercredi 21 septembre dernier. Mais qui dit première édition dit aussi premier bilan et il est encourageant malgré toutes les difficultés auxquelles le festival a dû faire face.

Mercredi soir s’est déroulée la cérémonie de clôture du Festival International du Film sur le Handicap (FIFH). Premier du nom, c’est dans la villa White House, située à proximité des îles de Lérins, que les lauréats ont reçu leurs prix. Mais parmi les personnes présentes, un semblait particulièrement content. Il s’agit du président du festival, Jean-Yves Tual : « C’est un bilan très positif, le festival a existé. Chose pas forcément facile à monter au départ, car il fallait tout faire nous-mêmes. On est arrivé à monter ce festival avec des invités magnifiques en tant que membres du jury et des films internationaux de grande qualité. On est très heureux de tout ce qui s’est passé. »  Avant de nuancer « Le public n’est pas venu nombreux. L’accès au lieu n’est pas facile, il y a peu de places de parking, et l’indication du lieu laissait à désirer. On se sent très bien à Cannes mais on verra ce qu’on peut nous proposer d’autre. Par exemple, avoir une salle plus grande avec plus de moyens techniques. On voudrait aussi plus d’accès, notamment pour les personnes handicapées. Mais rien n’est décidé pour l’instant. »

C’est vrai que le choix de la villa comme lieu de réception paraissait assez surprenant. Elle est, en effet, excentrée et relativement difficile d’accès, notamment par les transports en commun.

« Cela a été très dur de trouver un lieu », nous confie l’équipe du festival. « Il a été difficile d’arriver jusqu’ici. Il y a deux semaines encore nous ne savions pas si le festival aurait lieu ». Après maintes recherches, c’est la Villa White House qui fut choisie pour accueillir l’événement.

Pour équiper la salle, le festival avait besoin de chaises. C’est le Martinez qui leur a donc prêté gratuitement des chaises de réception. Le célèbre palace avait déjà accueilli la conférence de presse du FIFH en mai dernier et offert un grand encart publicitaire juste devant l’hôtel pendant le Festival de Cannes.

Huit lauréats et trois performances très remarquées

Fort heureusement, et grâce à la détermination de toute l’équipe, le festival a bien eu lieu. Mercredi soir, pour tous les films en compétition, le suspense a pris fin vers 21 heures. C’est Charles Nemes, réalisateur et surtout président du jury qui a annoncé les noms des vainqueurs. Au total, ce sont huit films de différentes nationalités qui ont été primés dans des catégories très diverses.

A la sortie de la remise des prix, Charles Nemes s’est exprimé : « Je suis touché que ce festival existe et suis très heureux de pouvoir participer à l’édition fondatrice. Il faut résoudre la place des personnes handicapées dans le cinéma. On m’a proposé d’y participer et j’ai voulu rendre service. Il y a des films que je n’aurais jamais vus et des personnes que je n’aurais jamais rencontrées si je n’avais pas été présent. Cela m’a procuré beaucoup d’émotions. C’est un plaisir de pouvoir contribuer à ce festival. Si on me propose de faire un film sur le handicap, j’y réfléchirais plus, et si le script est bon… Et bien, pourquoi pas ? »

Durant le festival, certaines performances d’acteurs ont également épaté le jury. C’est le cas de Javiera Contador dans Alma de Dieg Rougier (film chilien), d’Olivia Colman dans The Karman Line de Oscar Sharp et du jeune Julian Feder dans Po de John Asher.

Certains réalisateurs ou représentants du film qui avaient pu faire le déplacement ont eu la chance de recevoir leur trophée : une sculpture de verre avec une sirène dessinée à l’intérieur, symbole du festival.

Pour les autres, ils n’ont pas hésité à montrer leur joie et à remercier le public par l’intermédiaire de vidéos enregistrées dans leurs pays, peu avant l’annonce officielle des résultats à la Villa. Quant à Aaron Gingrich, réalisateur lauréat de la catégorie animation, il a su la bonne nouvelle en direct par un facetime avec le président du jury, Charles Nemes.

Cette première édition est aussi marquée par la naissance d’un prix. A l’unanimité et avec l’accord de l’acteur, le prix du Jury devient le prix Pascal Duquenne et le restera pour les prochaines éditions. Il se trouve, en effet, que l’acteur belge notamment connu pour son rôle dans le Huitième jour, a été très marqué par un des films en compétition. C’est donc Po de John Asher qui a eu l’honneur de recevoir pour la première fois ce prix.

Maureen Mansfield qui représentait John Asher s’est exprimée : « C’est une grande fierté que Po ait été sélectionné par l’organisation du festival. C’est encore plus touchant pour moi qu’il ait remporté le premier prix Pascal Duquenne du premier Festival International du Film sur le Handicap. Pour nous, ça veut dire beaucoup. John Asher a travaillé dix ans pour arriver à le monter. Exister en France grâce au festival, rencontrer des distributeurs, c’est très important. On sait que c’est difficile de monter des films sur le handicap, n’importe où dans le monde. Ce prix revêt une couleur particulière pour John Asher, et j’espère une note d’espoir pour qu’il soit distribué. »

Quant à Pascal Duquenne, il nous a confié qu’il était « très content de ce prix », qu’il « a beaucoup aimé » le film Po, qu’il trouve « beau ». Il est aussi revenu sur son expérience de jury : « C’est la première fois que j’étais juré. Je suis à la fois content pour moi et content de donner le trophée aux autres acteurs de cinéma. »

Alors que les membres du festival s’éclipsent petit à petit, la nuit tombe doucement sur la Villa White House. De cette édition initiale, on retiendra une envie d’exister, de créer et surtout, que ce festival est l’œuvre d’une équipe de passionnés. Au dehors, les lumières s’éteignent sous le jour finissant. Clap de fin, donc, pour ce festival que l’on espère le premier d’une longue série.

Palmarès du premier Festival International du Film sur le Handicap :

Catégorie courts-métrages jeunesse : Due piedi sinistri d’Isabella Salvetti (Italie)

Clips musicaux et publicitaires : La folle histoire du monde – Cro Magnon d’Henri Poulain (France)

Catégorie courts-métrages d’animation : The very very special show d’Aaron Gingrich (USA)

Catégorie 3ème Ange : The Karman Line (https://www.youtube.com/watch?v=fFrPEHeNuD8) de Oscar Sharp (USA)

Catégorie documentaire : Leo et Carol d’Alvaro Campos et Dafne Capella (Brésil)

Courts-métrages de fiction : Te quiero, papa de Gabriel Lugigo Lopez (Espagne)

Catégorie longs-métrages de fiction : Pies en la tierra de Mario Pedernera (Argentine)

Prix Pascal Duquenne : Po de John Asher (USA)

Thomas Woloch

Nicolas Pineau

Laure Le Fur

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