Japan Aurea : quand l’Asie s’invite à Vallauris

Du 24 au 25 septembre, la cité des potiers a célébré le manga et la culture asiatique. La manifestation a attiré plus de 4 000 passionnés à l’allure parfois intrigante.

Plus qu’un simple festival, c’est un rassemblement d’admirateurs de la culture japonaise qui s’est éveillé à Vallauris à l’occasion du dernier week-end de septembre. L’espace de loisirs Francis Huger a accueilli, pour la neuvième année, passionnés et représentants de l’univers du manga à l’occasion de la Japan Aurea. Sur l’esplanade jouxtant la salle, Pikachu côtoyait Dark Vador autour d’une tasse de café. Des scènes inhabituelles qui ne sont pas passées inaperçues. Mais pour se retrouver au cœur de ce monde à part, il faut franchir la porte du gymnase. Stands en tous genres, concours cosplay, tournois de jeux vidéo ou visionnage de films ont rythmé ces deux jours dédiés aux admirateurs du Japon. Petits et grands s’en sont donné à cœur joie à l’occasion de combats de sumos endiablés ou de féroces tournois de jeux vidéo. Dans le petit gymnase, des centaines de personnes se bousculaient aux stands. En y regardant de plus près, c’est un véritable microcosme qui se forme. Des gens de tous âges et de tous horizons venus se retrouver pour partager leur attachement à la culture asiatique.

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Le combat de sumos est une animation phare de ce festival. (Crédit : Éric Ottino/Nice-Matin)

Tout au long du week-end, une exposition de photographie sur la Thaïlande a également pris place dans le hall de l’espace loisirs. Au total, plus de 4 000 visiteurs se sont bousculés durant tout le week-end, un résultat « satisfaisant » pour les organisateurs. Pour le moins, tout était réuni pour combler les adeptes de la « mangamania ». Ne reste plus désormais qu’à reléguer les costumes excentriques au placard, en attendant l’année prochaine.

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Tchieko Imamura, calligraphe. (Crédit photo : Éric Ottino/Nice-Matin)

« Plus qu’une écriture, c’est un art »

« Comme la méditation, la calligraphie japonaise est une écriture harmonieuse où il faut savoir impulser de l’énergie dans le trait pour lui donner un sens », explique cette passionnée. Depuis l’âge de quatre ans, Tchieko Imamura pratique cet art ancestral. À la fois artiste et enseignante, elle aime transmettre sa vocation à ses élèves pour la faire perdurer. « C’est un travail qui demande concentration et rigueur, assure-t-elle. Ça peut parfois être éprouvant, c’est pour cette raison que beaucoup de mes élèves abandonnent rapidement », déplore-t-elle.

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Nery Boulhaia, visiteur (Crédit : DR)

« J’ai une collection de plus de 600 mangas »

Le regard perçant qui émane de sa pupille de chat n’est pas des plus rassurants. Mais derrière ses iris aux couleurs claires, c’est un fou de mangas qui vibre. « Cela fait quatre ans que je viens à la Japan Aurea de Vallauris, assure Nery Boulhaia. Je suis accro à cet univers depuis mes douze ans. Ça a commencé quand j’ai acheté mon premier tome de One Piece, et aujourd’hui, j’ai une collection de plus de 600 mangas ». Depuis le début, il apprécie particulièrement cette convention « conviviale, à taille humaine » où chaque année, il retrouve ceux qui sont devenus ses amis.

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Samy Pawluck, origamiste. (Crédit photo : Éric Ottino/Nice-Matin)

« Il n’y a pas de limite à la création »

Qui a dit qu’on ne pouvait pas faire de grandes choses à partir de simples bouts de papier ? Après des heures de découpage, pliage et assemblage, Samy Pawluck donne vie à de touts petits personnages grâce à de simples papiers colorés. « Pour une figurine, la moyenne est de 800 à 900 bouts de papiers. Après, je fais des personnages à la demande, pour ce festival par exemple, j’ai réalisé beaucoup de figurines de mangas », affirme l’origamiste. Son stand semble faire l’unanimité chez les jeunes visiteurs, ébahis par les reproductions de leurs héros.

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Théo Villeneuve, visiteur. (Crédit photo : Éric Ottino/Nice-Matin)

« Appelez-moi Shichika Yasuri »

Fidèle à l’univers des mangas japonais depuis plus de cinq ans déjà, c’est tout naturellement que le jeune homme s’est rendu à la Japan Aurea dans le costume du protagoniste de la série Katanagatari (insérer lien). « Je viens souvent déguisé lors de ces conventions, cela permet de montrer qu’on fait vraiment partie de la communauté », explique Théo. Le but de ce festival ? « Faire de nouvelles rencontres et retrouver des amis qu’on se fait dans ce type de manifestations. Ça me sort aussi du lycée et me permet de rencontrer des gens qui partagent le même hobby que moi ».

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Merethide, dessinatrice. (Crédit photo : Éric Ottino/Nice-Matin)

« J’ai grandi avec les mangas »

Grâce au coup de crayon de la dessinatrice, les passionnés peuvent désormais découvrir le visage qu’ils auraient s’ils vivaient dans un manga. « J’ai grandi avec ces dessins, affirme-t-elle. Puis j’ai commencé mon activité il y a sept ans, mais c’est la première fois que je l’exerce en public dans une manifestation comme celle-ci. » Merethide, de son nom d’artiste, est celle qui illumine le regard des visiteurs. « Même si c’est assez intimidant de le faire devant tant de personnes, ça reste une ambiance chaleureuse et agréable » assure-t-elle.

Margot Desmas

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