Quelles perspectives présidentielles pour les communistes ?

Alors que la primaire du Parti Communiste Français (PCF) commence, le choix du futur président du parti pour les présidentielles n’est pas encore connu. En ces temps de primaires, où en sont les communistes ?

La fête de l’Huma a la particularité d’offrir autant de spectacle sur scène qu’en dehors. Si on peut noter les performances de Polnareff ou d’Alain Souchon, on retiendra surtout les démonstrations de campagne par discours et déclarations interposés. Entre les discours remarqués de Jean-Luc Mélenchon ou Arnaud Montebourg, Pierre Laurent n’a pas fait l’unanimité, dans une fête qui devait pourtant être la sienne. Alors que son parti s’est engagé lors du 37ème congrès dans une primaire sans véritable engouement de la part de ses adhérents, la question est de savoir ce qui va suivre cette primaire, et quel sera le choix du PCF pour 2017.

A cet égard, le candidat Pierre Laurent pourrait d’abord se présenter seul. Choix complexe, l’union des gauches étant pour le moment impossible du fait des présences du NPA, des insoumis et de Jacques Nikonoff d’ATTAC, ainsi que celle de la candidate revendiquée trotskiste en la personne de Nathalie Artaud.

Il pourrait également se joindre au PS. Mais Pierre Laurent n’est pas Georges Marchais, et François Hollande n’est pas Mitterrand. Cela étant, une idée de nouveau programme commun pourrait être une bonne solution pour les deux partis. Pour le PS cela permettrait de se repositionner à gauche et donc de reconquérir un électorat déçu du mandat de François Hollande. Mais la stratégie est risquée, car les 138 000 adhérents du PCF pourraient prendre cette alliance comme une trahison. En effet une alliance avait déjà été effectuée lors de la municipale cette année mais les militants n’avaient pour la plupart pas approuvé ce choix.

Il pourrait enfin rejoindre les insoumis de Jean-Luc Mélenchon. Une coalition serait bien sûr possible, et a déjà été mise en place en 2012 avec de beaux résultats (12%). De plus, il a déjà été rejoint par Clémentine Autain et surtout par Marie-George Buffet.  Cependant une véritable coalition demande du travail et de l’échange. Et Jean-Luc Mélenchon a comme à son habitude commencé très tôt sa campagne, avec un programme déjà abouti, notamment avec son université d’été appelée « remue-méninges ». Ses grandes lignes directrices sont déjà là. En faisant le choix de la primaire, les communistes ont choisi de prendre du temps, beaucoup de temps. Si cette séquence de réflexion aboutit à une coalition d’extrême gauche, le programme du PCF sera sûrement dilué, voir effacé au profit des idées des insoumis. Une cohabitation est donc assez complexe.

Le PCF a donc fait le choix de la primaire, qui contrairement aux autres partis ne s’accompagne pas encore de grands coups bas fratricides. Si la cohésion du parti pourrait en être l’aspect positif, la véritable efficacité de cette primaire reste à prouver. Un choix difficile reste à faire pour un parti qui tente de garder sa ligne directrice dans une période marquée par la remise en question des clivages droite/gauche.

Lucas Beulin

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