Pourquoi l’OGC Nice domine la Ligue 1

Actuellement premier du championnat après huit journées, Nice n’en finit plus de surprendre les observateurs. Voici quelques explications du succès du Gym et de son début de saison exemplaire.

 

La direction 

La première raison, c’est la direction. Le Président du Gym depuis 2011 Jean-Pierre Rivère, est aujourd’hui celui que l’on aclame tel un Marcelo Bielsa à Marseille. L’arrivée de Ben Arfa en 2015, le transfert de Balotelli en août dernier, Rivère n’a pas hésité à casser sa tirelire pour réaliser de bons coups durant les derniers mercatos. Aujourd’hui, le Vieux Continent parle de Nice comme le club capable de relancer des carrières en dents-de-scie.

Avec de tels investissements, touchant notamment la masse salariale du club, le président a su anticiper une augmentation des dépenses. Après une tentative de rachat des parts par un homme d’affaires saoudien en janvier 2016, le club a annoncé en juin de la même année le rachat de 80% des parts du club, soit vingt millions d’euros, par des investisseurs chinois et américains. Cette arrivée de fonds permet notamment au club d’ambitionner un parcours plus stable en Ligue 1, le club ayant oscillé entre la 4ème et la 17ème place depuis 2013. L’OGC Nice est le 5ème plus riche effectif de Ligue 1, valant aujourd’hui 72,5 millions d’euros. De plus, la vente durant l’été de Nampalys Mendy (à Leicester en Angleterre) d’un montant de 15,5 millions permet aux Aiglons de voir un horizon serein en termes de finances.

Les entraîneurs

Mais pourquoi « les » entraîneurs ? Lucien Favre est le seul coach à la tête des rouges et noirs. Seulement, les derniers ont chacun à leur tour apporté leur pierre à l’édifice. Le regretté René Marsiglia connaissait le Gym depuis le temps où il y était joueur entre 1987 et 1994. Dix ans plus tard, il y revient pour prendre le rôle de recruteur puis de directeur de la formation, pour finalement prendre les rênes de l’équipe première entre novembre 2011 et 2012. Cette année-là, Nice finit à la 17ème place de la Ligue 1. Contrat non renouvelé pour lui mais c’est déjà le signe pour le club que le succès viendra de la formation.

Le suivant n’est autre qu’un certain Claude Puel. Entre 2012 et 2016, le technicien va mener le club vers une nouvelle direction. Nice va arriver à la 4ème place sous ses ordres. Il n’hésitera pas à faire confiance aux jeunes du centre de formation. Hugo Lloris, Jordan Amavi, Valentin Eysseric : autant de talents qui ont réussi dans le club rouge et noir. Puel part de Nice en mai dernier, laissant derrière lui un effectif talentueux et pleins de promesses.

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Lucien Favre, le coach actuel du Gym. (Crédit photo: Maxppp)

 

L’arrivée du coach suisse Lucien Favre s’est donc fait en douceur. Inconnu du grand public, il était pourtant le coach qui a emmené le club allemand de Monchengladbach en Ligue Europa en 2012, une première depuis la saison 1996-1997. Jean-Pierre Rivère l’a ainsi engagé pour stabiliser le club mais aussi pour maîtriser les compétitions européennes.

Les joueurs

L’OGC Nice dispose d’un effectif jeune (23 ans en moyenne) et local. Certains se connaissent depuis les équipes de jeunes, d’autres s’y sont greffés pour former une équipe qui se sent investie d’une mission : faire briller la maison rouge et noire. Certains s’y sont révélés : Pléa, Koziello, Nampalys Mendy, Malang Sarr. D’autres y ont brillé : Ben Arfa, Kolodziejczak. Et aujourd’hui Balotelli. Sur le terrain, il existe une parfaite alchimie entre la défense et l’attaque. Chacun connaît son rôle et tous ensemble forment un effectif fait de technicité et d’audace offensive.

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La tribune de la Populaire Sud en ébullition (Crédit photo: lagrinta.fr)

Les spectateurs de l’Allianz Riviera

Les supporters de la Populaire Sud font vivre le nouveau stade des Aiglons depuis 2013. A l’époque du Stade de Ray, on dénombrait environ 10 000 spectateurs lors des matchs des Niçois. A l’Allianz Riviera, il y en a désormais 20 000. On dit que le public est “le douzième homme”, ne serait-ce pas pour cette raison que les Azuréens réussissent si bien à domicile ? Depuis août 2015, 15 victoires en 23 matchs, soit deux tiers de victoires.

La méforme des favoris

Dernier point, la méforme des favoris. Le PSG vient d’embaucher le coach Unai Emery après le départ de Laurent Blanc. Un nouveau système de jeu, de nouveaux titulaires (Areola, Meunier après les blessures de Serge Aurier), les départs de Zlatan et de David Luiz, le club tente de trouver un nouvel équilibre. De son côté, l’effectif de l’Olympique Lyonnais est frappé depuis l’année dernière par les blessures. Aujourd’hui sont indisponibles les deux latéraux droits Rafael et Christophe Jallet, Grenier et Lacazette, auparavant Nabil Fekir et Mathieu Valbuena. L’OL tente de conjurer le mauvais sort mais quand tous reviendront sur le terrain, nul  doute que les Gones seront sur le devant de la scène.

Le parcours faste des Aiglons n’est donc pas dû au hasard. Il a fallu plusieurs années au club pour se développer, aussi bien sur le terrain qu’en dehors. Et c’est aujourd’hui que les résultats apparaissent. Le Gym peut, si cette dynamique perdure, avoir les capacités de remporter le championnat ou, du moins, se placer sur une compétition européenne. Attention néanmoins au retour des deux favoris que sont le PSG et l’Olympique Lyonnais, et surtout son voisin monégasque qui reste deuxième de la Ligue 1.

Nicolas Pineau

 

 

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