Clap de fin pour le Festival « En avant les Premières »

Du 13 au 16 octobre se tenait le festival « En avant les Premières » au cinéma des Arcades à Cannes.  Entre débats avec les réalisateurs et avant-premières exclusives, retour sur un évènement riche en rencontres et en images.

Discussions sur le dernier Jacquot dans la file d’attente, l’impatience est à son comble pour les spectateurs. Nous sommes le samedi 14 octobre, lors de la diffusion de « À Jamais » en présence du réalisateur Benoit Jacquot et de la comédienne-scénariste du film, Julia Roy. Telle sera l’ambiance tout le long du festival, entre cinéphiles passionnés et spectateurs curieux.  Durant le week-end, les spectateurs avaient l’occasion de voir sept films, animés d’interventions ou de rencontres avec les équipes. Ainsi, le long-métrage sur le don d’organes Réparer les vivants fut précédé d’une intervention de l’association France Adot 06 , l’Histoire de L’Amour réalisé par Radu Mihaileanu fut projeté en présence du réalisateur ou encore un goûter fut organisé lors de la diffusion du film d’animation Ma Vie de Courgette. Chaque projection avait pour but de présenter un film, mais de pouvoir continuer le dialogue et de réfléchir sur le thème abordé. Chaque film était précédé d’un court-métrage réalisé par les lauréats du festival Tous En Short.

Les coups de cœur de la rédaction

Sur les sept films présentés aux Arcades (Ma Vie de Courgette, A jamais, Mal de Pierres, L’Histoire de l’Amour, Tour de France, Réparer les vivants et Une Vie), nous en avons retenu trois, qui ont marqué la rédaction.

L’Histoire de l’Amour, réalisé par Radu Mihaileanu

Adapté de l’œuvre de Nicole Krauss, l’Histoire de l’Amour livre un portrait de la passion amoureuse à travers les âges, des années 1930 en Pologne à New York en 2006. Une œuvre sur l’exil, l’identité, l’Histoire et évidemment l’amour. Un film qui souligne l’importance de la parole écrite et de la mémoire. Buzzles a rencontré Mihaileanu, le réalisateur du film. Narguant la superficialité des relations amoureuses d’aujourd’hui, le réalisateur nous confie « Le mot écrit – je t’aime – reste, il contagie les autres, mais aujourd’hui avec les sms et Facebook, tout se volatilise, il n’y a plus de mémoire, on ne se souvient de rien et cela ne peut se partager avec les autres ». À retrouver en salles dès le 9 novembre 2016.

Ma vie de Courgette, réalisé par Claude Barras

Adaptation du roman sombre Autobiographie d’une Courgette de Gilles Paris, Claude Barras réalise un long métrage bouleversant et techniquement splendide. Choisissant de traiter le deuil, l’amour ou la peur à hauteur d’enfant, avec une justesse folle. L’animation en stop motion fait des merveilles pour une production française de haute volée, probablement le meilleur dessin animé de l’année.

À Jamais réalisé par Benoit Jacquot

Adapté de l’œuvre complexe Body Art de Don DeLillo par Julia Roy, à la fois actrice et scénariste du film, Jacquot signe un film complexe et réussi sur l’angoisse de la mort, le non-dit et avant tout le deuil. Buzzles a rencontré l’équipe du film. Une interview et un portrait à retrouver bientôt sur le site.

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Le réalisateur Radu Mihaileanu présentant son film l’Histoire de l’Amour avant la projection (Crédit photo : Roberto Garçon)

L’envers du décor

Sans eux, le festival « En Avant Les Premières » n’aurait pas eu lieu. Buzzles a interrogé l’équipe derrière cet évènement.

Laetitia Mazeran, responsable du cinéma Les Arcades et de l’événement, témoigne de l’expérience aussi jouissive qu’éprouvante que représente la tenue du festival : « Apparemment, tout le monde semble satisfait, c’est peut-être le plus rassurant. De même, je suis heureuse d’avoir vu un public au rendez-vous, en plus de Benoit Jacquot et de Radu [mihaileanu], de grands réalisateurs, connus à l’international. Le fait de voir les salles remplies, le pari tenu, c’est une grande satisfaction et un grand soulagement ». Laetitia poursuit en soulignant les efforts que ce type d’événement demande : « On a toujours l’impression qu’au cinéma, tout se fait en direct. En réalité, cela demande une organisation rigoureuse en amont, en travaillant le soir, en venant à des horaires pas forcément prévus. Je pense que si on n’aime pas cette sensation-là, on ne peut pas se permettre de tenir un cinéma ».

Arnaud de Gardebosc est programmateur du cinéma Les Arcades et représente MC4 distribution. Il décrit sa profession et raconte certaines difficultés éprouvées dans la diffusion des films à Cannes, notamment après la fermeture du « Cinéma Star » le 5 janvier dernier. « Mon métier consiste, tout simplement, à négocier les films pour les salles, en fonction de leurs lignes éditoriales. Pour Les Arcades, on s’oriente vers du Art et Essai ». Enfin, Arnaud de Gardebosc rappelle l’importance de ce genre de festival, pour les cinémas et pour la visibilité des films : « Un bouche à oreille se crée et cela permet aux films de mieux marcher que s’il n’avaient à leur disposition, que la promotion du distributeur. Partout où un réalisateur présente son long métrage, les entrées de ce dernier seront plus nombreuses que partout ailleurs ».

Roberto Garçon 

Louis Verdoux

 

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