[Interview] Olivier Py : « Ce livre est un portrait de Paris »

Directeur du festival d’Avignon, metteur en scène, dramaturge et écrivain, Olivier Py revient avec un nouveau roman. Les Parisiens (Ed. Actes Sud) est un véritable portrait de la ville lumière et de ses folles nuits. On y suit l’ascension d’Aurélien qui rêve de célébrité en regardant la vie de la Jet Set parisienne. Le romancier a accepté de répondre aux questions de Buzzles sur son dernier livre et sur l’actualité récente.

Comment trouvez-vous le temps d’écrire un roman, des pièces, de les mettre en scène et d’organiser un festival  ?

Dans le TGV ! Moi je n’écris que 20 ou 30 minutes par jour, rarement plus mais tous les jours. Il n’y a pas d’heure, j’écris quand j’écris. Presque de manière hygiénique.

Quel est la différence entre la manière d’écrire un roman et une pièce de théâtre ?

Déjà le temps, c’est beaucoup plus long (rires) ! Une pièce pour moi c’est un ou deux mois de travail tandis qu’un roman de 600 pages comme celui-là c’est deux ans de travail. Pour moi c’est différent mais ce qui unifie l’ensemble c’est que mon théâtre est lyrique et poétique. Mes romans sont aussi une sorte de poème.  Le théâtre est beaucoup plus rapide, on n’a pas besoin de passer par tous les circuits éditoriaux.

Vous êtes-vous inspiré de votre propre expérience pour décrire la nuit parisienne ?

Oui, bien sûr, il n’y a pas moyen de faire autrement, à moins d’être un imposteur total. C’est toujours sa vie qu’on met dans une œuvre. Plus l’œuvre est une fiction plus on a la liberté de se dévoiler. Au bout d’un moment, on ne sait plus très bien quelle est la part autobiographique et la part de fiction. Ce n’est pas qu’on les confond, on les mélange juste. Il y a des éléments vrais que je peux projeter sur un personnage et d’autres sur un personnage différent. Mais au bout du compte c’est une fiction, mais nos vies aussi sont des fictions.

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Les Parisiens est le troisième roman du Grassois après Paradis (Ed. Actes sud, 2002) et Excelsior (Ed. Actes sud, 2014). (Crédit photo : Etienne Merle)

L’intrigue aurait-elle pu avoir lieu ailleurs qu’à Paris ?

Non bien sûr. Ce livre est vraiment un portrait de Paris. Ulysse de James Joyce n’aurait pas pu se passer ailleurs qu’à Dublin. C’est d’abord le rapport que Paris entretient avec la mode qui la rend unique. Il y a vraiment une surpuissance de la mode, dénuée de sens, qui ne peut être comprise que depuis l’intérieur de la folie parisienne. C’est une ville qui ne ressemble à aucune autre. Elle pense, et pas tout à fait à tort, qu’elle est le centre du monde. Tous les Parisiens le croient et être parisien c’est en soi une aventure, peut-être même une aventure spirituelle. Il n’y a aucune autre ville comme Paris dans le monde, aucune qui ne propose de telles possibilités culturelles. C’est unique, il y a toujours quelque chose à faire.

Vous vous déclarez ouvertement homosexuel et catholique, quelle fût votre réaction quand le pape a déclaré que les manuels scolaires français encouragent la théorie du genre ?

J’aime beaucoup le pape, il avait fait des déclarations qui allaient dans le sens de l’ouverture et l’accueil des homosexuels. Malheureusement il n’est pas bien informé car la théorie du genre n’existe pas. On voit bien les lobbies autour de lui qui ont réussi à le désinformer. Je trouve cela très triste. J’espère qu’il s’en rendra compte étant donné que c’est un homme intelligent.

Propos recueillis par Maxime Bonnet

 

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