Mondiaux de Triathlon : Maxence Lejeune assure une sixième place

Le 23 octobre 2016, Maxence Lejeune s’est classé 6e des championnats du monde de triathlon Xterra à Hawaii dans la catégorie junior. Buzzles brosse le portrait d’un jeune sportif qui n’a pas fini de faire parler de lui. 

Trois heures et cinquante-sept minutes. C’est le temps qu’il a fallu à Maxence Lejeune, jeune étudiant de 19 ans en BTS de commerce, pour avaler 1,5 km de natation, 32 km de vélo et 10 km de trail lors des mondiaux de triathlon Xterra à Hawaii, le 23 octobre dernier. Licencié dans le Val d’Oise, ce jeune triathlète a impressionné tout le monde, tant par sa ténacité que son humilité.

Sa passion pour le triathlon, Maxence la découvre pour la première fois en 2005. Agé de huit ans, il est poussé par le fils de sa marraine, double champion du monde de triathlon militaire, à essayer cette discipline. « L’occasion s’est présentée dans la ville de mon club de natation. Un triathlon était organisé et j’y suis allé, pas du tout entrainé. J’ai fini bon dernier, du coup tout le monde pensait que je n’avais pas aimé, mais au contraire, c’est là que j’ai chopé le virus », raconte-t-il avec humour. Un peu de natation, beaucoup de vélo et un peu moins de course à pieds. Parfait mélange. Bref, 2005 c’est le début du coup de foudre.

La suite est logique. En 2006, le jeune Valdoisien s’inscrit dans le club de triathlon de Beaumont-sur-Oise (95). Sa passion devient contagieuse puisque son père se met à suivre de près les progrès de son fils et s’illustre en tant qu’entraîneur. « Il s’occupait de moi sur les courses et des jeunes dans mon club de Beaumont-sur-Oise », note Maxence.

En 2012, il change de club pour un plus grand, celui de « La Vallée Montmorency Triathlon ». « Les entraineurs m’ont contactés, et je les ai rejoints », se souvient-il. « J’avais un bon petit niveau, mais rien d’exceptionnel non plus », continue le jeune homme.

Dans son nouveau club, Maxence a un seul mot en tête : progresser. Pour cela, il faut pallier les lacunes de course à pied. « Je me suis beaucoup entraîné, j’ai progressé sauf que je me suis blessé à plusieurs reprises ». Des blessures trop douloureuses qui le contraignent à arrêter le triathlon en juin 2013. Pendant l’année 2014, il se consacre exclusivement à la pratique du vélo en compétition. Mais en 2015, Maxence raccroche son vélo et décide de mettre sa vie sportive entre parenthèse. Pas toujours facile de concilier les études, le sport et une vie d’adolescent.

Un an plus tard, le manque est trop important. Il reprend les entrainements de triathlon pour se « faire plaisir et retrouver les copains ». Désormais, tout l’enjeu pour lui est de revenir le plus rapidement à son plus haut niveau. Pari réussi puisqu’il retrouve un niveau tout à fait correct en quelques mois.

 

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A Hawaii, Maxence Lejeune profite des derniers instants avant la finale des mondiaux de triathlon Xterra. Crédit photo : Maxence Lejeune.

Du financement participatif aux mondiaux

Lors de la saison 2015-2016, Maxence s’oriente vers le triathlon Xterra, une forme de triathlon qui comprend 1,5 km de natation, entre 30 et 40 km de VTT et 10 km de trail (course nature avec du dénivelé). L’objectif c’est les mondiaux. Mais son billet, il ne peut le décrocher qu’en finissant premier lors de plusieurs manches qualificatives, là où les meilleurs de la discipline s’affrontent. Début juin, il manque de peu sa qualification en finissant deuxième à Namur, en Belgique. Le 26 juin, dans la vallée de Joux, en Suisse, l’histoire se répète mais l’issue est tout autre… « Dans les deux courses, c’était le même vainqueur. Du coup, en Suisse, la place pour les championnats du monde m’est revenue. Le premier l’avait déjà obtenu en Belgique », explique Maxence fièrement.

La qualification en poche, les félicitations pleuvent sur le jeune homme. Mais à la surprise générale, Maxence doute. « Finalement, je n’étais pas trop partant pour y aller car ça représentait un sacré coût. Rien que pour l’inscription, il fallait débourser 550 dollars… Le triathlon, c’est un sport vraiment très cher. C’est un business », avoue-t-il. Avec les billets d’avion, le logement et les extras, le coût estimé par Maxence était de 2500 euros. La solution lui vient de ses amis avec une question anodine : « pourquoi tu ne ferais pas une cagnotte en ligne ? ». L’idée émise, le sportif reste, néanmoins, perplexe. « Demander à des gens de financer quelque chose de personnel, ça me dérangeait », reconnait-il. Mais Maxence lance, tout de même, ce financement participatif en prenant soin d’expliquer son projet. « En deux semaines, j’avais récolté 1780 euros. Ça a super bien marché. », fait remarquer le jeune homme, encore surpris. Au-delà des dons de ses proches ou de parfaits étrangers, Maxence a dégoté deux sponsors pour le soutenir sur le plan matériel dans cette aventure. « Toutes ces aides m’ont énormément touchées ».

Parallèlement, Maxence commence sa longue préparation pour les championnats du monde. « Trois mois avant la course, je m’entrainais entre 15 et 20 heures par semaine, aussi bien dans mon club que tout seul en suivant les conseils de mon entraineur », se souvient le garçon. « Je ne me suis jamais senti aussi bien et fort que durant cette période », confie Maxence. Le jeune homme monte en puissance. Chaque semaine, il pratique le vélo entre 7 et 10 h et court entre 40 et 50 km.

« En tombant, j’ai entendu un crac »

Lundi 17 octobre 2016, c’est le départ. Direction Hawaii, aux Etats-Unis. « Je suis parti seul mais là-bas j’ai retrouvé des amis qui faisaient la course », affirme Maxence. Pendant la semaine qui précède l’échéance, le Valdoisien continue de s’entrainer sans oublier de se reposer. Sur les lieux, Maxence prend connaissance du parcours. « En venant à Hawaii, je m’attendais à un temps sec et chaud sauf qu’il avait plu toute la semaine… Le parcours était très boueux, ça allait être très compliqué », explique-t-il. Pour autant, le garçon reste confiant et ne se décourage pas. Au contraire.

Ça y est, le jour J. Les championnats du monde, c’est aujourd’hui. Première étape : deux boucles de 750 mètres dans un océan pacifique déchaîné. « Les vagues atteignaient 1,50 m de hauteur », se rappelle Maxence. Puis vient la deuxième étape, celle du VTT sur 32 km. Le terrain est très gras. « Sur les premiers kilomètres, j’avais de bonnes sensations, je remontais du monde mais le pire est arrivé… », raconte le jeune homme. Au niveau du 10e kilomètres, le garçon chute dans une descente et se retrouve 5 mètres plus bas dans un fossé, juste après avoir cassé un des serrages de sa chaussure. « En tombant, j’ai entendu un « crac » au niveau de ma cheville. Je suis resté de longues minutes au sol me tordant de douleur », se souvient-il. Mais tous les efforts réalisés depuis des mois ne peuvent être réduits à néant à cause de cette maudite chute. Courageux, Maxence se relève et repart malgré la douleur. « Je ne pouvais pas décevoir tous ceux qui croyaient en moi ». Les 32 kilomètres terminés, le sportif s’élance sur 10 kilomètres de trail avec 350 mètres de dénivelé. « Avec l’excitation de bientôt voir l’arrivée, je ne sentais plus la douleur ». Et justement, cette ligne d’arrivée se rapproche et c’est au bout de 3 heures et 57 minutes d’efforts qu’il la franchit, enfin.

 

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Maxence Lejeune en plein effort lors du trail des mondiaux de triathlon Xterra à Hawaii, le 23 octobre dernier. Crédit photo : Jesse Peters.

Maxence se classe 6e sur les 17 juniors engagés, et 86e sur 596 amateurs masculins. Une belle performance pour ce jeune triathlète du Val d’Oise. « J’étais, à la fois, content de mon résultat vu les circonstances de la course mais aussi déçu car je visais mieux », avoue-t-il. Mais sur les réseaux sociaux et sur son téléphone, pas de place pour la déception. Les messages sont identiques, « Bravo Maxence ». A son retour, dans le Val d’Oise, Maxence se confie sur la saison à venir. « Pour 2017, j’ai deux objectifs. Le premier est de faire un half ironman et le deuxième, et bien… Pourquoi pas se qualifier pour les championnats du monde de cette discipline. » Ainsi, à 19 ans, Maxence regorge d’ambitions et de volonté. C’est à se demander qui l’arrêtera.

Marion Ptak

 

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