Vendée Globe : ne pas tourner autour du Pot

Une semaine après avoir quitté les Sables d’Olonne, les skippers vont aborder le célèbre « Pot au Noir ». Un endroit alternant grains à 30 nœuds, orages et calme plat. Bien le négocier est primordial pour ne pas se faire distancer. L’heure est à la réflexion.

Ce dimanche 13 Novembre, au pointage de 11h, c’est le Gallois Alex Thomson (Hugo Boss) qui menait la course. Avec son bateau à foil désigné par le tandem d’architecte VPLP-Verdier, Thomson tient des moyennes impressionnantes : 19.8 nœuds sur les dernières 24h, soit un peu plus de 35km/h. Distancé par Armel Le Cleac’h (Banque Populaire) et Vincent Riou (PRB) suite à son option le long des côtes portugaises, le Britannique a refait son retard. En choisissant de couper dans le fromage entre les îles de Santo Antao et Santo Vicente (Cap-Vert) alors que ses camarades en tête de course faisaient le tour de la paroisse par l’Ouest, Alex Thomson a réussi un joli coup. Il compte désormais 22 milles (41 kilomètres) d’avance sur les deux Bretons. Mais le plus dur commence.

Un trou de souris entre le 29° et le 30° Ouest

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Ce week-end, les leaders du Vendée Globe vont aborder le Pot au Noir qui semble très actif dans sa partie basse entre le 5°N et le 2N°. Crédit photo (capture d’écran de la cartographie du site du Vendée Globe)

Selon les dernières prévisions météo, une veine de vent avec des alizés souffle actuellement entre ces deux longitudes. Un passage à l’Ouest du Pot au Noir, qui semble privilégié par la tête de course, qui devrait y entrer dès cette nuit. Établie entre le 8° Nord et le 3N° Nord, la zone s’étend sur environ 150 milles nautiques (environ 241 km) et les vents mal établis pourraient permettre à certains de recoller aux hommes de têtes comme l’annonçait Morgan Lagravière (Safran) à la vacation de dimanche midi :

« […] Avec l’approche du Pot-au-Noir, j’espère recoller avec les leaders. Mon positionnement un peu en retrait est intéressant. Je vais pouvoir analyser le positionnement des copains devant. En fonction de ce que je vois et du timing dans lequel je serai, je déterminerai le point d’entrée le plus approprié. […] »

Pour le moment il navigue à vue avec le bizut Paul Meilhat (SMA) :

L’essentiel est donc de trouver le bon angle d’attaque de cette zone pour s’en échapper au plus vite et toucher les alizés de l’hémisphère sud, pour glisser jusqu’à l’Équateur. Un casse-tête aussi pour les skippers du deuxième groupe emmenés par Yann Éliés (Quéguiner-Leucemie Espoir). Plus au Nord, il pourrait rencontrer un Pot au Noir plus capricieux et en faire les frais. Un débours de plus de 200 milles et plus encore pour les marins du troisième groupe (De Broc, Burton, De Lamotte…) sur les leaders est à redouter d’ici les prochains jours.

Alexandre Le Corre

 

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