RC TOULON – STADE FRANÇAIS : LE RCT ENFIN LANCÉ ?

Dimanche soir, le RC Toulon s’est imposé face au Stade Français Paris (31-12) en conclusion de la 11e journée de Top14. Une prestation de qualité pour tourner définitivement la page Diego Dominguez. 

Quatre mois. C’est le temps qu’il aura fallu à Mourad Boudjellal, président du RC Toulon, pour trouver la bonne formule au sein de son staff technique. Au départ, Diego Dominguez. L’ancien demi d’ouverture de l’Italie s’entoure dès sa prise de fonction (manager général) à l’été 2016 des anciens adjoints de Bernard Laporte, Jacques Delmas (avants) et Steeve Meehan (arrières), ainsi que de Marc Dal Maso (avants) recruté par le président. Fin septembre, premier rebondissement avec l’arrivée de Mike Ford sur les bords de la Rade, suite à la prise de recul de Meehan. L’ancien entraîneur de Bath prend alors la responsabilité des trois-quarts toulonnais. Un mois plus tard, alors que son équipe a déjà connu quatre défaites (dont deux à domicile) et un match nul en dix rencontres, toutes compétitions confondues, Mourad Boudjellal tranche et met à pied Diego Dominguez. Mike Ford prend alors sa place et doit composer avec un duo d’entraineurs des avants qui n’est pas sur la même longueur d’ondes. Le président toulonnais suit la préférence du manager anglais pour l’ancien adjoint du XV japonais. Exit Jacques Delmas. Place au duo Ford – Dal-Maso pour conduire la barque du triple champion d’Europe.

 Le bonus dans les mains d’Axel Muller

Ce dimanche 13 novembre marquait donc le premier match entièrement dirigé par les deux hommes forts du RCT. Et sur le terrain, cela s’est rapidement fait ressentir. Depuis le début de la saison, les Rouge et Noir n’avaient réussi qu’une fois à franchir quatre fois la ligne d’en-but adverse (face à Grenoble, victoire 42-12 le 29 octobre, NDLR). De quoi s’interroger sur les ambitions offensives du champion de France 2014. Mais face aux Parisiens, le doute va vite être levé. Moins de cinq minutes après le coup d’envoi, Duane Vermeulen, le capitaine toulonnais, indiquait à M.Ruiz, l’arbitre de la rencontre, vouloir prendre la touche et non pas tenter la pénalité. Un choix audacieux qu’a apprécié Mayol. Mais un choix surtout payant car Mathieu Bastareaud se retrouvait à la conclusion d’un maul pénétrant dès la 4e minute de jeu, avant que les Varois ne mènent une action similaire avec tout autant de réussite dix minutes plus tard. Et avant la demi-heure de jeu, c’est le troisième ligne Liam Gill qui filait inscrire le troisième essai du RCT (21-0, 25e). Toulon a littéralement asphyxié son adversaire du soir, le sevrant de ballons. Un respect des consignes annoncées qui a porté ses fruits. « On voulait mettre une grosse intensité pour qu’on soit de suite dans le bain et c’est chose faite », lâchait Pierre Bernard, le demi d’ouverture toulonnais à l’issue du match. Une copie quasi-parfaite pendant presque trente minutes, ternie avant le repos par des erreurs défensives dont ont profité Jules Plisson et Alipate Ratini pour remettre les joueurs de la Capitale à flot (21-12, 39e).

Le jeu offensif prôné par Mike Ford n’aura pas la même résonance au retour des vestiaires face à une défense du Stade Français qui ne cédera pas. Sauf après l’heure de jeu, sur un jeu au pied de génie (et de son mauvais pied) de Pierre Bernard, envoyant Ma’a Nonu sous les poteaux parisiens. Sur la sirène, c’est son acolyte de la charnière, le demi de mêlée Eric Escande, qui s’essaie à l’exercice. Si le geste est impeccable, la conclusion de son ailier Axel Muller ne l’est pas, l’Argentin laissant échapper le ballon devant la ligne, et avec lui le point de bonus offensif (31-12). Un point de bonus « important mais anecdotique » pour Pierre Bernard qui « espère qu’il ne comptera pas à la fin de la saison. »

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Les chiffres clés de la rencontre entre le RC Toulon et le Stade Français. 

Réaction de Sébastien Tillous-Borde, demi de mêlée du RCT, après le match :

Pire attaque des cinq dernières saisons

Si l’ailier Drew Mitchell faisait sa première apparition de la saison avec le maillot aux trois étoiles et que Mayol découvrait Ayumu Goromaru, l’arrière vedette japonais, les yeux étaient tout de même rivés sur le demi d’ouverture du RCT, Pierre Bernard. L’ancien bordeaux-béglais connaissait dimanche sa deuxième titularisation de la saison, après celle du week-end précédent sur la pelouse de Lyon. Pour sa première saison sur les bords de la Méditerranée, il devrait être propulsé (sauf énorme retournement de situation) numéro 10 titulaire dans les semaines à venir. Un chamboulement de hiérarchie dû à la blessure de François Trinh-Duc samedi avec l’équipe de France. Bien qu’il soit le seul joueur d’expérience à ce poste (Matt Giteau est blessé de longue date tandis qu’Anthony Belleau, 20 ans, effectue sa première saison en professionnel), il ne perd pas de vue le niveau d’exigence du RCT. « Si j’ai la chance de continuer à jouer, c’est à moi de confirmer parce qu’on est dans un Top Club et que ça ne pardonne pas. Il faut rester la tête froide et continuer à travailler. »

Le tout, dans une philosophie de jeu bien différente de celle mise en place par Diego Dominguez. Il faut dire que sous les ordres de l’Italo-Argentin, la part belle était donnée au pragmatisme, au détriment de l’animation offensive. Et cela s’est traduit dans les statistiques. Lors des huit rencontres de championnat dirigées par l’ex-buteur italien, seuls 196 points ont été inscrits. A peine plus de 24 pts par match en moyenne, le plus faible total des cinq derniers débuts de saison varois. Or, depuis son remplacement par Mike Ford, le compteur affiche presque 29 pts sur les trois dernières rencontres. Pierre Bernard explique. « Mike Ford simplifie pas mal le jeu de la charnière. » Et cela semble porter ses fruits. Il ne reste plus qu’à réitérer ces performances à l’extérieur, du côté de Castres. Les clés du jeu toulonnais devraient à nouveau être confiées à la paire Tillous-Borde – Bernard, deux anciens de la maison tarnaise. Et une prestation similaire est attendue du côté de Pierre-Antoine de la part du troisième du championnat. Pour définitivement tourner la page Diego Dominguez. Et commencer à parler d’effet Mike Ford ?

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Bilan comptable du RCT après huit journées de championnat (Diego Dominguez a été mis à pied après la huitième journée cette saison) depuis la saison 2012-2013

Maxime GIL

 

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