Chapecoense, le rêve crashé

Dans la nuit entre le lundi 28 et le mardi 29 novembre, l’avion transportant l’équipe professionnelle du club brésilien de Chapecoense s’est écrasé dans les montagnes colombiennes. L’appareil transportait soixante-dix-sept personnes. Il n’y a que six survivants.

Ils avaient décollé lundi 28 dans la journée, direction Medellin, en Colombie. Les joueurs du club brésilien de Chapecoense (Associaçao Chapecoense de Futebol, AFC) mais aussi le staff, des invités et vingt et un journalistes avaient pris place dans l’avion du vol 2933 de LaMia Airlines, au départ de Sao Paulo. Le but de ce voyage ? Aller jouer le match aller de la finale de la Copa Sudamericana, l’équivalent de notre Ligue Europa. Une finale tant attendue par le club. Une finale qu’ils ne joueront malheureusement jamais. C’est à 21h30, heure locale (3h30 heure française), que l’avion a été porté disparu. Le crash a été enregistré une heure plus tard, à 22h34.

L’avion transportant l’équipe de Chapecoense s’est écrasé dans les montagnes colombiennes, un lieu seulement accessibles par voie terrestre. Les secours ont dû suspendre les recherches à cause des conditions météo. (crédit photo : Luis Benavides/AP/SIPA)

L’avion transportant l’équipe de Chapecoense s’est écrasé dans les montagnes colombiennes, un lieu seulement accessible par voie terrestre. Les secours ont dû suspendre les recherches à cause des conditions météo. (Crédit photo : Luis Benavides/AP/SIPA)

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Ce mercredi matin, le bilan faisait office de soixante et onze victimes (contre soixante-seize hier). En effet, quatre personnes présentes sur la liste des passagers n’auraient finalement pas pris place dans l’avion. Si l’espoir de retrouver vingt survivants a existé un temps, le bilan fait état de six rescapés. Parmi eux, trois joueurs – Neto, Jackson Follmann, le gardien remplaçant qui a été amputé des deux jambes selon les journalistes sur place et le défenseur prêté par l’Internacional, Alan Ruschel, qui risque la paralysie – ainsi que deux membres de l’équipage et un journaliste. Les autres passagers ont perdu la vie. Le gardien de but Danilo, héros de la demi-finale retour, a été transporté d’urgence à l’hopital. Il est décédé quelques heures plus tard.

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Chapecoense, une saison magnifique brisée

Le club brésilien, méconnu du grand public, était en train d’écrire la plus belle page de son histoire. Créé en 1973, le club basé dans l’état de Santa Camina survit pendant plusieurs années, remportant quelques titres du championnat régional. Sur la scène nationale, l’équipe ne marque pas l’histoire, obtenant son accession en première division en 2013. Lancé en Copa Sudamericana, l’ACF, neuvième du championnat brésilien cette saison, avait surpris tout son monde. Eliminant des cadors argentins, comme l’Independiente, le club brésilien avait battu San Lorenzo (vainqueurs de la Copa Libertadores, l’équivalent de la Ligue des Champions) en demi-finale, grâce à un match retour solide. Danilo avait d’ailleurs réalisé une magnifique parade en fin de match. A la fin de la partie, les joueurs et le staff avaient fêté comme il se doit cet exploit magnifique.

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« Voilà la dernière image de nos guerriers » a tweeté le compte officiel du club ce 29 novembre.

Des hommages venus du monde entier

L’annonce de ce tragique accident a évidemment attristé le monde du football. En France, la LFP a annoncé qu’une minute de silence serait respectée avant chaque match de Ligue 1 et de Ligue 2 cette semaine. Les clubs ont aussi rendu hommage aux victimes :

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L’hommage du Liverpool FC a quant a lui eu lieu lors du match de coupe contre Leeds hier soir. You’ll Never Walk Alone.

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Le Nacional a d’ailleurs demandé à ce que la Copa Sudamericana revienne à Chapecoense. Une requête qui fait écho à une autre, celle des clubs du championnat brésilien. Ces derniers ont demandé à ce que le club soit exempté de relégation pour les trois prochaines années. Ils proposent aussi de prêter gratuitement des joueurs au club, pour aider à se reconstruire. D’autres équipes, comme le club portugais de Benfica, ont fait savoir qu’elles proposeraient d’aider Chapecoense « à dépasser la perte sportive ». Des marques de solidarité envers un club décimé, qui portera longtemps les stigmates d’une soirée d’horreur. #ForçaChape

Antoine Medeiros

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