Vendée Globe #3 : vagues à l’âme

Le Grand Sud ne pardonne pas. Vincent Riou (PRB) ,(choc avec un OFNI) et Morgan Lagravière (Safran, avarie) ont abandonné la course. Armel Le Cléac’h (Banque Populaire) et Alex Thomson (Hugo Boss) continuent de mener une flotte éparpillée sur 4000 milles (environ 7000 kilomètres). Le point sur la course.

« Des vagues hautes comme les Alpes. » Le 6 janvier 1996, le canadien Gerry Roufs faisait part de son inquiétude vis-à-vis de la météo. Le 7 janvier, il ne répondait plus à la VHF. Englouti par les flots.
Passé le cap de Bonne-Espérance, l’amitié entre les marins prend le dessus sur la compétition. Ils connaissent le danger des dépressions qui se forment dans les mers du Sud entre le 40ème et le 50ème Sud. Une zone d’exclusion de l’Antarctique est mise en place depuis plusieurs années pour éviter que les skippers ne viennent trop chatouiller les icebergs.
Fini les alizés, les mers chaudes. Les skippers de tête ont désormais albatros ou puffins comme compagnons de route :

Armel Le Cléac’h et Alex Thomson viennent de déborder l’archipel Crozet et s’apprêtent à avaler les îles Kerguelen par le Nord, poussés par un fond froid. Dans ce duel, le Breton a réussi à prendre quelques milles d’avance sur le Gallois qui semble souffrir de la perte de son foil tribord.
Les bulles anticycloniques ralentissent la course

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Les leaders profitent d’un froid qui les poussent vers le cap Leuwin. A l’arrière, certains sont piégés par l’anticyclone de St-Hélène. (Crédit : capture d’écran site vendée globe

Les trois premiers de la course pourraient atteindre le Sud de l’Australie la semaine prochaine alors que certains skippers n’auront pas encore passé Bonne-Espérance ! De Louis Burton à Alan Roura, tous négocient leur passage dans l’Océan Indien en essayant de contourner l’anticyclone de St-Héléne et ses vents faibles. Lundi midi, Fabrice Amedeo, 14ème, avançait à 5 nœuds seulement et Louis Burton confiait à la vacation : « Bonne-Espérance, c’est l’Arlésienne ! »

Prendre son mal en patience, c’est le lot des skippers. « Les riches deviennent plus riches » comme dit le proverbe. Les premiers devraient accentuer leur avance et exploser le record Les Sables d’Olonnes-Cap Leuwin. Ceux qui chassent derrière (Paul Meilhat, Yann Eliés, Jean Le Cam) espèrent réduire l’écart en attrapant des fronts froids ici et là. Et dans le peloton, on fait sa course, comme on peut, chacun dans son trip.

Alexandre Le Corre

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