Marathon de New York : « Allez la France ! »

Le 6 novembre dernier, la ville de New York accueillait le marathon le plus prestigieux de la planète. A 20 ans, l’Erythréen Ghirmay Ghebreslassie est sacré champion… mais tous ne sont pas venus pour gagner. Rudy Koskas, journaliste chez Nice-Matin, a eu l’opportunité de participer à cet évènement grâce à l’association « Grasse à New York ». Il revient, pour Buzzles, sur cette expérience inoubliable.

Comment s’est créée l’association « Grasse à New York » ?

L’idée de l’association vient d’Emmanuel Delgrange (directeur de l’école Saint-Antoine à Grasse, NDLR). C’est un coureur, il avait déjà participé au marathon de New York. Son but était de regrouper un maximum de Grassois, aussi bien coureurs que débutants, pour que la ville soit représentée à l’étranger.

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Les membres de l’association « Grasse à New-York » à Times Square, New-York, avant le marathon. (Crédit : Grasse à New-York)

Comment vous-êtes vous retrouvé dans cette aventure ?

J’ai commencé à faire des papiers sur lui et ça m’a donné envie. J’ai fini par m’inscrire en avril 2016, deux mois après la création de l’association. On s’est entraîné trois à quatre fois par semaine, jusqu’à New York pour nous préparer à finir le marathon, ce qui était véritablement l’objectif, plus que le temps en lui-même. On était 55 au départ, et on est parti à 70. Chacun a payé son déplacement, ou alors c’est l’entreprise qui aide ses employés à financer leur voyage pour courir, ça dépend.

Personnellement, depuis quand avez-vous commencé à courir ?

Je suis footeux au départ. C’est vrai que j’aimais bien courir au maximum 10 kilomètres, une fois toute les deux semaines, une fois par mois, ce n’était vraiment pas régulier. Cette idée de courir en ayant un but m’a motivé et je me suis senti progresser. En quelques mois, j’ai perdu 25 kilos. J’ai équilibré un peu plus mon alimentation et physiquement et mentalement, je me sens beaucoup mieux. Je suis devenu accro !

Comment vous-êtes vous entraîné ?

À part les entraînements avec l’association, j’allais au moins courir une à deux fois 30 kilomètres pour savoir ce que ça faisait. Et sinon minimum 15 kilomètres, avec ou sans dénivelés.

Comment s’est passé le jour J ?

J’étais vraiment anxieux et j’avais la pression par rapport à mes proches. On s’est levé à 5h du matin et mon départ était à 9h30 : plus le départ approchait, mieux je me sentais. Tout au long du parcours je prenais des vidéos, je faisais des « high-five » avec les supporters : c’était une expérience de dingue ! On était super bien encadré par les coureurs professionnels. C’est une aventure humaine avant d’être une aventure sportive : tout le monde est revenu avec la médaille ce qui est essentiel.

Qu’est-ce qui vous a fait tenir pendant la course ?

J’ai pensé à ma famille et je voyais les gens qui m’encourageaient en criant « Allez la France ! » En plus, on traverse tous les quartiers de New-York. C’est comme dans un rêve.

Quel était votre sentiment en franchissant la ligne d’arrivée ?

J’étais un peu fatigué et surtout je ne savais pas le temps que j’avais fait. C’est ma sœur, depuis la France, qui m’a donné mon temps : 3h53. Ça m’a fait quelque chose. Même maintenant, je ne suis pas redescendu de mon nuage. C’est le marathon le plus mythique du monde. Ça m’a clairement donné envie de faire d’autres marathons, comme celui de Londres, ou de Dublin. Après, j’aimerais également faire des courses ici.

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Rudy Koskas et sa médaille à la suite du marathon. Il a effectué le parcours en 3h53. (Crédit : Rudy Koskas)

Vous prenez des photos avec la médaille partout : pourquoi ?

À New York, il y a une tradition : le soir-même, tu te balades avec la médaille et là, tous les Américains te saluent et veulent prendre des photos avec toi comme si tu étais un héros national. De retour en France, je me suis dit que j’ai eu tellement de mal à l’obtenir que j’allais lui faire visiter tout ce que je connais. Et en plus, pleins de gens voulaient la voir en vrai.

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En premier plan la mdaille de Rudy, en arrière-plan la ville de Grasse. (Crédit : Rudy Koskas)

 

 

Virginie Ziliani

Julie dos Santos

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