Cristiano Ronaldo, le travailleur en or

Lundi soir, l’attaquant portugais a remporté son quatrième Ballon d’or – une récompense attribuée au meilleur joueur de football de l’année. Une consécration de sa saison, ponctuée de deux titres de champion d’Europe, en club avec le Real Madrid, ainsi qu’en sélection.

Quand il s’est écroulé sur la pelouse du stade de France, le soir du 10 juillet 2016, Cristiano a bien cru voir son rêve fondre comme neige au soleil. Le choc avec Dimitri Payet aurait pu le priver d’une victoire en finale avec la sélection portugaise, de son objectif depuis la défaite de la Seleçao en finale face à la Grèce, un soir de juillet 2004. Un rêve, une obsession. Lorsqu’il a dû rendre les armes, laisser couler les larmes et sortir, ils étaient peu à croire encore à une victoire finale du Portugal. Mais un but d’Eder dans les prolongations a offert le Graal aux Lusitaniens, et le trophée « qu’il manquait encore à (son) CV », comme l’a précisé Ronaldo ce lundi soir dans un entretien à l’Equipe TV.

C’est à 20 heures, ce lundi soir, que Cristiano Ronaldo a remporté son quatrième Ballon d’or.

Le Portugais a directement été félicité par son club sur Twitter.

Quelque heures plus tard, Cristiano a remercié son club et sa sélection (Très heureux et fier de gagner. Merci au Real Madrid et la sélection portugaise. Année fantastique. Simmmm)

En devançant Lionel Messi et Antoine Griezmann, le Portugais écrit encore l’histoire. En 2016, en 55 matchs, il a inscrit 51 buts et offert 16 passes décisives. Des statistiques moins impressionnantes qu’en 2013 par exemple, une année où il avait marqué 69 buts. Mais qu’importe, pour lui, le cru 2016 a été la « meilleure saison de sa carrière », tant sur le plan individuel que collectif. Parce que cette année, Cristiano a soulevé la Coupe d’Europe avec son pays, mais aussi la « Undecima », la onzième Ligue des Champions, avec son club du Real Madrid. Une étagère de trophée qui pourrait accueillir un nouveau trophée, un autre, puisque les merengues (le surnom des Madrilènes) est en cette fin décembre au Japon, pour jouer la Coupe du Monde des clubs.

A la poursuite de Lionel Messi

Ce quatrième Ballon d’or permet au Madrilène de creuser l’écart avec Lionel Messi, qui en a un de plus que lui. Son meilleur ennemi, dont l’année 2016 a été moins fantastique qu’en 2015, a terminé deuxième du classement. Défait en finale de la Copa America (l’équivalent de l’Euro en Amérique du Sud), l’Argentin a pris sa retraite internationale le soir même (avant de revenir dessus quelques semaines après). Il a aussi perdu en quart de finale de la Ligue des champions. Quant à Antoine Griezmann, troisième du classement, sa double défaite en finales européennes face à Cristiano Ronaldo ont sûrement pesé dans les votes.
Et malgré le fait que ce trophée soit un plébiscite en termes de votes, le Ballon d’or de Cristiano fait parler. Pourtant, le Portugais a obtenu 745 points, soit plus que ses cinq poursuivants réunis (Messi, Griezmann, Suarez, Neymar et Bale). La Pulga argentine n’a ‘’que’’ 316 points (429 de moins que CR7).

Certains évoquent son efficacité dans les grands matchs (il n’a pas marqué en finale de la Ligue des champions ni même en demi-finale, et s’est blessé en finale de l’Euro). Pourtant, ses buts en phase de poule ont sauvé le Portugal, son influence sur le jeu et surtout sur l’équipe, ainsi que son leadership ont entrainé sa sélection sur le toit de l’Europe. En club, quasiment éliminé contre Wolfsburg en quart de finale, son triplé a permis aux Merengues d’atteindre le tour suivant. Et en finale, c’est lui qui inscrit le tir au but final de la séance de pénaltys. Sans compter son but décisif au Camp Nou dans le Classico face au Barça, ni son triplé face à l’Atlético Madrid en novembre (victoire sur le terrain de l’équipe d’Antoine Griezmann 3-0).

A 31 ans (il en aura 32 ans le 5 février prochain), le Portugais semble encore au top. Et si remporter un cinquième Ballon d’or en décembre 2017 semble pour le moment illusoire, l’ancien attaquant de Manchester United fera tout pour soulever de nouveau ce prestigieux trophée, créé par l’hebdomadaire France Football en 1956. Et pour ce faire, il faudrait passer par une victoire en Liga – le championnat espagnol – qui échappe aux Madrilènes depuis 2012 et par une douzième Ligue des champions, une deuxième d’affilée (ce qui n’a jamais été fait dans la formule actuelle de la Coupe d’Europe, créée en 1993). Tout un pays attend aussi une nouvelle qualification à la Coupe du Monde 2018 qui se passera en Russie. La pression sera encore une fois sur ses épaules. Une pression et une envie de réussir qui le font avancer depuis le début de sa carrière.

Antoine Medeiros

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