Chine : La politique derrière l’investissement dans le foot

 

La Chine a fait du football, son nouveau business. Son championnat n’est professionnel que depuis 1994 mais l’empire du milieu compte rattraper son retard. Sous l’impulsion de son gouvernement, les investisseurs des clubs chinois dépensent sans compter pour concurrencer l’Europe.

La Chine a déboursé plus d’un milliard d’euros sur le marché des transferts en 2016. Cette somme vertigineuse est équivalente aux dépenses de Premier League anglaise, le championnat le plus médiatique du monde. L’investissement des grandes entreprises nationales dans les clubs rendent la Super League chinoise puissante. « Depuis trois ans, une nouvelle dynamique s’est installée » explique Jérémy Satis, journaliste sportif. En 2014, la plate-forme de commerce en ligne Alibaba rachète la moitié des parts du Guangzhou Evergrande pour 140 millions d’euros. Un an plus tard, Felipe Scolari, reconnu à l’international pour avoir entraîné Chelsea et l’équipe du Brésil, rejoint le banc du club. Début 2017, le championnat chinois peut se targuer d’avoir des noms tels que Tevez, Hulk ou encore Oscar dans ses rangs. « Au début des années 2010, il y a eu quelques stars comme Drogba ou Anelka mais ils étaient en fin de carrière, maintenant le championnat chinois attire des joueurs comme Alex Teixeira, qui a rejoint l’Asie à 26 ans » précise le journaliste sportif. Pourtant, ces investissements sont de nature a déstabilisé le sport et « sont un danger pour toutes les équipes du monde » s’inquiète Antonio Conte, l’entraîneur de Chelsea.

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En 2017, la Chinese Super League comptent de nombreux étrangers. Chacun des seize clubs dur championnat ne peut compter en son sein que cinq joueurs étrangers. En 2017, cette mesure devrait baisser pour tomber à quatre étrangers, histoire de donner plus sa chance aux joueurs chinois. Dans la carte suivante (cliquable) sont comptabilisés uniquement les joueurs non-asiatiques transférés pour plus d’un million d’euros.

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Le mondial en vue

Sous l’impulsion du Président Xi Jinping, fan de ballon rond, le gouvernement chinois permet l’essor de son championnat. Un objectif motive l’empire du milieu : organiser la Coupe du Monde. Pour cela, le petit poucet du football met tout en œuvre pour accroître son attractivité. « Un programme de développement a été mis en place par le gouvernement qui incite les entreprises nationales à investir dans le foot » raconte Jérémy Satis. Avec l’appui des sociétés aux ressources financières importantes, la Chine a les moyens d’attirer les stars du foot. Le recrutement de joueurs au rayonnement incontestable est une étape dans la quête de développement. Xi Jinping souhaite populariser le sport et prévoit la création de 50 000 académies de foot en quelques années. Actuelle 82ème au classement FIFA, la Chine espère former une équipe nationale capable de déstabiliser les plus grands. Le pays s’imposerait comme un candidat crédible à l’organisation du Mondial.

Réguler les dépenses

Sur le site internet de l’Administration générale des Sports figurait la déclaration suivante :« Nous allons réguler, refréner les achats onéreux de joueurs étrangers, et limiter de façon raisonnable les hauts revenus des joueurs ». L’institution compte « fixer la limite supérieure » du montant des transferts et des salaires de manière à limiter les dépenses astronomiques. En cause, la crainte d’investissements à perte qui pourraient être à l’origine d’un krach. Les sommes déboursées donnent le vertige mais ne permettent pas de retour sur investissement. « Culturellement, le football n’est pas ancré dans le pays » rappelle le journaliste sportif, « ça prendra du temps ». Pourtant, « ce que la Chine veut, généralement elle l’obtient » affirme Jérémy Satis. D’ici dix ans, l’Empire du milieu détrônera peut-être l’Europe, reine de la discipline.

Manon Gaziello
Antoine Medeiros
Lou David

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