Un morceau de banquise plus grand que les Alpes-Maritimes se détache du pôle Sud

La banquise de l’Antarctique était relativement épargnée par le réchauffement climatique jusque là. Pourtant un bloc de glace de 5000 kilomètres carré se détache de plus en plus vite depuis le mois dernier. 

Larsen C, une étendue de glace  de l’Antarctique (Pôle sud) se fracture à vitesse grand V. Elle se fissurait lentement ces dernières années, Mais depuis quelques mois le processus s’accélère selon des scientifiques de l’université de Swansea, au Pays de Galles.

Péninsule à l’Est de l’Antarctique, Larsen est divisée en trois zones, A, B et C, qui correspondent à des baies différentes.  Les parties A et B ce sont déjà effondrées en 1995 et 2002.   La faille de la partie C  s’étend désormais sur plus de 80 kilomètres, et il n’en reste plus qu’une vingtaine pour retenir cette masse de glace titanesque :  » Larsen C est sur le point de perdre une surface de plus 5.000 km² après une nouvelle progression de la fracture « , avertissent les chercheurs du Projet Midas, dans un communiqué.

Le bloc de glace pourrait offrir un spectacle encore plus spectaculaire que celui de l’immense iceberg qui s’était déjà détaché de la banquise Antarctique en octobre 1999, et qui mesurait 64 kilomètres de long pour 17 de large.

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Un iceberg, photographié dérivant au large du Cap Horn. crédit : REUTERS

 

 

Réactions en chaîne

L’ évènement semble donc inévitable, et pourrait avoir des répercussions dramatiques. Outre que l’énorme « glaçon » continuera de fondre lentement, les scientifiques craignent que le recul de la banquise, dû au réchauffement climatique ne provoque une accélération du glissement des glaciers vers la mer. En d’autres termes, elle pourrait conduire à d’autres fracturations de la banquise, tout en faisait s’élever le niveau des mers à l’échelle du globe.

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Larsen C, à gauche en jaune. Les couleurs représentent les barrières de glace susceptibles de fondre ou de se fracturer. crédit : WikiCommons

Et le cercle vicieux ne semble pouvoir que s’accélérer. Car même si les courants de l’océan Antarctique tournent autour du Pôle Sud, ses eaux se réchauffent et commencent à faire fondre les glaciers par leurs embouchures.

Adrien de Volontat

 

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