Cuba : Vers un assouplissement de l’embargo américain ?

Une cargaison de 40 tonnes de charbon végétal cubain doit parvenir aux Etats-Unis le 18 janvier. Une nouvelle avancée dans la normalisation des relations entre les deux pays. Les secteurs économiques de l’île castriste intéressent de nombreux investisseurs.

Après plusieurs années de tractations diplomatiques entre les États-Unis et Cuba, les relations économiques s’améliorent peu à peu.Ouvert depuis 1875 à la Havane, l’hôtel Inglaterra, le plus vieux de l’île, est passé sous pavillon américain en mars 2016 repris par le groupe Starwood. En 2017, deux autres hôtels situés à la Havane entreront dans le giron américain. Un des exemples du chambardement en cours sur l’île communiste.
Dirigé par Raul Castro depuis 2008, Cuba n’a pas d’autre choix que de s’ouvrir aux capitaux étrangers pour stimuler la croissance du pays. Son principal partenaire, le Venezuela de Nicolas Maduro, reste englué dans une crise politique et économique. Pour pallier cette difficulté, l’armée cubaine, à la tête des plus importantes entreprises d’État a décidé de libéraliser les biotechnologies, l’agrobusiness ou la construction, le tourisme ou les télécommunications.
Dans ce domaine, Google a signé le 13 Décembre 2016 un accord avec l’entreprise étatique ETECSA (Empresa de Telecomunicaciones de Cuba S.A ) pour que les Cubains puissent accéder facilement à deux de ses services : Gmail et Youtube. Un autre géant des télécommunications, Vérizon a signé un accord avec Etecsa en 2016 portant sur la communication téléphonique directe entre les deux pays . D’autres câblo-opérateurs feront de même dans les prochains mois.

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Pour encourager les échanges entre les deux pays, les compagnies aériennes American Airlines ou Jetblue proposent depuis Août 2016 des vols directs réguliers vers la Havane. Ils font partis des 110 vols mis en place entre les USA et différentes villes de l’île.
Pour attirer plus d’investisseurs étrangers, l’armée a mis à jour l’appel d’offres géant de huit milliards de dollars. 326 projets autour des infrastructures médicales, touristiques, le commerce de gros, attendent les plus grandes entreprises mondiales.
Le port en eaux profondes de Maribel, en fin de construction à 45 km à l’ouest de la Havane, accueillera plusieurs entreprises étrangères dans sa zone de développement. Cleber LLC, fabrique américaine d’assemblage de tracteurs s’y est déjà installée en novembre 2015.

L’élection de Donald Trump : Une nouvelle donne

 

« Si Cuba ne veut pas faire un meilleur accord pour le peuple cubain, le peuple cubano-américain et les États-Unis dans leur ensemble, je vais mettre fin à l’affaire ». Dans un tweet le 28 novembre 2016, Donald Trump, le nouveau président des États-Unis a instillé le doute chez les investisseurs américains. Une annonce faite pour contenter ses soutiens pro-embargo . L’amélioration des relations entre les États-Unis et Cuba pourrait se transformer en statu quo si l’île communiste ne fait pas plus d’effort sur les droits de l’homme. « Notre administration fera tout son possible pour que le peuple cubain puisse enfin commencer son chemin vers la prospérité et la liberté. », avait-il aussi tweeté à la mort de Fidel Castro, le 26 Novembre 2016.
Vicki Huddleston, chargé d’affaires à Cuba sous l’administration Clinton est moins catégorique. Elle déclarait le 30 Novembre à Jon Lee Anderson du « New-Yorker » : « Trump pourrait quand même permettre des accords commerciaux bilatéraux et des investissements financiers de procéder à des investissements car il est pro-business ».

Thibault Sadargues

Léo Parmentier

Alexandre Le Corre

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