Pour 2017, tous derrière Lionel Jospin ?

 Alors que la gauche modérée semble n’avoir jamais été aussi divisée, un consensus semble se mettre en place autour de la figure de Lionel Jospin. Pourquoi l’ancien premier ministre est-il donc devenu la grande figure d’autorité de cette gauche plus divisée que jamais ?

A droite, il faut bien entendu être gaulliste si on veut être crédible, de François Fillon à Nicolas Dupont-Aignan, il faut se référencer au général, c’est une obligation. Mais alors qu’on ne trouvait pas de véritable leader idéologique à gauche, c’est désormais chose faite. Pourquoi celui qui s’est retiré de la vie politique le 21 avril 2002 est-il maintenant l’unique point de convergence des « gauches irréconciliables » ?

Tous des enfants de Jospin ? 

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Lionel Jospin et son responsable de communication Manuel Valls en 1999

Tout d’abord, les dates coïncident parfaitement. Son long parcours à Matignon de 1997 à 2002 lui a permis de s’entourer de nombreux jeunes loups du Parti socialiste. Ainsi, on peut citer par exemple Manuel Valls qui était son responsable de communication ou Benoit Hamon, président des MJS (Mouvements des Jeunes Socialistes) et qui était donc très proche du candidat Jospin en 1995. Vincent Peillon, quant à lui, est une des plumes du chef du PS et l’un des acteurs majeurs de la campagne victorieuse des législatives en 1997. Seul Arnaud Montebourg se trouve en dehors de ce « jospinisme »  ambiant. Il était historiquement plus proche de Laurent Fabius, cependant il est maintenant parfaitement rentré dans ce consensus en déclarant par exemple lors du meeting de Dijon : « François Mitterrand a fait l’union de la gauche, Lionel Jospin a fait la gauche plurielle. Je ferai l’union des gauches ».

Comment se manifeste cet héritage ?

Voir cet héritage au-delà des discours est compliqué. La situation de la gauche a bien évidemment changé depuis 20 ans. Mais la volonté est claire, vouloir rassembler les gauches « irréconciliables » même si Manuel Valls premier ministre avait jugé la tâche impossible, le Manuel Valls candidat s’attèle finalement à cette tâche. Si le social libéralisme semble rassembler la majorité des candidats de cette primaire, le gagnant devra unir au-delà du nouveau fondement de la gauche.

Un rassemblement compliqué et surtout risqué.

Les inquiétudes du principal intéressé ne semblent pas infondées. Le PS et, plus généralement la gauche modérée, semble être dans un tourment inédit. Le mandat de François Hollande a perturbé les militants de l’aile gauche du PS. Pendant ce temps-là, la droite semble se radicaliser avec la victoire de François Fillon à la primaire de la droite et du centre face à Alain Juppé, au programme plus modéré. Et, bien sûr, le FN qui semble être aux portes du pouvoir présidentiel. Manuel Valls semble être le favori pour cette primaire, s’il l’emporte, les électeurs de la gauche de la gauche devront donc se tourner vers d’autres candidats comme Jean-Luc Mélenchon. Le risque est donc que cet héritage se poursuive jusqu’à imiter le 21 avril 2002, et que l’éclatement de la gauche permette la présence de l’extrême droite au second tour.

Lucas Beulin

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