Entre crainte, évanouissement et fierté, j’ai donné mon sang

L’Etablissement Français du Sang alertait, mardi 3 janvier, sur le manque de dons en région PACA. L’occasion pour moi, étudiante en journalisme à l’IUT de Cannes, de montrer l’exemple en donnant mon sang… non sans une certaine appréhension.

Donner son sang. À vrai dire j’y avais déjà pensé, mais je ne me sentais pas prête. Ma principale barrière, la phobie des aiguilles… Petite, j’étais tombée dans les pommes en voyant une infirmière faire une piqûre à ma mère… Bref, poussée (presque de force) par mon professeur, c’est à l’Etablissement Français du Sang de Cannes que j’ai décidé de franchir le pas pour la toute première fois. Tout commence à l’accueil. On me demande de remplir un formulaire. Quarante-cinq questions, je me dis que c’est long et que je ne saurais peut-être pas répondre à tout. Je ne me souviens plus de quand j’ai été vaccinée la dernière fois, ni pour quoi. Au final, c’est simple et rapide, quelques minutes. Viennent ensuite les questions plus intimes, liées à la sexualité et à la prise de stupéfiants et de produits dopants. Je dois y répondre le plus honnêtement possible pour ne pas mettre en danger ceux qui recevront mon sang.

Une fois mon questionnaire complété, un médecin m’invite à rentrer dans son bureau. Je dois m’entretenir avec elle. Elle regarde le document que je viens de remplir, me repose les mêmes questions pour s’assurer de la véracité de mes réponses. Je suis assez surprise, je m’attendais à ce qu’elle me pose plus de questions sur ma vie privée. Après quelques minutes, elle prend ma tension. Sans surprise, tout semble bon. Je ne serai pas recalée. Je réponds à toutes les conditions pour donner mon sang.

Le médecin m’accompagne jusque-là salle de prélèvements. L’ambiance est détendue. On ne peut pas dire que les donneurs se pressent, ils ne sont que deux dans la salle pour donner leur plasma. On me demande à plusieurs reprises si j’ai bien mangé avant de venir. C’est le cas, mais les infirmières me proposent tout de même avant le prélèvement de boire une boisson de mon choix : Coca-Cola, jus d’orange… Pour moi, ce sera jus de pomme. J’ai chaud, je commence à stresser un peu. J’ai peur que ça fasse mal, qu’à la vue de l’aiguille je tombe dans les pommes comme cela m’est déjà arrivé. Et puis à un moment, j’arrête de penser à mes craintes et je me dis que ça peut sauver des vies. Je commence à m’allonger. L’infirmière me pique le bout du doigt pour calculer mon taux en fer. Feu vert, tout est bon. Le prélèvement peut commencer.

Elle sort les poches de sang vides, fait un garrot, cherche ma veine et met de la Bétadine sur ma peau. Pour être honnête, je commence à ne pas me sentir très bien, car je sais que le moment de la piqûre approche. Je demande à l’infirmière si ça fait mal, elle me répond avec le sourire « Vous avez déjà fait une prise de sang ? C’est un peu la même chose ». J’arrête d’y penser, je lui fais confiance. Je détourne le regard. Je sens l’infirmière me piquer, mais tout se passe bien. Je vois mon sang couler jusque la poche. C’est assez impressionnant de voir à quelle vitesse ça va. En cinq minutes, on me prélève 450 ml de sang, soit environ la moitié d’une bouteille d’eau, et c’est fini.

« Avec cette poche, on va séparer le sang, le plasma et les plaquettes. Cela peut sauver trois vies », m’explique l’infirmière. Comme c’est la première fois, elle me dit de me reposer et de me lever progressivement. Je m’assois, mais je ne me sens pas très bien. J’ai des nausées, la tête qui tourne. Je commence un malaise vagal. Elle me fait m’allonger, me donne un chocolat chaud et ça va mieux. Après 15 minutes, je me lève et direction la salle de collation. On me donne encore de quoi boire et surtout à manger.

Les personnes qui donnent uniquement leur plasma sont toujours dans la salle de prélèvement. Pour eux, ce sera plus long, environ 40 minutes. Quant à moi, je sors, fière de ce don et fière d’avoir dépassé ma peur des aiguilles. Au total cette année, je pourrais donner quatre fois mon sang, donc contribuer à sauver 12 vies. Prochain rendez-vous, le 1er mars.

Laure Le Fur

Cassandra Rolland

Thomas Woloch

 

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