Isola 2000 et Auron largement financés par les contribuables des Alpes-Maritimes

Dans un rapport rendu public vendredi 6 janvier, la Chambre régionale des comptes souligne que la métropole Nice-Côte d’Azur et le département des Alpes-Maritimes contribuent de manière excessive au financement d’Isola 2000 et d’Auron.

La Chambre régionale des comptes, dans une analyse de la situation financière d’Isola 2000 et d’Auron publiée en janvier 2017, met en évidence la dépendance de ces stations de ski aux collectivités locales. La moitié de leurs revenus provient de la métropole et du département des Alpes-Maritimes. Autrement dit, les contribuables payent pour les investissements enregistrés. Le syndicat mixte des stations du Mercantour (SMSM) est plus particulièrement visé. Depuis 2001, il assure la gestion des remontées mécaniques de ces deux stations. Néanmoins, son budget est en déficit depuis plusieurs années et les collectivités territoriales se chargent de le combler systématiquement.

L’emploi comme justification des dépenses

Christian Estrosi, président de la région PACA, se défend. Il explique, dans une réponse au rapport de la Chambre, que « l’intervention des collectivités n’est pas ‘’un système de perfusion financière visant à combler des déficits’’ mais résulte d’une réelle politique d‘investissements dans les stations de sport d’hiver, poumons économiques du haut pays niçois. » Selon lui, les stations attirent de nombreux touristes et génèrent une importante création d’emplois saisonniers. Ainsi, ce sont 2000 emplois qui sont directement concernés par les stations du Mercantour.

Les statuts juridiques du SMSM stipulent que les collectivités locales paieront tous les déficits du syndicat. Cependant, le rapport de la Chambre régionale des comptes précise que « les stations de ski ne sont pas autorisées à recevoir de manière récurrente des aides publiques. ». En cas de succession de mauvaises saisons pour les deux stations, la collectivité devra transférer encore plus d’argent vers le syndicat. Le contribuable en paiera ainsi les frais. De plus, si la métropole et le département décident de ne plus subventionner le syndicat, les situations financières des deux stations pourraient être fragilisées.

 

Elise PONTOIZEAU

Nicolas PINEAU

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