Les jeunes et le don du sang

Ce 9 janvier 2017, l’Etablissement français du sang a lancé une nouvelle campagne d’urgence principalement à destination de la jeune génération, qui est peu présente lors des collectes de don du sang.

Inquiets, mal informés ou simplement désintéressés, les jeunes en France donnent moins leur sang que le reste de la population. Cette période hivernale, marquée par l’épidémie de grippe et les temps de fêtes, est l’un des nombreux facteurs de la baisse des dons de sang. Mais c’est surtout le comportement des jeunes qui est à l’origine de cette situation préoccupante. En décembre 2016, l’objectif de 100 000 dons n’a pas été atteint puisque ce sont seulement 88 000 dons qui ont été recueillis par l’Etablissement français du sang. Dans une période où les besoins sont pressants, le manque de participation de la jeunesse peut interroger.

« Je ne saurais même pas vers où me diriger »

Avec la nouvelle campagne de sensibilisation de 2017, l’EFS souhaite avant tout viser une cible en particulier : les jeunes. Car ces derniers sont plus réticents à donner leur sang que les plus de 45 ans. Que ce soit le manque de temps, les angoisses ou la mal information, les raisons de cette réserve sont nombreuses, observe l’organisation. Guilhem, 25 ans, explique son refus par une hostilité envers les piqûres : « Je ne les aime pas trop, et tout ce qui est pompage de sang, je n’en ai pas l’habitude. J’ai peur de m’évanouir ». Quant à Loubna, 18 ans, elle avance un souci d’information et de communication : « Je ne trouve pas spécialement qu’on soit bien informé, je ne saurais même pas vers où me diriger ». Ce sentiment de ne pas en savoir assez peut être un frein pour inverser la tendance.

Une cible primordiale

Les jeunes sont pourtant une catégorie de donneurs non négligeable. Avec l’instauration de la limite d’âge à 70 ans pour les volontaires, l’EFS perd près de 170 000 donneurs réguliers par année. C’est pourquoi l’établissement compte plus que jamais sur les jeunes pour se mobiliser. Et ne désespère pas en leur capacité à s’engager, comme ce fut le cas après les attentats de Paris et de Nice. Les centres de collecte s’étaient alors retrouvés débordés suite à l’afflux de volontaires. L’objectif serait alors de pérenniser ce geste citoyen fait dans l’émotion, en incitant les jeunes à donner leur sang régulièrement. L’EFS rappelle ainsi que le don du sang est toujours utile, et pas seulement dans les moments les plus dramatiques. Pour encourager les jeunes à donner leur sang, l’organisation conseille de se renseigner sur les points de collecte à proximité, et de ne pas hésiter à venir accompagné.

« Il faut essayer de dominer ses craintes pour les autres »

Néanmoins, il serait de mauvais ton de généraliser et de dépeindre la jeunesse comme totalement hostile au don du sang. Marion, étudiante infirmière de 19 ans, découragée par une première expérience qui s’est mal passée, maintient : « donner du sang ne va pas me tuer, mais cela peut sauver la vie d’un patient qui, lui, peut en mourir ». Victoria, 20 ans, affirme : « pour moi c’est le genre d’acte qui peut sauver une vie et qui te prend au plus 30 minutes de ton temps ». Elle ajoute : « c’est tellement facile, alors pourquoi ne pas le donner si ça peut aider ? ». Quant à Laurie, 18 ans, elle a déjà donné trois fois son sang « pour aider des gens qui ont en besoin, malgré une peur phobique des aiguilles ». Pour elle, « il faut essayer de dominer ses craintes pour les autres ».

Malgré une prise de conscience réelle et un investissement d’une partie de la jeunesse, le manque de participation est un défi à révéler. Cependant, cette carence de dons n’est pas due à un quelconque égoïsme, mais est finalement surtout la conséquence d’un ensemble d’appréhensions et de manque d’information.

                                                                                                              Roberto Garçon

Annabelle Georges

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