[FIPA 2017] Canal Plus à la recherche de l’or perdu avec Guyane

Guyane, c’est la nouvelle série de Canal Plus. En lice pour le FIPA d’or de la meilleure série, elle a été présentée mercredi, en présence de sa productrice Bénédicte Lesage et de l’acteur Olivier Rabourdin. Présentation.

Le coeur de la forêt amazonienne guyanaise. Des chercheurs d’or. Des armes, forcément, du danger, permanent. Ne vous y trompez pas. Il ne s’agit pas d’un documentaire mais plutôt de l’intrigue de la nouvelle série made in Canal Plus, Guyane. La fiction, produite par Bénédicte Lesage et Ariel Askénazi, est depuis lundi 23 janvier, diffusée sur la chaine cryptée.

Vincent Ogier, 23 ans, est envoyé de force en stage à Cayenor, une entreprise qui extrait de l’or dans le département français sud-américain. Le jeune homme entre alors dans le monde de la recherche du métal doré, un monde dangereux où les magouilles sont communes, où les balles pleuvent et où un geste peut tout changer. Désireux de montrer sa valeur, Vincent, le gamin comme les autres l’appellent, va entrer dans le trafic. 

Guyane, un nouveau virage

Avec Guyane, Canal Plus marque un beau coup dans l’univers de la fiction. Spécialité de la chaine, la série création prend un nouveau virage, celui de l’aventure exotique. Sorte d’Indiana Jones des temps modernes, le réalisateur Kim Chapiron s’attaque à un nouveau paradigme. Avec cette série, pas de politique ou d’enquête policière avec intrigue riche et enquête poussée (thème des dernières séries Canal, Baron Noir et Jour Polaire), ni même de religion (The Young pope) mais un objectif réduit à sa plus simple expression, une obsession : la recherche de l’or.

C’est bien là, la réussite de Guyane. Le téléspectateur est embarqué dans une intrigue étouffante, se retrouve dans une forêt amazonienne, splendidement filmée et mise en avant, pour une intrigue haletante. Le côté aventurier domine et trouver le filon tant recherché impulse le rythme de l’histoire.

Guyane, c’est aussi le symbole d’une volonté de repartir de l’avant pour Canal Plus. La chaine cryptée part elle aussi à la recherche de son or personnel, de sa Sarah Bernhart (nom de la mine légendaire de la série). Devant les difficultés du moment, les séries françaises à fort potentiel d’exportation semblent être les dernières cartes sur lesquelles Canal puisse compter pour dominer le ‘’jeu’’ télévisuel. Et Guyane devrait permettre d’assoir encore pour quelque temps son leadership. Le casting aide : Mathieu Spinosi, découvert dans Neuilly sa mère il y a moins d’une dizaine d’années joue parfaitement le jeune Vincent, à moitié naïf mais plein de ressource. La palme revient surtout à Olivier Rabourdin, alias Antoine Serra. L’acteur français tourne à mi-voix, avec une froideur étouffante, laissant deviner une violence enfouie au plus profond de lui. Mais la découverte vient évidemment du casting dans son intégralité. Composé à 75% de guyanais, il permet de faire émerger de jeunes talents, parfaits de sincérité et de réalisme.

Guyane, qui devrait logiquement avoir une deuxième saison, séduit son monde sans grande difficulté. Non en raison de la complexité de son scénario mais surtout grâce aux plans tournés par Kim Chapiron et aux personnages parfaitement bien imaginés par le réalisateur et interprétés par un casting sans fausse note.

Antoine Medeiros

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