[FIPA 2017] « Enfants du terril »

Ciel bas et briques rouges des maisons délabrées à Lens, dans le Nord de la France. A travers l’itinéraire de Loïc 15 ans et son frère Théo, 10 ans, Frédéric  Brunnquell dépeint  les difficultés d’être un enfant pauvre à l’ère post-industrielle.

« Pâtes, frites, pâtes et encore frites ». Assis sur une parcelle de verdure de la cité minière du « 12-14 » à Lens, le jeune Théo égrène son quotidien, sans frustration. Fripon, il vit avec sa mère et son grand frère Loïc. Mal dans sa peau, rejeté par ses camarades de collège et élève décrocheur Loïc vient d’avouer son homosexualité  à sa mère, Patricia. Une femme forte, sans emploi, qui maintient la cohésion familiale en choyant ses enfants dans un environnement que l’aîné n’a qu’une envie : Fuir.

Grand reporter pendant 12 ans chez CAPA, Fréderic Brunnquell a un pêché mignon : les documentaires à dimension sociale. « Enfants du terril » n’y déroge pas. « On choisit pas ses parents, on choisit pas sa famille, être né quelque part…», chantait Maxime Le Forestier. En filmant les envies d’ailleurs de Loïc dans un territoire au bord de l’épuisement, le réalisateur montre une certaine réalité en France : celle des 250 000 enfants vivants dans une situation de grande pauvreté.

Pour retrouver confiance en lui, le jeune homme devra choisir : devenir coiffeur, vendeur ou prendre un nouveau départ. Se focaliser sur cet adolescent à la personnalité complexe pourrait sembler restrictif pour parler de la pauvreté infantile. Mais l’histoire ne laisse pas insensible et pose une question en forme d’allégorie : comment se projeter dans l’avenir quand on a des terrils à la place des montagnes et le ciel pour seul horizon ?

                                                                                                                              Alexandre Le Corre

 

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