Le mercato hivernal pour se racheter

Le mercato hivernal n’est pas sans intérêt. Au mois de janvier, le marché des transferts s’active. Ce qu’on appelle plus communément mercato (marché en italien, ndlr) permet le passage d’un joueur d’un club à un autre. Relativement sous-médiatisé, il est parfois mis de côté par certains clubs, mais reste un moment important dans une saison.

Le mercato hivernal est une question d’opportunité. « Il permet de réajuster un effectif » déclare Sébastien Roques, entraîneur français passé par l’étranger. « Lorsque l’on a des blessés, des suspendus, ou des départs pour les sélections, il permet d’étoffer le groupe », continue-t-il. De même pour Yves Mérens, du site OM.net. Pour lui, « le mercato hivernal peut corriger d’éventuelles erreurs du recrutement précédent ». Nicolas Vandelli, footballeur professionnel évoluant en Asie, estime pour sa part que « le marché hivernal est un bon moyen de renforcer une équipe ».

Un engouement oriental

Avec l’arrivée des clubs riches de Chine ou d’Inde – qui débutent tout juste leur saison – sur le marché, c’est tout le système du mercato qui évolue. « Si l’on vend un joueur 60 millions d’euros à la Chine, nous bénéficierons d’une manne financière imprévue » souligne Sébastien Roques. « Cela nous poussera donc peut-être à investir davantage pour combler les besoins » continue-t-il. Selon l’agent de joueurs Christophe Hutteau, la Chine représente un marché de 1,5 milliard d’habitants. Une puissance gigantesque et faramineuse, donc. Pourtant, ce bouleversement ne date pas d’hier. « En 2010, Nicolas Anelka et Didier Drogba étaient déjà partis jouer en Chine » rappelle Nicolas Vandelli, actuellement en Thaïlande. Mais lors de ce mercato, on a observé un réel bouleversement avec l’achat de joueurs plus expérimentés pour des sommes astronomiques, comme les Brésiliens Oscar et Hulk qui ont signé au Shanghai SIPG, respectivement pour 70 et 55,8 millions d’euros.

Hulk a rejoint le Shanghai SIPG pour 55,8 millions d’euros (Crédit photo : Reuters)

Hulk a rejoint le Shanghai SIPG pour 55,8 millions d’euros (Crédit photo : Reuters)

L’engouement pour la période hivernale des transferts peut aussi dépendre de l’identité des acteurs. Le mouvement d’un grand joueur aura le même impact en hiver qu’en été. Preuve en est, le transfert de Julian Draxler, signant au Paris Saint-Germain en provenance du VfL Wolfsburg pour 42 millions d’euros, en janvier 2017, ou encore le transfert de Dimitri Payet à l’Olympique de Marseille pour 30 millions d’euros.

Julian Draxler, la recrue hivernale du Paris-Saint-Germain (crédits photo : AFP)

Julian Draxler, la recrue hivernale du Paris-Saint-Germain (crédits photo : AFP)

« Les budgets sont fixés en début de saison »

Si certains entraîneurs peuvent se servir de ce mercato pour consolider une équipe défaillante depuis le début de saison, d’autres tempèrent. Sébastien Roques, lui, souligne que « les joueurs concernés par le mercato hivernal sont très souvent en échec et en manque de temps de jeu dans leur club ». Lors de leur transfert, les joueurs peuvent s’adapter à un nouvel environnement, à un projet de jeu, et à l’identité de leur nouvelle équipe.

Les sommes investies en hiver n’atteignent pas les sommets du mercato estival. « Les budgets sont fixés en début de saison. Les clubs préfèrent investir l’été, bien qu’observant une augmentation des dépenses l’hiver » affirme Jean-Pierre Rivais, ancien grand reporter au journal L’Equipe. « Les clubs gardent en général une enveloppe de 10 à 20 % de leur budget transfert pour le mercato d’hiver, ce qui est encore minime comparé au mercato d’été » assure Sébastien Roques, ils « préfèrent observer tout au long de l’année et réaliser les transactions l’été ». C’est pourquoi la majorité des transactions hivernales s’effectuent encore sous forme de prêt – il s’agit de l’autorisation pour un joueur particulier sous contrat avec un club, de jouer temporairement pour un autre club.

Romain Hugues

Loris Biondi

Hugo Girard

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