La Grèce, de nouveau proche du dérapage financier ?

La situation économique de la Grèce inquiète le Fonds Monétaire International (FMI). La dette toujours plus élevée pesant sur le pays d’Alexis Tsipras rappelle les heures sombres de 2015, date à laquelle le « Grexit » avait agité toute la zone euro.

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Drapeau grec et drapeau de l’Union Européenne flottant devant le temple antique du Parthénon à Athènes (Crédits: Aris Messinis / AFP)

La situation économique et monétaire de la Grèce ne s’arrange pas. Le Fonds Monétaire International (FMI), jugeant la dette grecque « insoutenable », veut se retirer du troisième plan d’aide accordé à la Grèce et fixé pour l’année 2017. Les règles sont claires, le FMI ne peut accorder un prêt à un Etat que s’il juge sa dette soutenable. Il réclame des engagements très fermes d’Alexis Tsipras et appelle la zone euro à proposer des mesures d’allègement de dette « plus crédibles ».

Des prévisions pessimistes du FMI

Le FMI et l’Union Européenne peinent à trouver un accord pour financer la Grèce. L’institution dirigée par Christine Lagarde estime que la dette grecque deviendra « explosive » d’ici 2030. Elle ne souhaite pas, dans ces conditions, participer au plan de renflouement de la Grèce. Le FMI réclame un allègement de la dette, ce qui ne fait pas consensus au sein des pays membres de l’Union Européenne (UE). Certains représentants des Etats membres de l’UE estiment « qu’un allègement de dette supplémentaire pourrait être requis pour rétablir la viabilité de la dette ». L’Allemagne refuse cette option et nie tout diagnostic catastrophique sur les finances publiques du pays.
Le FMI appelle Athènes à renforcer les mesures d’austérité ce que refuse le premier ministre Alexis Tsipras. « Il est absolument hors de question de prendre des mesures d’austérité supplémentaires qui iraient au-delà de ce sur quoi nous nous sommes mis d’accord avec les créanciers. Nous n’ajouterons pas seul un euro de plus dans l’austérité ! ». Les membres du conseil d’administration du FMI ont reconnu le « lourd prix » payé par la population grecque causée par des années d’austérité imposées depuis 2010.

Un air de déjà-vu

La Grèce a déjà connu une situation similaire. En 2015, les ministres de la zone euro ne parviennent pas à trouver un accord capable de sauver la Grèce de la faillite. L’Eurogroup demande des mesures d’austérité, Alexis Tsipras n’en veut pas. La Grèce se retrouve alors en « défaut de paiement » ne pouvant plus rembourser ses dettes, les banques doivent fermer. S’ensuit un référendum. Le peuple grec refusant le nouveau plan d’austérité de la zone euro, l’idée d’un « Grexit » se renforce. Le 15 juillet 2015, la zone euro et la Grèce trouvent finalement un terrain d’entente. 86 milliards d’euros, étalés sur 3 ans jusqu’en 2018, sont accordés à Athènes par l’Union Européenne et le FMI en échange de mesures d’austérité, Alexis Tsipras admettant avoir signé un accord « sans y croire » pour éviter un « Grexit ».

Une course contre la montre

La Grèce doit rembourser plus de 7 milliards d’euros avant l’été 2017. Sans la participation du FMI dans le financement de la Grèce comme le prévoit l’accord de 2015, le remboursement de la dette grecque s’annonce difficile, voire impossible. Il ne reste plus qu’un mois pour aboutir à une sortie de crise. Passé ce délai, la France, l’Allemagne et les Pays-Bas entreront en campagne électorale, ce qui compromettra toute prise de décision concernant la situation économique de la Grèce. Le pays pourrait alors se retrouver en « défaut de paiement » faisant à nouveau planer le spectre d’un « Grexit ».

Marvin Guglielminetti

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