En Géorgie, la population se soulève pour l’indépendance d’une chaîne TV d’opposition  

Des milliers de Géorgiens ont manifesté ce 19 février à Tbilissi contre le gouvernement, accusé de vouloir prendre le contrôle d’une chaîne de télévision de l’opposition, Rustavi 2.

La liberté des médias semble acquise dans de nombreux pays, mais en Géorgie les journalistes se battent encore pour leur indépendance. Ce 19 février, des milliers de personnes défilaient le long du principal axe de Tbilissi, l’avenue Roustavelli, en protestation contre le gouvernement, accusé de vouloir prendre le contrôle d’une chaîne de télévision de l’opposition. Selon un journaliste de l’AFP, l’une des présentatrices de la chaîne Rustavi 2, Diana Jojoua, a déclaré devant tous les manifestants : « nous ne laisserons pas le gouvernement restreindre la liberté des médias dans ce pays ». 

Rustavi 2 sous Kibar Khalvashi

Rustavi 2, chaîne la plus populaire du pays, a cessé d’émettre le week-end dernier, entre samedi et dimanche jusqu’à 11h, en signe de protestation. Les Géorgiens ont pointé du doigt le gouvernement, l’accusant de chercher à prendre le contrôle de la chaîne à travers l’ancien propriétaire Kibar Khalvashi. Ce dernier est un homme d’affaires réputé pour être proche du pouvoir. En 2015, Kibar Khalvashi avait saisi la justice en clamant avoir vendu la chaîne Rustavi 2 sous la pression du gouvernement précédent, dix ans plus tôt. La justice géorgienne avait rendu son verdict en faveur de Kibar Khalvashi et ordonné que la chaîne lui soit restituée.

Selon l’AFP, l’actuel président géorgien Guiorgui Margvelachvili a assuré, via son porte-parole, son « soutien à tous les médias et notamment à Rustavi 2 qui a été de nombreuses fois menacée ». Malgré ces déclarations, l’opposition dénonce une tentative de pression du gouvernement.

De nombreuses associations géorgiennes dédiées à la protection des droits civiques se sont exprimés dans un communiqué commun. Elles affirment que les verdicts en faveur de M.Khalvashi sont « illégaux » et « sapent fondamentalement la liberté des médias ».

En 2003, Rustavi 2 avait joué un rôle important lors de la révolution de la Rose qui avait conduit au pouvoir l’ex-président Mikheïl Saakachvili. Depuis cette période, la chaîne a souvent fait l’objet de critiques pour sa couverture favorable au parti de M. Saakachvili, remplacé après les élections législatives de 2012 par son ennemi juré, Bidzina Ivanichvili, dont la coalition est depuis en tête du pouvoir.

Hafça El Moussaoui

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