Le Dalaï Lama-dérange les étudiants chinois en Californie

De passage en Californie, le Dalaï-Lama a fait du bruit. Depuis le début de son exil, le chef spirituel tibétain parcourt le monde pour prêcher la paix. Invité à la remise de diplômes de l’Université de Californie San Diego (UCSD), il a provoqué la fureur des étudiants chinois.

Fort de sa notoriété quasi-universelle, « His Holiness the 14th Dalai Lama » parcourt le monde depuis son exil du Tibet en 1959. Ses objectifs : diffuser la foi bouddhiste et apporter un message d’entente entre les peuples, fondement même de sa spiritualité.

Fréquemment invité à des évènements de toutes sortes, l’université de Californie San Diego (UCSD) a mandaté les services du Dalaï-Lama pour la remise des diplômes de fin d’année. Cette invitation a soulevé l’indignation de certains étudiants chinois qui se sont exprimés à travers plusieurs de leurs associations.

Le Dalai Lama et la Chine

Persécuté par les hautes instances chinoises depuis son exil forcé, neuf ans après l’intervention militaire chinoise au Tibet, le Dalaï-Lama est aujourd’hui décrié par la Chine. Il est notamment qualifié de trouble-fête voire de criminel pour les Chinois les plus virulents. Depuis 1959 et le départ du Dalaï-Lama ainsi que de ses plus proches collaborateurs, l’Etat chinois a toujours cherché à lui causer du tort, allant jusqu’à des tentatives d’assassinats. Les multiples essais de cet ordre ont renforcé l’idée de martyr autour du Dalaï-Lama. Peu à peu, ce genre d’actions discrédite les dirigeants chinois et provoque la désapprobation de l’opinion publique.

Parallèlement à cela, du fait de son essor économique, la Chine fait pression sur les dirigeants des gouvernements qui envisagent de recevoir le chef spirituel tibétain. Ce dernier, créateur du gouvernement tibétain en exil qu’il dirige jusqu’en 2011, n’a eu de cesse de dénoncer les souffrances de son peuple mais également celles des autres peuples persécutés par la Chine et sa soif d’expansion territoriale. Le Dalaï-Lama s’applique également à dénoncer les souffrances subies par les minorités présentes dans les pays où il se rend. Aujourd’hui, la Chine reste le seul pays au monde à présenter le Dalaï-Lama comme un « ennemi ».

Les étudiants mécontents de l’UCSD ne cèdent pas

La Chine conserve l’idée de « chef séparatiste » vis-à-vis du Dalaï-Lama dans ses institutions, et principalement dans l’école. Les jeunes chinois qui protestent aux Etats-Unis contre la venue du chef spirituel tibétain en sont le reflet. « Le Dalaï-lama est non seulement une personnalité religieuse, mais également un exilé politique qui a pendant longtemps cherché à créer la division de la mère patrie et la destruction de l’unité nationale », dénonce dans un communiqué l’association Chinese Students and Scholars Association (CSSA).

Malgré l’abandon de ses fonctions politiques en 2011, Tenzin Gyatso, le 14ème Dalaï-Lama, est toujours considéré comme « un personnage politiquement sensible en Chine », écrit Ruixuan Wang dans le journal universitaire The Guardian.

L’université a annoncé le maintien de l’invitation malgré la présence de parents d’élèves chinois qui feront le déplacement. Certains élèves assurent que cette venue ternira la cérémonie pour leurs parents, et Ruixuan Wang affirme que « l’université montre peu de considération pour le respect culturel ».

Harold Girard

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