Bernard Vial, entre labeur et passion

Entre mimosa et miel, un habitant de Tanneron a dédié sa vie à la nature. Dans sa petite commune bordant la route du mimosa, Bernard Vial se donne corps et âme dans un métier qu’il affectionne particulièrement.

La patience est le mot d’ordre lors les récoltes effectuées par Bernard Vial. Coiffé d’un béret qu’il ne quitte jamais, l’homme de 58 ans est humble, disponible et affiche constamment un sourire. Il explique que le mimosa pousse de novembre à mars, et se cueille délicatement. Armé de son sécateur, le mimosiste et apiculteur est un amoureux du calme et du paysage qui l’entourent. « On est à côté du paradis », se réjouit Bernard Vial décrivant son lieu de travail. Il trouve également la sérénité auprès de ses trois cents ruches. Lavande, acacia, sapin : en tout, il produit cinq miels différents après plusieurs mois de labeur. Ses mains témoignent des nombreuses années d’effort qu’il a traversées. Bernard Vial se veut proche des gens et aime faire découvrir son métier aux acheteurs, visiteurs et écoliers qui viennent sur son domaine. Malgré un cadre idyllique, vivre de sa passion n’est pas toujours facile.

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Bernard Vial produit du miel et du mimosa dans son domaine (Crédits: Xavier Bertrand)

Une réalité qui le dépasse

« Nous arrivons à vivre parce que nous avons plusieurs activités » explique Bernard, qui regrette le temps où ses produits se vendaient mieux. Son père avait une grosse production, aujourd’hui, Bernard ne possède que 5 hectares de mimosa. La concurrence se fait rude, le mimosa n’est plus la seule fleur d’hiver disponible sur le marché. Les produits connaissent des pics de ventes selon les périodes de l’année : le mimosa en février et le miel en août. Le salaire du mimosiste est donc aussi variable que le sont ses ventes. L’artisan se voit en difficulté lorsque, comme l’année dernière, la récolte doit s’effectuer trop tôt dans l’année. L’homme veille à ce que chaque bouquet pèse 200 g, il explique qu’avec l’habitude il n’a même plus besoin de balance. Les prix des bouquets sont environ 3 fois plus chers que ceux des grosses productions. Aujourd’hui, les acheteurs sont des « passionnés » et occasionnellement des particuliers, qui peuvent même passer commande en ligne sur son site. Malgré la baisse des ventes, Bernard Vial vend encore de 500 à 600 bouquets par saison et conserve la joie de vivre, sa marque de fabrique.

« C’est ma thérapie »

La production est une affaire de famille, Bernard Vial fait partie de la quatrième génération à reprendre le domaine. Sa femme Bernadette, son fils et son voisin Jean mettent également la main à la pâte, pour leur plus grand plaisir. Bernard entretient aussi une relation particulière avec Jojo, son tout jeune chien, qu’il emmène partout avec lui. Sa passion pour ce métier prend le pas sur la lassitude et la routine. Le grand-père est toujours en forme et affectionne particulièrement ses plantes. Dans la forcerie, une serre chaude, il veille à ce que la floraison se déroule correctement. Entre confection de bouquets, cueillette et entretien des plantes, le mimosiste est profondément attaché à son environnement : « le mimosa, c’est la douceur d’une grand-mère ». La production et la récolte du mimosa ne seront jamais mécaniques, et c’est ce qui plaît à Bernard : laisser intacte la nature qu’il trouve superbe.

Célia Maciolek
Xavier Bertrand

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