Le Festival International des Jeux, un tremplin pour les éditeurs de jeux de société

Le 24 février 2017, la 31ème édition du Festival International des Jeux (FIJ) ouvrait ses portes au Palais des Festivals de Cannes. L’univers des jeux a eu le temps de briller : 30 000 mètres carrés étaient à la disposition de plus de trois cents exposants afin de faire découvrir leurs derniers projets à plus de 100 000 visiteurs. Le FIJ est surtout l’occasion pour les professionnels des jeux de société de se développer et de se rencontrer.

Dans un domaine en plein expansion, faire connaître son jeu représente un véritable enjeu. Le jeu de société est un secteur dynamique qui connaît une forte évolution ces dernières années. Neuf cents jeux de société sortent chaque année. Ainsi, se faire sa place et trouver un éditeur prêt à accompagner son projet est un travail long à mener. Le Festival International des Jeux tente de répondre à cette ambition, à travers ses speed-dating entre éditeurs et créateurs, et également dans des nuits « Off » qui permettaient des rencontres informelles autour de jeux en gestation.

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Une bande d’amis autour d’un jeu de conquête lors du FIJ (Crédits: Roberto Garçon)

Le Festival International des Jeux est l’endroit idéal pour perpétuer la tradition du jeu de société, vieille de plus de 5000 ans. « Grâce à cet événement, on a le retour de joueurs à qui on propose de tester nos jeux. Cela nous permet d’améliorer les petites mécaniques qui restent encore à perfectionner » déclare l’un des créateurs et éditeurs du jeu Orcquest, Thomas Maufroid. « On leur propose également des prototypes quasiment terminés pour avoir leur avis » ajoute-t-il.

Des associations sont présentes pour transmettre leur passion pour les jeux de société. « Jouer, c’est notre maître-mot » affirme Frédéric Auvert, chargé de communication pour Troll de jeux. « Le but premier ce n’est pas d’avoir plus d’adhérents, c’est surtout de partager, d’échanger avec les gens, on dort trois heures par jour, notre temps est consacré aux autres ». Créer son jeu, c’est également possible. Ferriot Eric, une entreprise française de fabrication et d’édition de jeux, propose ses services aux plus créatifs : « on rencontre des auteurs avec leurs projets en tête, on fixe un cahier des charges avec tous leurs besoins pour établir ensemble ce qui est possible ou pas pour la production » indique Annabelle Desprez, responsable de projets. Le succès est au rendez-vous : « le festival nous a permis de rencontrer des personnes qui sont maintenant nos clients » ajoute-t-elle.

Les visiteurs sont séduits par les jeux proposés, nombreux sont ceux qui repartent les bras chargés. « Tous les ans, je viens pour tester les différents jeux et à chaque fois je succombe, j’en ai acheté quatre » témoigne Michel. « C’est très alléchant, les animateurs savent s’y prendre pour nous inciter à consommer. J’ai dépensé presque cent euros aujourd’hui et je reviendrai demain » déclare Alexandra. En 2016, 92% des visiteurs ont consacré un budget moyen de soixante-huit euros pour faire des achats, selon les organisateurs.

L’opportunité des As d’Or

A la manière du Festival de Cannes, le FIJ a sa propre cérémonie depuis 1998 pour récompenser les meilleurs jeux. Cette année, les As d’or ont couronné trois nouveautés : des escapes rooms concentrés dans une boîte de jeu… C’est le concept du jeu Unlock ! qui a remporté le prix « tout public ». Pour Vincent Goyat, chargé de communication chez Space Cowboys (éditeur du lauréat), remporter l’As d’or est un tremplin : « ça va nous permettre, bien évidemment, de gagner en visibilité. Le marché étant dense, on va pouvoir tirer notre épingle du jeu grâce à ce prix. Les As d’or donnent vraiment un gros coup de projecteur ».

Pour les acheteurs, cette compétition aide à y voir plus clair parmi les mille jeux qui sortent chaque année. « il y a tellement de jeux que je ne sais plus où donner de la tête, les As d’or offrent un vrai gage de qualité, je suis tenté d’acheter Unlock ! » confie Cyril, joueur passionné.

Les jeux pour les plus petits sont aussi récompensés. Des baguettes en guise de branchages et des œufs à faire tenir en équilibre… C’est le principe de Kikou le coucou qui a remporté le prix « enfant ». Pour les plus expérimentés, c’est le jeu Scythe qui a été récompensé du prix « expert ». Combat, commerce et diplomatie… en 1920, ce jeu mêle stratégie… et patience ! Comptez en moyenne deux heures pour terminer une partie.

 

Roberto Garçon

Marvin Guglielminetti

Quentin Corcelle

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