« On avait pour fond sonore des cris et des coups de feu »

Une fusillade a éclaté dans le lycée Tocqueville à Grasse ce jeudi. Qui est l’auteur présumé des tirs ? Comment se sont déroulés les faits ? Buzzles s’est rendu sur place pour répondre à ces interrogations. 

Jeudi 16 mars, aux alentours de 13h, des coups de feu ont retenti dans le lycée Alexis de Tocqueville à Grasse. L’assaillant présumé est un élève de 17 ans en première littéraire. Il a tiré sur le proviseur à l’aide d’un fusil à pompe. Les lycéens, pris de panique, se sont cachés en attendant l’arrivée des policiers. Ils ont ensuite été pris en charge par les forces de l’ordre, après une longue attente .Najat Vallaud-Belkacem, la ministre de l’Éducation nationale, s’est rendue sur place dans la journée. Selon elle, quatre personnes ont été blessées directement par l’auteur présumé des coups de feu, dont le proviseur du lycée qui a tenté de s’interposer et de le raisonner. Si les victimes sont hors de danger – aucun pronostic vital n’étant engagé-, la ministre reconnaît que « l’on est passé à côté du pire ». L’assaillant a été rapidement interpellé. Les policiers ont trouvé sur lui, en plus du fusil à pompe, d’une grenade ainsi que d’armes de poing. D’après ses réseaux sociaux, le lycéen semblait être fasciné par les tueries de masse, notamment celle du lycée de Columbine, en 1999, aux Etats-Unis. Même si le dispositif « Alerte attentat » a été déclenché, l’adolescent semble avoir agi seul. La procureure de la République de Grasse a d’ailleurs déclaré cette après-midi qu’« aucun lien ne peut être envisagé avec une entreprise terroriste. »

Qui est l’auteur présumé des tirs ? 

Le jeune homme est décrit comme sans histoire, discret et fragile, selon ses camarades. Il a pourtant des passions étranges, comme celle qu’il voue aux armes à feux. Une semaine avant son acte, il avait envoyé des photos de cadavres à ses camarades sur une conversation Facebook. Ce matin, il participait même en cours, les 1ères L ont ensuite eu deux heures de permanence avant de devoir retourner en classe à midi, heure à laquelle le jeune homme ne s’est pas présenté. Son geste serait un règlement de compte « c’est vraiment pas le type de personne qu’on soupçonnerait capable de commettre un tel acte » déclare Maeline en Terminal S. Elle le décrit comme un petit blond, qui ne fait pas son âge. Selon les différents témoignages, le garçon n’était pas déterminé à tuer n’importe qui mais chercher ses proies, il interrogeait les lycéens et prenait le temps de regarder si ses futures victimes se trouvaient dans les parages. « Barrez-vous » ou « Paniquez-pas, je ne vais pas tirer » sont les seules paroles qu’il aurait adressé aux élèves qu’il croisait sur sa route. Il est rentré dans plusieurs classes en ayant précisément en tête les personnes qu’il voulait tuer. « S’il voulait vraiment tuer, il aurait tiré dans la masse, je pense » explique une de ses camarades.

« On avait pour fond sonore des cris et des coups de feu »

Quant aux élèves ayant vécu le drame, ils se disent tous choqués : « On se demande comment cela peut nous arriver à nous. On se dit que Grasse est une petite ville et que nous sommes protégés de ce genre de choses. Mais non… » témoigne Céline, étudiante en BTS à Tocqueville. Ils ont cru d’abord à une blague ou à un pétard, mais c’était bien des coups de feu qui ont fait sursauté l’ensemble des personnes présentes dans le bâtiment. «  Je vois encore le sang sur les murs » confie une lycéenne. Grâce au plan Vigipirate, les élèves avaient déjà effectué une simulation et étaient donc préparés a ce genre d’événement. Dans les classes ou la cantine, ils se protègent de l’assaillant. « On a barricadé la porte avec le lave-vaisselle et attendu pendant 45 minutes. On avait pour fond sonore des cris et des coups de feu. » explique Céline, toujours sous le choc. Certains passent par les fenêtres, d’autres se cachent sous les tables et attendent. Malgré la panique générale, les professeurs essaient de calmer les adolescents et préviennent rapidement les secours. Une entraide se met naturellement en place entre les élèves qui se guident les uns les autres pour éviter le tireur.

Les adolescents ont été pris en charge par les forces de l’ordre qui les ont confinés afin de vérifier leur identité. Il a fallu ensuite interroger chaque personne qui avait vu le tireur, l’établissement sera fermé afin de récupérer les éléments d’enquêtes qui permettront d’en savoir plus sur ses réelles motivations.

Le retour à la normale sera difficile pour les étudiants traumatisés : « J’appréhende énormément de retourner au lycée, mais cependant je ne pense pas parler aux psychologues, je préfère en parler avec mes proches. Mais il y avait déjà des cellules mises en place sur le moment, mais je préfère rentrer chez moi ce soir » a confié Céline.

Loris Biondi

Mathilde Durand

  Roberto Garçon 

Hugo Girard

Parissa Javanshir 

Célia Maciolek

Lucas Philippe

Elise Pontoizeau

 

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