A J-38, une rencontre avec Marine Le Pen sans surprise

Jeudi 16 mars, le journal Var-Matin organisait une rencontre entre ses lecteurs et Marine Le Pen. Nous étions également invités à cette rencontre dans la ville de Six-Fours-les-Plages, et avons pu participer aux échanges avec la candidate du Front National.

Jeudi 16 mars 2017, 10h30 du matin, dans un petit restaurant de Six-Fours-les-Plages. Nous sommes à 38 jours du premier tour de l’élection présidentielle. Autour d’une table, cinq lecteurs de Var-Matin sont là pour poser leurs questions à Marine Le Pen en toute liberté, ou presque. En amont de la rencontre, les questions devaient être envoyées par mail, « il faut éviter les sujets qui fâchent, comme sa mise en examen ». La première question posée par un lecteur concerne sans surprise l’immigration et l’insécurité. Et les réponses sont sans surprises non plus : ré-armer les forces de police, maîtriser nos frontières, engager des policiers, des douaniers…

Puis vient notre tour : « Vous qui répétez en ce moment le terme de guerre civile, n’avez-vous pas peur que ce soit votre élection qui la provoque ? N’avez-vous pas peur de devenir la présidente d’un pays désuni, comme Donald Trump aux Etats-Unis ? » Et la présidente du Front National de répondre : « Non je n’ai pas peur. Quand je vois la multiplication d’agressions en bande organisée à l’égard des forces de l’ordre, quand je vois des pompiers, des policiers tomber dans des guets-apens, c’est là que débute la guerre civile. Si on instaure une véritable autorité nous allons au contraire apaiser le pays, c’est ce que je souhaite. »

S’en suit durant une heure une série de questions-réponses plus qu’une discussion, avec des interrogations et des affirmations des lecteurs de Var Matin allant dans le sens de Marine Le Pen. La parole est contrôlée, on désigne qui parle, et quand. Les réponses sont simplistes, la candidate à l’élection présidentielle enfonce des portes ouvertes.

Dans un petit restaurant autour d’un verre d’eau, Marine Le Pen a répondu aux questions des lecteurs de Var-Matin durant une heure. (Crédit photo : Var Matin)

Un référendum sur l’Europe

Concernant la sortie de l’Europe, Marine Le Pen assure que si elle est élue, et que les électeurs votent non au référendum qu’elle mettra en place, elle respectera leur décision. Et avec le FN au pouvoir, elle annonce que toutes les grandes décisions pour faire ou retirer une loi seront prises par référendum. Elle assure également qu’elle rendra leur pouvoir d’achat aux Français avec une prime mensuelle de 80 euros, qu’elle ne baissera pas les salaires et ne touchera pas à la sécurité sociale. Pour faire des économies, la candidate du Front National souhaite s’attaquer aux « mauvaises dépenses » de l’Etat, comme les escroqueries à la Sécurité sociale ou aux subventions avec des « associations bidons ». Elle prend au passage l’exemple de la famille du jeune Théo, qui aurait selon elle, monté une escroquerie avec une association fantôme et touché 700 000 euros.

Une rencontre avec un ton offensif

Au-delà de l’image de « France apaisée » qu’elle veut renvoyer, Marine Le Pen n’hésite pas à agir dans un registre plus « offensif ». Le discours est musclé envers son rival Emmanuel Macron, qu’elle n’hésite pas à attaquer à plusieurs reprises même si aucune question des lecteurs ne l’évoquait. Elle critique aussi vivement le syndicat de la magistrature qu’elle décrit comme une « atrocité marxiste ». Concernant Benoit Loeuillet, l’élu suspendu pour ses propos négationnistes, la candidate le qualifie de « brebis galeuse » et d’ « imposteur ». Confirmant ainsi la volonté ferme de Marine Le Pen de dédiaboliser de son parti.

L’entrevue touche à sa fin, nous essayons d’aborder le « sujet qui fâche ». « Ne pensez-vous pas avoir fait une erreur de communication en refusant de vous rendre chez les juges ? » demande t-on à la candidate frontiste. « Je respecte l’institution judiciaire mais je veux la séparation des pouvoirs. Je ne veux pas que des magistrats cherchent à influer sur la campagne présidentielle. Je considère que je fais l’objet de persécution politique. Les juges ont attendu pendant trois ans, ils peuvent encore attendre deux mois. Ou cinq ans, c’est le peuple qui le dira. » déclare Marine Le Pen.

La candidate est sûre d’être présente au second tour

On devine que pour la candidate, le premier tour de l’élection présidentielle est déjà joué, et son adversaire sera l’ancien ministre de l’Economie. C’est donc au second tour que Marine Le Pen pense : « Le second tour sera presque un référendum pour ou contre la mondialisation sauvage, et c’est les Français qui choisiront. ».

Elisa Montagnat

Lucas Beulin

 

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