Alimentation : l’étiquetage nutritionnel et ses limites

A partir d’avril 2017, les aliments en vente seront dotés d’une étiquette nutritionnelle : un code couleur pour lutter contre la malbouffe, facile à comprendre, mais dont l’efficacité est contestée. 

Mercredi 15 mars, la ministre de la Santé Marisol Touraine a annoncé que l’étiquetage nutritionnel des aliments entrera en vigueur à partir d’avril 2017. Le système de notation retenu s’appelle Nutri-score, il propose un code couleur, du vert pour un produit sain, au rouge pour un produit contenant beaucoup de sel, de sucre ou de gras. Cet étiquetage nutritionnel a été initialement proposé en 2014 par l’épidémiologiste Serge Hercberg et est préconisé par le Haut Conseil de la santé publique (HCSP). Il a néanmoins fait face à plusieurs difficultés, notamment à cause des industriels qui jugent ce système de notation « stigmatisant ».

Un étiquetage facultatif

L’ONG Foodwatch, qui dénonce les fraudes alimentaires, pense que pour qu’il soit efficace, le système doit s’appliquer à tous les aliments, pour que le consommateur puisse comparer les étiquettes. « Le règlement européen INCO ne permet pas de rendre obligatoire l’étiquetage nutritionnel » explique un membre de l’ONG. Actuellement, seuls les industriels qui le souhaitent peuvent étiqueter leurs produits. « Foodwatch milite pour une révision de l’INCO par les gouvernements ». Certains grands groupes comme Coca-Cola ou Nestlé ont lancé leur propre logo nutritionnel. Au lieu de se référer à une quantité habituelle de 100g ou millilitres, ils se réfèrent à des « portions ». Ce système leur permet, par exemple, de passer certains produits habituellement rouges, à l’orange.

« C’est un étiquetage idéologique »

Pour Réza Khorsand, nutritionniste à Nice, le nouvel étiquetage n’est pas très efficace pour la population en générale. Il estime qu’elle n’a pas assez de connaissance pour juger de la qualité nutritionnelle d’un produit. Par ailleurs, « le nouvel étiquetage est binaire, soit c’est bon, soit c’est mauvais. Mais ça dépend à quoi l’aliment est combiné. En réalité, il faut un équilibre. »

Ce nouvel étiquetage ne fait pas l’unanimité. Les défenseurs de la transparence envers les consommateurs espèrent tout de même qu’il incitera les industriels à reformuler leurs produits.

Elise Pontoizeau

 

 

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