La Coupe Davis, une compétition qui s’essouffle

Sur la terre battue de Rouen, les Français l’ont emporté 3-0 face à une équipe britannique privée de son atout Andy Murray. Un forfait de plus pour une compétition qui perd de plus en plus d’importance pour les joueurs de tennis professionnels. 

A vaincre sans péril, on triomphe sans gloire. Les tennismen français ont facilement gagné leur quart de finale de la Coupe Davis 3-0, contre la Grande-Bretagne. En face, des Britanniques diminués, qui ont dû faire face au forfait de Andy Murray. La victoire a été facile pour la bande de Yannick Noah, qui a elle aussi dû composer sans ses cadors. Le premier Français étant Lucas Pouille, 17ème au classement ATP. Gaël Monfils et Jo Wilfried Tsonga étaient également absents soit pour forfait, soit pour désistement. Mais cela n’a pas empêché les Bleus de l’emporter facilement, en ne concédant qu’un seul set sur les deux journées de compétition.

Une vague de forfaits sur la Coupe Davis

Les cadors du tennis ne jouent plus la Coupe Davis : un seul membre du top 10 Novak Djokovic a disputé les quarts de finale avec son pays, la Serbie. Rafael Nadal, lui, a préféré laisser son pays se débrouiller seul, pour mieux préparer la saison sur terre battue qui l’attend avec Le Monte-Carlo Rolex Masters. Ainsi, la Coupe Davis perdrait-elle de sa superbe d’année en année ? Cette année, les tennismen français n’ont pas fait face à beaucoup de difficultés. Lors des huitièmes de finale, ils l’emportaient déjà contre un Japon privé de Kei Nishikori, la pièce maîtresse de cette équipe.

Les joueurs préfèrent privilégier leur carrière personnelle. Comme on l’a vu avec Nadal, qui se repose avant les tournois de Monte-Carlo et de Roland-Garros. Lors du tour dernier, Roger Federer et Stan Wawrinka refusaient eux aussi de jouer le premier tour de la Coupe Davis. Comme excuse, un tour placé 5 jours après la fin de l’Open d’Australie, remporté par le géant suisse Federer.

Cette coupe est en effet en baisse de popularité, car elle ne distribue pas de points ATP, donc elle ne permet pas de gagner beaucoup d’argent. Et c’est ce que les joueurs demandent, comme l’explique Fabrice Santoro à 20 Minutes : « Oui mais « untel est blessé, untel est malade, untel a ceci, cela », c’est se voiler la face. La réalité, c’est que c’est un problème de format, de calendrier, et un problème économique aussi. ». Depuis que Yannick Noah est capitaine de l’équipe, le quatuor de rêve (Tsonga, Monfils, Gasquet, et Pouille) a été réuni seulement une fois. Cette situation énerve le dernier Français vainqueur à Roland-Garros : selon lui les meilleurs joueurs boycottent la compétition car elle n’offre pas de gains financiers.

Une compétition complètement transformée ?

Cette vague de problèmes a forcé l’ITF à prendre des mesures concrètes. Parmi elles, la possibilité de jouer la finale de la Coupe Davis sur terrain neutre afin de débloquer des revenus. Cela ne plaît pas à tout le monde. Gilles Simon se montra particulièrement inquiet lors d’une conférence de presse en novembre dernier : « C’est une mauvaise idée. La force de la Coupe Davis réside dans son ambiance, son atmosphère. ». Au micro de France Info, le capitaine Yannick Noah se montre aussi très critique :

« Un terrain neutre, ça va être où ? Chez le plus offrant ? Je peux vous dire qu’on ne va pas jouer à Yaoundé, ça, c’est sûr. On va aller jouer où il y aura de l’argent. Je suis très inquiet. ».

Yannick Noah

Yannick Noah remplit à fond son rôle de capitaine, et a amené les Bleus jusqu’à la victoire à Rouen face aux Britanniques. Crédits : Charly Triballeau / AFP

Soumise aux problèmes d’argent, cette compétition, vieille de 117 ans, perd peu à peu de sa superbe. La Fédération internationale de tennis a annoncé qu’elle voulait écourter les matchs et les faire passer de cinq sets gagnants à trois sets gagnants, de façon à organiser les rencontres en deux jours gagnants.

Alors, souvenez-vous des matchs mythiques de la Coupe Davis en cinq sets, comme la victoire du double français contre les Serbes en 2010, qui avait réussi une « remontada«  exceptionnelle pour un match qui aura duré plus de 4h30. A la fin de cette rencontre, Michaël Llodra déclarait au micro de France 2 : « C’est incroyable, c’est la magie de la Coupe Davis. ». Espérons que les mesures de la Fédération internationale n’auront pas raison de cette magie.

Xavier Bertrand

 

 

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