Clap de fin pour le festival In and Out

Du 30 mars au 2 avril, au cinéma Les Arcades à Cannes, se tenait le festival In and Out organisé par les Ouvreurs. Retour sur un événement cinématographique célébrant la culture Queer dans tous ses aspects.

« Ouvre grand tes oreilles ma jolie ». Lors de la clôture du festival, c’est sur cette réplique de Priscilla, folle du désert que la salle a éclaté de rire. En dehors d’une punchline bien sentie, cette phrase peut sonner comme le maître mot de l’évènement In and Out. Il fallait ouvrir grand ses oreilles, mais aussi ses yeux. 7 films ont été projetés durant les 4 jours de festival, chacun relié à la communauté LGBT par les thématiques abordées. Tout au long de l’événement, la programmation a été très variée, permettant d’aborder plusieurs points autour de l’identité LGBT. Le festival s’est ouvert sur L’Ornithologue, le long-métrage mystique de João Pedro Rodrigues. Deux documentaires ont été diffusés. Le premier, Mapplethorpe : Look at the pictures, contait la vie du photographe transgressif. Le second, Parole de King, faisait découvrir la vie des drag-kings, ces femmes qui se déguisent en hommes. Deux longs-métrages Viva et Plus jamais seul abordaient l’amour pour le cabaret et le show des drag-queens, tout en soulignant l’homophobie intrinsèque à nos sociétés, de Cuba jusqu’au Chili. Le festival a également pu permettre une rencontre avec le réalisateur cannois Jérôme Reybaud et l’acteur Pascal Cervo autour du film Jours de France. Si tous les films programmés sont des productions récentes, le festival s’est clos sur le culte Priscilla, folle du désert présenté au festival de Cannes en 1994.

De par sa programmation, le festival embrassait une dimension culturelle présentant des œuvres variées et pour une partie sous-médiatisées. Mais l’événement partageait également un aspect humain en dévoilant la réalité de la communauté LGBT, des drag-queens aux applications Grindr en passant par la simplicité de jeunes qui se découvrent gays dans des environnements souvent peu favorables. Le festival In and Out de Cannes s’inscrit donc dans cette lignée d’événements permettant d’offrir une meilleure représentation de la communauté LGBT dans la culture.

Coups de cœur de la rédaction

Jours de France réalisé par Jérôme Reybaud. (ajouter lien ou bande-annonce si possible)

Le long-métrage du réalisateur Cannois est un voyage sublime au cœur des paysages français tout en célébrant la réalité de l’être et des petites rencontres.

Priscilla, folle du désert réalisé par Stephen Eliott. (ajouter lien ou bande-annonce si possible)

Délirant road trip australien, l’œuvre de Stephan Eliot conte l’odyssée de deux drag-queens et une transsexuelle. Une véritable ode à la vie et à l’acceptation de soi, rythmée par la musique du groupe ABBA.

Mapplethorpe : look at the pictures réalisé par Fenton Bailey et Randy Barbato. (ajouter lien ou bande-annonce si possible)

Documentaire percutant sur la sulfureuse existence du photographe Robert Mapplethorpe, Look at the pictures passionne grâce à une mécanique bien huilée et à des interventions pertinentes. Un plaidoyer bien senti pour cette icone controversée de l’art contemporain aux Etats-Unis.

L’envers du décor

Véritable succès en termes d’affluence, le festival In&Out du cinéma LGBT a été entièrement organisé par l’association Les Ouvreurs de Nice, présidée et fondée par Benoit Arnulf.

Ce dernier, à la fois ému et fier lors du verre de clôture, se félicite de cette première édition indépendante cannoise. « Le public était présent, nous avons pu observer une soixantaine de spectateurs en moyenne par séance, ce qui nous rend très heureux. On est également contents de la diversité d’un public de tout âge et tout horizon, c’est un vrai mélange qu’on n’a pas forcément l’habitude de voir à Cannes au cinéma Les Arcades. ». Benoit poursuit en soulignant l’importance des rencontres durant ce genre de festival : « accueillir des auteurs comme Jérôme Reybaud ou Pascal Cervo, c’est toujours très enrichissant, d’autant qu’ils ont été très généreux dans la manière de conter leur aventure. ». Désormais, Benoit Arnulf peut envisager l’édition niçoise avec plus de sérénité et envisage les futures éditions cannoises avec plus d’ambition : « on essaye d’apprendre des éditions précédentes. De fait, on peut envisager peut-être plus de films avec une journée supplémentaire ou ouvrir à quelque chose de différent ou en lien avec le cinéma comme des conférences ou des expositions. ».

Laetitia Mazeran, responsable du cinéma Les Arcades, témoigne de l’expérience enrichissante même si un peu éprouvante, que représente l’accueil de ce festival : « l’organisation indépendante du festival In&Out à Cannes a permis de diffuser plus de films. De trois ou quatre productions, nous sommes passés à sept longs métrages sur quatre jours d’une même semaine, ce qui représente une organisation différente des années précédentes. ». Si Laetitia garde toujours en mémoire la percutante scène d’introduction du documentaire Mapplethorpe : look at the pictures, ce sont les applaudissements à la fin de Priscilla, folle du désert qui ont le plus marqué ce festival selon elle. Du 26 au 30 avril, le cinéma Les Arcades organisera la troisième édition du festival du cinéma israélien, avec un retour du réalisateur Radu Mihaileanu, après la présentation de son Histoire de l’Amour durant l’événement En Avant les Premières.

Roberto Garçon

 Louis Verdoux

 

Publicités