Quand les supporters deviennent propriétaires de leur club de football

Le football, ce ne sont pas que des grands actionnaires qui investissent des milliards. C’est aussi l’œuvre d’une communauté de supporters, venus prêter main forte ou voulant s’investir financièrement dans le projet de leur équipe.
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Des supporters de United of Manchester (crédits : La Grinta)

La gestion de clubs par leurs dirigeants peut créer des désaccords avec des communautés de supporters. C’est grâce à ce type de conflits que naissent de nouveaux clubs, comme le Football Club United de Manchester (http://www.fc-utd.co.uk/), fondé en 2005 par d’anciens supporters de Manchester United, agacés par l’acquisition du club par l’ancien actionnaire majoritaire Malcolm Glazer.

La création de ce nouveau petit club s’est déroulée avec l’exemple de la création en 2002 du club d’AFC Wimbledon, rassemblant un groupe d’anciens supporters du FC Wimbledon, ayant fusionné avec l’équipe de Milton Keynes. Bien évidemment, afin de garder une stabilité, plusieurs règles ont été établies, parmi lesquelles l’élection des dirigeants par les supporters, le principe « un homme, une voix » pour les prises de décisions, la volonté de pratiquer des prix d’entrée accessibles et de rester une association à but non lucratif, ou encore le fait d’encourager la participation des jeunes et des locaux sur et en dehors du terrain.

Ce club à la jeune histoire gravit les échelons d’année en année. Parti de division 10 à sa création, il se retrouve cette année en division 6, soit quatre marches gravies en un peu plus de dix ans, ce qui est une belle réussite.

En France, ce modèle de supporter-actionnaire prend forme dans certains clubs. L’En Avant Guingamp et son opération « Kalon » , lancée le 25 février 2017, propose aux supporters bretons de devenir actionnaires du club. Ainsi, plus de dix mille personnes se sont impliquées dans le projet, nécessitant de débourser une quarantaine d’euros qui servira à financer Kalon EAG, actionnaire du club, mais aussi à reverser des fonds pour des œuvres caritatives locales.

Chez nos voisins européens, le fonctionnement supporter-actionnaire est déjà ancré depuis quelque temps, il est même obligatoire en Allemagne, excepté pour deux clubs, Wolfsburg et Leverkusen. La règle du « 50 + 1 » impose que les supporters sont actionnaires de leur club à moitié avec les dirigeants mais que ces derniers aient le dernier mot pour trancher sur des indécisions. Les communautés de fans participent à toutes les décisions des équipes. En Espagne, le principe de « socios » veut que les adhérents d’un club aient le pouvoir d’élire son président. Le financement des clubs par les supporters est d’actualité, mais ce n’est qu’un début pour certains.

Sacha Virga

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