[RIG LUXEMBOURG #7/7] : Luxembourg : paradis de la presse ?

En 2016, la presse luxembourgeoise est parmi les plus libres du monde, d’après le classement mondial sur la liberté de la presse de Reporters Sans Frontières (RSF). Le Luxembourg arrive à la 15ème  place.

Si la 15ème place sur 180 n’est pas à plaindre, cela reste une régression. En deux ans, le Luxembourg perd 11 places au classement. Au classement 2014, le pays occupait encore la 4e place derrière les pays nordiques.

En 2015, RSF explique la dégringolade du Luxembourg à l’AFP : « Il y a une proximité entre les pouvoirs politiques, économiques et médiatiques qui génère des conflits d’intérêts extrêmement fréquents et qui ne cessent de prendre en importance ».

Selon l’organisation Reporters sans frontières, en 2016, la décision du parquet d’inculper le journaliste Edouard Perrin, qui avait révélé LuxLeaks a grandement impacté le score du pays, même s’il a finalement été acquitté, à deux reprises. En effet, depuis 2014, impossible d’évoquer le Luxembourg sans parler du dossier Luxleaks. Un scandale financier autour d’une centaine d’accords fiscaux très avantageux conclus avec le fisc luxembourgeois pour le compte de nombreux clients internationaux, comme Amazon, Ikea ou BNP Paribas. Révélé par des investigations de l’International Consortium of Investigative Journalists, nous nous sommes justement demandé quelle était la place et le rôle des journalistes luxembourgeois dans ce climat de connivence financière.

Alors, le Luxembourg paradis de la presse ? C’est autour de cette question que s’est articulé notre travail.

Si le pays arrive à la quinzième place du classement RSF, c’est qu’il répond à des critères bien précis. Pluralisme et indépendance des médias, qualité du cadre légal et sécurité des journalistes dans le pays, le Luxembourg semble cumuler tous ces points. Au cours de notre travail, nous avons cherché à approfondir ces thèmes, et à comprendre leurs tenants et aboutissants au sein des rédactions luxembourgeoises. D’abord, il était important d’approfondir le dossier Luxleaks en passant du côté des journalistes, comment ont-ils géré cette affaire ? Et d’une façon plus générale, il était important pour le bon déroulement de notre travail de nous concentrer sur la condition des journalistes au Luxembourg. Pour ce faire, nous nous sommes entretenus avec des journalistes qui travaillent au Luxembourg et qui nous ont livré leurs impressions sur leur profession.

Quant à la liberté rédactionnelle, nous nous sommes intéressés aux forces en présence et à leur impact sur les rédactions.

La dimension linguistique a aussi été prise en compte. En effet, au Luxembourg trois langues officielles sont reconnues et parlées : le français, l’allemand et la langue nationale le luxembourgeois. Nous avons donc voulu savoir si, en tant que journaliste, il était important de parler ces trois langues couramment, et si elles ne constituaient pas une barrière dans l’accessibilité de l’information, autant du côté de l’émetteur que du récepteur.

Enfin, nous avons voulu savoir quelle était la perception des jeunes luxembourgeois sur la presse de leur pays. Trois d’entre eux nous ont livré leurs impressions.

Autant de questions qui ont éveillé notre curiosité et nous ont permis d’appréhender le mystère Luxembourg.

Sarah Mannaa

 

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