La chapelle Saint-Jean met fin à 250 ans de mystère

A l’occasion des journées européennes du patrimoine, l’édifice religieux antibois a dévoilé son histoire aux visiteurs pour la première fois depuis plus de deux siècles. Environ 500 d’entre eux, intrigués, se sont pressés à ses portes durant le week-end.

Beaucoup croisent son chemin tous les jours sans toutefois y prêter attention. D’autres avaient enfoui son souvenir au plus profond de leur mémoire. Sur le perron, les habitants du quartier se rappellent des jeux auxquels, gamins, ils jouaient sur le terrain vague attenant. Chez tous les visiteurs, l’ouverture de la chapelle Saint-Jean pour les journées européennes du patrimoine a suscité curiosité et attention. « La plupart des gens viennent du quartier, explique Jean -Louis de Turckheim, en charge des visites. On l’ouvre pour des fêtes à de rares occasions mais c’est la première fois qu’on organise des visites guidées. »

Le moins qu’on puisse dire, c’est que le succès est au rendez-vous. Plus d’une centaine de visiteurs s’est pressée aux portes du petit édifice. « J’ai toujours vu la chapelle fermée, c’est la première fois que je rentre dedans, raconte Laure Ferrapie, une visiteuse, c’est un véritable plaisir de découvrir l’histoire du lieu. » Le livre d’or, lui, est jonché d’histoires et de souvenirs de vieux Antibois à propos de la chapelle.

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Suite au succès rencontré à l’occasion de ces journées dédiées au patrimoine, les propriétaires de la chapelle envisagent de reprogrammer de nouvelles visites. (Crédit : Nice-Matin/ Sébastien Botella)

Un patrimoine familial

L’association des amis de la chapelle Saint-Jean est en charge des visites guidées. Les membres sont tous descendants de la famille Guide qui a fait l’acquisition de la chapelle en 1765. Fiers de leur héritage familial, ils racontent avec passion l’histoire de la chapelle et sa transmission à travers les siècles.

Lorsque l‘on rentre dans le petit édifice, quelques pièces greffées ça et là au gré de la nef attirent l’œil. À l’intérieur, des caveaux où reposent les aïeux des quelque 150 membres actifs de l’association. À l’étage, sous les combles, c’est une exposition à l’effigie de leurs ancêtres morts pour la France qui prend place. « Nous avons attribué un panneau à chaque soldat mort au front, affirme Jean-Louis de Turckheim, on y a regroupé des citations, leurs photos et même des lettres dont certaines sont vraiment émouvantes. »

Les amis de la chapelle ont mis du cœur à l’ouvrage pour retranscrire l’âme de la bâtisse au public. On voit dans le regard de certains la fierté de faire revivre l’histoire des lieux. De faire perdurer le patrimoine familial. Les quelque 500 visiteurs qui se sont succédé tout le week-end, eux, semblent comblés d’avoir découvert ou redécouvert ce bâtiment dont les portes leur avaient toujours été fermées.

Margot Desmas

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