[INTERVIEW] Patrick Moya « Ma liberté : faire tout et n’importe quoi »

Il s’est fait connaitre grâce à sa Dolly, une petite brebis devenue l’identité visuelle des soirées techno « Dolly Party » dans les années 80. Adepte de peinture mais aussi de sculpture, d’art numérique et de live painting, Patrick Moya est un plasticien aux multiples facettes. Il était présent au Festival du livre de Mouans-Sartoux et s’est confié sur son univers fantasque. Buzzles en a profité pour le rencontrer.

Quel est votre parcours artistique ?

J’ai commencé par faire de la bande dessinée aux Arts décoratifs. J’ai eu la chance de publier dans les premiers fanzines. Puis, je suis rentré à la Villa Arson à Nice car l’art contemporain m’intéressait. L’idée de la télévision comme nouveau médium m’a de suite intéressé, c’était totalement nouveau. On transmettait une image en direct d’un point à un autre. Cela allait transformer la relation artiste-spectateur.

Dans vos œuvres, il y a une véritable réflexion sur  la place de l’artiste dans sa réalisation…

Mon travail, ce n’est que ça : l’idée de la place de l’artiste mais aussi ma place à moi. J’ai toujours pensé que l’art devrait reprendre sa première fonction qui est de savoir comment l’Homme traverse les médias. Les artistes ont toujours cherché cela.

Pourquoi avoir choisi des animaux pour traiter de ce sujet là ?

Les animaux ne sont qu’une partie de mon travail. On a créé une encyclopédie pour mettre tout cela au clair. Dedans, on y retrouve toutes mes productions. Il y a eu un livre sur la brebis Dolly, un sur la télévision, un sur le cirque, etc. On connaît surtout mon travail sur les animaux, c’est sûr. C’est ce qu’il y a de plus facile à diffuser. Les animaux sont juste des personnages que j’abandonne dans la peinture ; ils font un petit peu ce qu’ils veulent.

Comment avez-vous découvert Second Life, la plateforme numérique sur laquelle vous exposez vos œuvres ?

C’est grâce à un article de presse que j’ai découvert Second Life. Cela m’a de suite plu. A la base, je voulais vendre des espaces virtuels artistiques à des collectionneurs. J’ai créé un monde 3D sur mon ordinateur où j’ai pu installer mes œuvres. Mais personne ne pouvait venir les voir. Second Life a résolu ce problème. Ici, il suffit au spectateur de créer son avatar sur la plate-forme pour venir visiter mon expo. Dans Second Life, il y a un réseau connecté au monde entier, c’est l’idéal pour moi. De plus, ce n’est pas comme sur un jeu vidéo. Ici, rien n’est programmé à l’avance. On est libre de faire et de construire ce que l’on veut. Second Life, c’est l’idéal pour exposer tout ce que l’on souhaite. On peut réunir dans un monde complet des choses extrêmement diverses : des toiles naïves avec des toiles abstraites. Et vu que je fais un peu de tout, c’est le support parfait.

Comment décrivez-vous votre univers ?

Mon rêve, c’est d’être universel. Aujourd’hui, ce n’est pas seulement un rêve d’artiste-plasticien. Les chanteurs, les couturiers, tous veulent toucher à tout. Un artiste ne peut exister que s’il est universel. Être seulement un artiste numérique ne m’intéresse pas. Je veux pouvoir faire un jour du street-art sans devoir me revendiquer de ce domaine. Dessiner des petits animaux et faire une œuvre conceptuelle. C’est ça, la dernière liberté de l’artiste : pouvoir faire tout et n’importe quoi.

Avez-vous des projets futurs ?

Oui, surtout des expositions. Je vais exposer à la galerie Lympia à Nice en décembre. L’exposition s’intitulera « le père Moya » et sera une rétrospective de mon travail. Je vais ensuite exposer à la collégiale Chartres ; à Turin, etc.

Propos recueillis par Mathilde Durand

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