[Backstage] Le Festival du livre de Mouans-Sartoux

« Qui n’a jamais rêvé de s’immiscer dans les coulisses des plus grands évènements ? Rencontres sportives, concerts, festivals… Backstage vous emmène à la rencontre de ceux qui travaillent dans l’ombre pour vous fournir le plus beau des spectacles. Ces acteurs anonymes et pourtant essentiels, Backstage vous les fait découvrir… »

Chaque année, Mouans-Sartoux devient, le temps d’un week-end, capitale du livre en France. Le cinquième plus gros festival littéraire de l’Hexagone prend ses quartiers dans le bassin cannois pendant trois jours, à l’occasion du premier week-end d’octobre, qui voit passer plus de 60.000 visiteurs. Mais tout cela se prépare. Au-delà du long travail de démarchage d’auteurs et de personnalités par les organisateurs, les bénévoles se doivent d’aider à relooker rapidement la ville. Parfois même en moins de 24 heures.

Infographie Mouans-Sartoux

Pour organiser un festival d’une telle ampleur, il paraît évident que le festival de Mouans-Sartoux a dû se doter d’un poste de secours et d’une équipe de pompiers pour assurer la sécurité et le bien-être des festivaliers. De manière à couvrir l’espace de 8 000 m2 le plus efficacement possible, le centre d’incendie et de secours (CIS) de la ville avait envoyé sur place une équipe de six pompiers. Les hommes du feu disposaient de deux véhicules, un petit camion pour les éventuels départs de feu (il n’y en a finalement pas eu) et un autre pour transporter le personnel et les blessés en cas de besoin.

Quatre pompiers restaient postés à proximité du poste de secours, sur le boulevard principal, pour intervenir au plus vite, tandis que les deux autres patrouillaient à travers le jardin du château et les espaces librairie et beaux livres. L’équipage n’a pas eu d’intervention majeure à effectuer, se contentant de soigner les petits bobos et les malaises, assez fréquents étant donné « l’âge avancé de certains festivaliers, surtout sous cette chaleur », expliquait l’un des six pompiers déployés. De très rares transferts vers l’hôpital ont été réalisés (pour des malaises) mais aucune blessure grave n’était à déplorer.

La sécurité comme maître-mot

Pour la trentième édition du Festival, le budget consacré à la sécurité n’a jamais été autant conséquent. Sur les 280 000 € alloués à l’évènement, 28 000 € ont été dépensés dans la sécurité, soit 10 % du budget ! Ce chiffre important s’explique par le plan vigipirate toujours en cours et les instructions données par la préfecture à la ville de Mouans-Sartoux. Celle-ci a donc dû investir dans de nouveaux moyens pour protéger les 60 000 visiteurs qui se sont multipliés tout au long du week-end. En plus des 40 gendarmes, 18 policiers et une dizaine de vigiles, 270 bénévoles ont aidé à sécuriser le festival dont l’allée principale était piétonnisée pour la deuxième année consécutive. Mais la grande nouveauté de cette année était la mise en place de portiques de sécurité. Au total, ils étaient au nombre de dix, situés devant des lieux stratégiques comme la Strada, la salle Léo-Lagrange ou encore au Café littéraire. Le principe est simple. Pour passer, il suffit d’enlever tous les objets en métal pour ne pas faire sonner le système. Ce passage obligatoire était ensuite suivi d’une fouille de sac obligatoire.

Mais la bonne tenue d’un événement n’est pas seulement due aux personnes qui le surveille. Au Festival du livre de Mouans-Sartoux, de nombreux acteurs indispensables de ce week-end sont dans l’ombre, loin des stands. Les ingénieurs du son font partie de ceux-là. Grâce à eux, les cafés littéraires, les entretiens ou encore le journal radio du festival sont diffusés dans les différents espace du festival.

Ingénieurs son Mouans-Sartoux

Les ingénieurs du son ont commencé à installer le matériel tôt dans la semaine. (Photo Romain Hugues)

Avec eux, c’est du matériel de qualité qui les suit. Consoles, enceintes, micros… Les ingénieurs du son apportent du matériel dans le but de satisfaire les oreilles de chacun.

Les ingénieurs du son mettent également tout en oeuvre afin que spectateurs ou auteurs puissent bénéficier d’un maximum de confort.

Un abri temporaire en guise de billetterie

Cette année, un étrange bâtiment fait de paille, de terre et de comptoirs, a fait surface sur le boulevard des bouquinistes. Malgré son allure étonnante, la billetterie façonnée par l’association Habitat Paille 06 constituait l’un des lieux incontournables du festival puisqu’on y passait forcément si l’on voulait profiter de l’ensemble de l’espace mis à disposition du public. Ce bâtiment original abritait trois à quatre bénévoles, chargés de répondre aux questions des visiteurs et de leur vendre les billets (4 € pour un accès illimité pendant les trois jours), indispensables pour assister aux cafés littéraires et rencontrer les associations et libraires qui tenaient des stands. Avec l’apparition de portiques de sécurité un peu partout, le fonctionnement a été légèrement bousculé par rapport à l’année dernière, comme en témoigne une bénévole qui a souhaité conserver son anonymat : « À l’entrée des bâtiments, on vérifie que les gens ont bien leurs tickets. On ne fait pas de fouilles – elles ont déjà lieu au niveau des portiques de sécurité – mais on renvoie les personnes à la billetterie pour qu’ils achètent un ticket s’ils n’en ont pas. Cela ne leur plaît pas forcément, étant donné qu’il y avait beaucoup de queue ce week-end. »

Pour acheter son ticket, il fallait donc prendre la direction de la maison de paille, et non d’une « écurie avec des chevaux, d’une étable avec des cochons ou des poules », comme ont pu le penser certains, sourit la bénévole : « On a eu toutes les plaisanteries imaginables, bonnes comme mauvaises ». Cette bâtisse déconcertante fera peut-être de nouveau sensation l’année prochaine sur le boulevard des bouquinistes. En tout cas, les bénévoles n’y sont pas opposés : « C’est assez étonnant mais ça sent bon et ça tient au frais quand il fait chaud dehors. Le seul petit bémol, c’est que ça ne protège pas du vent. »

Le Festival du livre de Mouans-Sartoux possède également ses médias. Tout cela est géré par l’IUT de journalisme de Cannes. Chaque jour, un magazine de huit pages est édité par un groupe tandis que d’autres étudiants réalisent un journal radio d’une vingtaine de minutes. En plus de ces deux formats réalisés par les étudiants de seconde année, l’école propose également un journal télévisé par l’intermédiaire des licences professionnelles en troisième année.

Paille Mouans-Sartoux

La maison de paille a tenu tout le week-end son rôle de billetterie. (Capture d’écran YouTube Une billetterie en paille à Mouans-Sartoux)

Loris Biondi

Guillaume Truillet

Romain Hugues

Harold Girard

Mohamed Ben Maazouz

Hugo Girard

 

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