novembre 22

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L’eSport fait son nid en PACA

L’eSport connaît une expansion extraordinaire dans le monde ainsi qu’en France ces dernières années. La région PACA est l’une des plus concernées par ce phénomène. On y retrouve les marques d’une véritable culture et d’une professionnalisation de la discipline.

Phénomène culturel massif ou produit de l’acculturation mondiale, l’eSport explose dans le monde. Une mouvance qui ne laisse pas la France en reste. Pour l’année 2016 ce sont près de 1,4 millions de spectateurs qui ont assisté à des compétitions e-sportives. La démocratisation de ce genre sportif a des retombées économiques lourdes : l’eSport en France génère un revenu estimé en 2016 à 22,4 millions de dollars américains avec un taux de croissance de 14%. A travers la France, la région PACA est l’une des plus engagée dans ce phénomène.

La région PACA, une des premières contrées françaises d’E-sport

Dans cette expansion extraordinaire, la région PACA se distingue par son implication. 3ème sur le podium du nombre d’associations e-sportives par région avec 47 associations à la fin de l’année 2016, la région abrite de nombreux joueurs, principalement amateurs, sur console ou sur PC. Le monde du « multijoueur » leur est aussi familier que les classiques interactions sociales à l’école ou au travail. La culture du jeu sur la Côte d’Azur se matérialise bien au-delà des échanges audio à distance entre joueurs.

eSport France

La région PACA, 3ème région de France dans les associations e-sportives (Crédits : http://www.theesportacademy.com)

Au cœur des soirées jeux vidéos

Au Meltdown d’Aix-en-Provence, bar dédié aux joueurs, les poignées de mains et les embrassades sont bien réelles. Un peu plus silencieux qu’un bar traditionnel, l’ambiance qui y règne n’en reste pas moins joviale. C’est au milieu de cette réunion de passionnés que le rythme de l’eSport se comprend : un état intense d’intense concentration électrocuté par les réactions intermittentes des joueurs.

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 Le Meltdown, un bar accueillant certains joueurs d’eSport (Crédits : Meltdown)

C’est après un cri de joie bien senti que Ronald confie son bien être : « On se met bien ! ». Puis il évoque sa victoire avec une ferveur digne des tribunes de grands matchs. L’e-joueur de 21 ans décrit l’endroit comme un lieu convivial mais aussi collant à la « modernité ». L’avis du passionné se veut en rupture avec l’impression d’avant-gardisme que renvoie un bar eSport. « Il faut arrêter de voir ça comme très futuriste, un bar avec des jeux vidéos c’est déjà devenu banal ». Lorsqu’on interroge ses amis sur la présence de l’eSport dans la région, les avis se rejoignent : Nassira constate « une présence bien plus forte de la communauté e-sportive qu’à Strasbourg » d’où elle est originaire.

Strasbourg et ses environs, en totale opposition à Cannes, sont vides de toute association e-sportive. C’est un cas particulier en France. « Pour une gameuse (adepte des jeux vidéos) c’est le désert ».

L’AS Monaco intègre la sphère grandissante de l’eSport

C’est l’événement de ce début de saison (2017-2018) dans le monde du jeu électronique. L’AS Monaco a recruté deux champion Fifa : Florian «RayZiaaH» Maridat (ancien de… «Monaco eSports») et Vincent «Vinch» Hoffmann (qui vient de quitter le FCN), mais aussi un manager, Jérémy «Tekylah» Girardot. Les deux as du célèbre jeu de football ont provoqué un tollé en signalant l’émergence de la structure e-sportive monégasque.

La saison précédente, le club de la Principauté n’avait mis qu’un pied dans le domaine en investissant timidement aux côtés d’Epsilon. Une période d’« observation » qui nourrit l’ambition de l’ASM : « On se lance sur Fifa avec l’idée d’aller sur d’autres jeux. On va étudier nos possibilités, on veut grandir petit à petit, diversifier la marque et développer notre présence sur un secteur avec une cible jeune  qui ne regarde pas forcément la télévision. » déclarait à l’Equipe en septembre Bruno Skropeta, directeur de la communication et du marketing à l’ASM.

Malgré le peu d’interventions médiatiques des joueurs et le verrouillage de la communication du staff de l’AS Monaco, Florian Maridat a tout de même déclaré à la même période à L’Equipe : « Je veux tout gagner et je pense que l’AS Monaco va me permettre de progresser parce que je vais pouvoir me focaliser sur mon jeu. Jouer pour un club de foot, c’est énorme ». Ce dernier désavoue implicitement les méthodes de son ancien club le Monaco eSports.

L’investissement de l’AS Monaco est significatif de l’engouement autour de l’eSport en PACA ainsi que de sa professionnalisation même si aucun budget alloué n’a été dévoilé. A l’instar du PSG, du FC Nantes et de l’Olympique Lyonnais, le club monégasque joue sur un nouveau tableau.

Harold Girard

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