Des Celtics qui déjouent les pronostics

Après un mois de compétition en NBA, plusieurs tendances commencent à se dégager… À l’Ouest, comme annoncé, la bataille est sans relâche entre les équipes prétendantes au titre. Warriors, Rockets ou Spurs sont au coude à coude. Pourtant aujourd’hui, c’est bel et bien à l’Est qu’une équipe envoie un signal très fort à toute la ligue. les Boston Celtics réalisent une série impressionnante de 16 victoires consécutives. Comment cette équipe a réussi à se hisser au sommet de la Conférence Est sur ce début de saison? Eléments de réponse…

« Des Celtics articulés autour du Big Three : Kyrie Irving, Gordon Hayward et Al Horford » (de gauche à droite). (Crédit photo : CBS Boston)

Une intersaison prometteuse

Boston faisait peau neuve cette année avec une ossature renouvelée. Exit Isaiah Thomas ou Avery Bradley qui ont fait le bonheur des fans du TD Garden, la saison dernière. Les Celtics ont frappé fort durant l’intersaison en arrachant Gordon Hayward à Utah, et en récupérant Kyrie Irving dans un échange avec les Cleveland Cavaliers.

Cette saison les C’s devaient donc être articulés autour d’un Big Three composé des deux nouveaux arrivants, que sont le meneur Kyrie Irving et l’arrière-ailier Gordon Hayward ainsi que du pivot titulaire Al Horford, arrivé l’an dernier en provenance d’Atlanta est déjà installé dans l’équipe. Le tout accompagné de jeunes joueurs extrêmement prometteurs tels que Jaylen Brown, Jayson Tatum et Marcus Smart, ainsi que de joueurs de complément expérimentés comme Marcus Morris ou encore Aron Baynes.

L’objectif affiché des hommes de Brad Stevens : tenter de détrôner LeBron James, le King qui règne en maître incontesté sur la Conférence Est depuis maintenant sept saisons.

La blessure qui change tout

Le 18 octobre, premier match de la saison, et premier test pour les C’s qui voient LeBron James et ses Cavaliers se dresser sur leur route. Après cinq minutes de jeu, action a priori anodine, Kyrie Irving cherche Gordon Hayward qui coupe au cercle, ce dernier est à la réception mais il est serré de près par LeBron James et Jae Crowder, qui cherchent l’interception. Les trois basketteurs sont dans les airs, Hayward parvient à diriger la balle vers son coéquipier Jaylen Brown mais il se réceptionne mal, la chute est terrible.

Image marquante, la cheville de Gordon Hayward a littéralement tourné à 90 degrés par rapport à son axe naturel. Joueurs, commentateurs et spectateurs sont sous le choc de cette terrible blessure. Verdict, fracture du tibia avec dislocation de la cheville et saison terminée pour le néo-celtic.

Avec cet évènement dramatique, les Celtics voient leur destin s’assombrir, les joueurs se cherchent et l’équipe perd les deux premiers matchs d’une saison qui s’annonce à priori compliquée pour un groupe orphelin d’un de ses leaders.

Le renouveau et l’improbable série de victoires

Trois jours après la blessure de Gordon Hayward, les Celtics l’emportent sur le parquet des Philadelphia Sixers, et repartent de l’avant. Une victoire certes pour reprendre de la confiance. Mais qui aurait pu imaginer qu’à ce succès s’en rajouteraient 15 autres ?

« Jayson Tatum et Jaylen Brown (de g. à d.), des jeunes joueurs qui ont su prendre leurs responsabilités ». (Crédit photo : MassLive et NBC Sports)

Cette série d’invincibilité et cette remontée vers les sommets de la conférence Est sont d’abord le fruit d’un travail collectif. Même si les Celtics ont dans leurs rangs des individualités exceptionnelles telles que Kyrie Irving, meneur quadruple All-Star, dribbleur intenable et doté d’une qualité de finition près du cercle hors-norme. C’est bien le collectif qui a haussé son niveau de jeu pour pallier l’absence de Gordon Hayward.

Les stars de l’équipe ont montré l’exemple et ont haussé significativement leur niveau de jeu, en témoigne la performance de l’inévitable Irving, à Dallas, avec des statistiques impressionnantes (47 points, 6 passes décisives à 16/22 au shoot dont un 5/7 à 3 points).

Al Horford est lui aussi monté d’un cran en intensité. Si l’intérieur dominicain reste dans ses standards en termes de production offensive, il est brillant de l’autre côté du terrain et mène avec lui la défense des Celtics, meilleure défense de la ligue avec seulement 95,8 points encaissés par match.

Suivant l’élan des deux stars de la franchise, le reste de l’équipe a suivi le pas, le rookie (joueur effectuant sa première saison dans la ligue) Jayson Tatum et le sophomore (joueur effectuant sa deuxième saison dans la ligue) Jaylen Brown ont sensiblement augmenté leur production offensive. Tatum et Brown sont devenus, avec la blessure d’Hayward, des options offensives importantes et précieuses pour Boston.

D’autres joueurs comme Marcus Smart, Terry Rozier ou Aron Baynes apportent beaucoup en sortie de banc et permettent aux Celtics de maintenir leur niveau offensif et leur intensité défensive, même lorsque les joueurs majeurs sont sur la touche.

De bons joueurs, perfectionnés par un fin tacticien

« Le coach Brad Stevens (au centre), un des artisans majeurs du succès des Celtics ». (Crédit Photo : Boston Herald)

Une équipe ne peut en aucun cas afficher un tel niveau sans un entraîneur digne de ce nom. À Boston, le chef dorchestre se nomme Brad Stevens, il entame sa cinquième saison à ce poste et il est, lui aussi, un des personnages clés dans la réussite des C’s.

Précieux pour ses joueurs, il parvient à en tirer le maximum. On peut s’en apercevoir avec le cas concret de Kyrie Irving. Le meneur américain jouait auparavant à Cleveland avec un jeu essentiellement basé sur des situations d’isolation. A Boston, il se retrouve sous les ordres d’un meilleur coach, tacticien pur, qui exploite beaucoup plus son potentiel. Ainsi, Irving parvient à varier son jeu, avec, en plus de l’isolation et des un-contre-un qu’il maîtrise si bien, des attaques placées et des systèmes travaillés.

Le meneur All-Star n’est pas qu’un simple scoreur, Brad Stevens veut également faire de lui, un véritable playmaker, soit un distributeur, une star au service de l’équipe. Le symbole d’une mentalité Celtics qui privilégie le collectif.

Khémiss Antony

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