Les tendances rétro et vintage c’est aussi chez les jeunes

Vintage, vinyle, musique old-school… Des concepts qui touchent au passé, mais que l’on n’oublie pas aujourd’hui.  Chez les jeunes, ces anciennes tendances sont loin d’être démodées. Années 50, 60 ou 70, certains d’entre eux trouvent en ces époques un modèle exclusif et une fascination particulière.

Emblématique d’une époque allant de l’après-guerre à la fin des années 90, le vintage est devenu un véritable phénomène de mode chez les jeunes. Poussés par la recherche d’originalité dans le style et les goûts, beaucoup de jeunes s’inspirent des temps de leurs parents. Ils sont de plus en plus nombreux à aller s’habiller dans des friperies, boutiques dans lesquelles le modèle vintage est le plus facile à trouver. Pour certains, le plaisir est de dénicher la chemise oversize en imprimé ethniques, la robe aux motifs psychédéliques et longue jusque sous les genoux, ou encore le pantalon mom high-waist, caractéristiques des années 70. « La mode est un cycle, on le sait. Les tendances viennent, repartent et ainsi de suite, », raconte Thomas, un étudiant montpelliérain de 19 ans. Je pense qu’on se tourne vers l’ancien car c’est une valeur sûre. On voit les photos de nos parents porter des sweat-shirts oversize, des Levi’s 501 etc. On peut retrouver une petite part d’histoire à travers ces vêtements ! ». D’autres, comme Elodie une étudiante de 20 ans, voient le vieux tissu comme le reflet d’un certain état d’esprit : « Le look des années 60/70 appartenait à une génération de personnes avec un certain style de pensée, et je m’en inspire. ».

 

Ophélie, 27 ans est responsable de la boutique Leeberthy à Montpellier, une friperie au savant mélange entre pièces originales vintages et pièces uniques customisées. Après des études dans les arts appliqués, le design et le graphisme et un voyage d’un an à l’étranger, elle et son compagnon ont décidé d’ouvrir une boutique de seconde main. « On se rend compte que les 80’s, 90’s reviennent en force. Le sport wears, les motifs, les gros logos, le street chic. Alors pourquoi pas consommer directement les pièces originales, parfois quasi-neuves à des prix abordables ? ». Ouverte depuis 4 ans et demi, la boutique accueille majoritairement des 18-30 ans. « Ce sont des personnes sensibles à la fringue, aux détails, avec une culture du street style assez prononcée. Des gens ouverts à l’insolite, aux couleurs et aux coupes  », ajoute Ophélie.

 

Du sixties dans les casques

 

Fort de son succès intergénérationnel, le rétro se déploie de plus en plus dans la mode, mais aussi dans la musique. Vieille variété française, rock progressif ou encore blue-eyed soul, d’anciens genres musicaux rythment encore la vie des moins de 25 ans. Dans les années 60, Stayin’Alive des Bee Gees ou Paint it Black des Rolling Stones enchantaient les plus grandes salles de concert. Aujourd’hui c’est Perfect de Ed Sheeran et Mi Gente de J. Balvin et Willy William qui font partie des meilleurs tubes du moment. Naturellement, le registre des musiques phares entre hier et aujourd’hui a bien changé. Mais certains artistes old-school et populaires ont traversés les décennies et sont restés incontournables dans les playlists musicales de quelques-uns. « Aretha Franklin, Etta James, Nina Simone, Dolly Parton, Tina Turner…J’aime ces chanteurs là parce qu’ils sont singuliers et uniques dans leur domaine, raconte Thomas. Aujourd’hui, on regroupe sous la « pop » tout un tas d’artistes qui font presque tous la même chose. »

 

Le retour en force de la galette noire

 

Si la jeunesse garde encore en tête les classiques de la musique de leurs parents, depuis quelques années, elle renoue aussi avec le vinyle. A l’heure où le numérique a dématérialisé la musique, certains retrouvent le plaisir d’écouter leurs chanteurs favoris sur un disque de platine. Les moins de 25 ans se tournent de plus en plus vers l’achat du vinyle et représentent plus de la moitié de ses acheteurs, selon une étude de MusicWatch. En 2016, il s’est vendu en France plus d’1 million 700 000 disques, soit le double des ventes de 2015. Etienne, un étudiant lyonnais de 20 ans, est l’un de ces archéologues du vinyle qui trouve en cet objet « la beauté, le plaisir de la collection et une belle discothèque. » Ce fan de Yellowman, Miles Davis ou encore des Beatles a un goût prononcé pour le vintage, « d’ailleurs je n’achète des rééditions qu’en dernier recours », ajoute Etienne. Pour cet étudiant en sciences politiques, matérialiser la musique est primordial. « Sur ton téléphone tu mets une musique sur YouTube la qualité est pas terrible et ça prend dix secondes, alors que quand on écoute un vinyle on prend son temps on s’installe, on se pose et on apprécie », conclut-il.

 

Plus qu’un simple effet de mode, l’intérêt des jeunes pour le rétro représente un réel attachement aux principes qu’incarnait le passé. Elodie s’indigne d’un changement des rapports humains. « Avant, ils savaient communiquer. Ils s’habillaient, prenaient un sac et sortaient voir leurs amis. Nous on reste couchés, yeux rivés sur notre téléphone toute la journée, insiste-t-elle. Je pense que c’est vraiment quelque chose de néfaste pour les relations humaines ».

 

 

Hafça El Moussaoui

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