Loup-Denis Elion : « C’est obligatoire que le cinéma et l’art restent libres »

Loup-Denis Elion était l’un des six jurés de ces 30es RCC. Le comédien de 38 ans explique pourquoi il est venu participer à ce festival qu’il « ne connaissait pas ». Et celui qui joue Cédric dans la série Scènes de ménages justifie aussi son choix de quitter ce rôle après neuf années.

Pourquoi avoir dit oui lorsqu’on vous a proposé d’être juré aux RCC ?

Je ne connaissais pas du tout le festival, mais Gérard [Camy] et Aurélie [Ferrier] (président et directrice de l’association organisatrice) m’ont aimablement invité, et je suis ravi d’avoir le privilège d’être juré. Ce sont toujours des expériences très enrichissantes, intéressantes. On découvre plein de films, d’acteurs, de réalisateurs qui ne sont pas souvent sous les projecteurs. C’est l’occasion également de découvrir une sélection originale, de débattre de ces films. Rencontrer et échanger avec le public est aussi important. En plus, je n’ai pas trop le temps d’aller au cinéma, donc c’est bien de faire un festival pour voir un maximum de films.

Aviez-vous déjà été juré ?

Oui, au festival de la section TV de La Rochelle [Charente-Maritime] cette année, c’était une chouette expérience. Être choisi comme juré pour cette 30e des RCC, c’est un honneur et ça permet de faire de superbes rencontres.

Y a-t-il une impression particulière à être juré lorsqu’on est acteur ?

Ça peut faire bizarre, mais ça fait partie du métier de voir des films, et puis on a une petite responsabilité d’aider ou tout simplement, de récompenser un film qui nous a émus, touchés. C’est une petite mission qui peut changer des destins.

« J’ai quitté Scènes de ménages pour sortir de ma zone de confort ». Crédit : Ledroit-Perrin

Pourquoi quitter Scènes de ménages ?

Cela faisait neuf ans que je travaillais sur la série. Je me dis qu’il est temps de passer, de consacrer mon énergie à autre chose. Il fallait que j’arrête avant de me lasser. J’avais déjà fait pas mal d’autres rôles, mais le fait de sortir du personnage de Cédric, c’est surtout sortir d’une dynamique qui a boosté ma carrière mais qui était un peu paradoxale, parce qu’on quitte quelque chose qu’on adore et qui se passait vraiment bien. J’ai fait ce choix pour sortir de mon confort, en tant que comédien dans cette série, pour aller me confronter à de nouvelles choses, de nouveaux horizons.

Avez-vous des projets ?

J’ai plusieurs projets de séries télévisées qui vont arriver pendant l’année 2018. Je vais également remonter sur les planches, puisque j’ai quelques projets de théâtre. Du côté du grand écran, non : je n’ai rien en vue pour le moment.

La liberté est le thème de ce festival, ça vous inspire quoi, notamment dans le cinéma ?

Pour moi, ça évoque la liberté de penser. Penser librement sans que l’on puisse être inquiété par quoi que ce soit, c’est ça l’essentiel. C’est pour moi obligatoire que le cinéma et l’art restent libres dans leurs propos, et c’est à nous d’avoir la liberté de les apprécier ou non. C’est un thème qui doit toucher tout le monde, dans n’importe quel domaine de l’art. Et le fait que ce soit un sujet qui m’intéresse m’a encore plus motivé à venir à ces RCC.

Loris Biondi

Hugo Girard

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