décembre 23

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Le Ballon d’or, un trophée remis en cause

Cette année sans grande surprise, le Ballon d’or a été attribué à Cristiano Ronaldo. Si ce trophée créé par France Football en 1956 souligne la saison incroyable de CR7, il n’est pas exempt de critiques. Privilège des postes offensifs, trophée individuel pour un sport d’équipe… Retour sur certains des principaux reproches au trophée légendaire.

Dès l’annonce du résultat, l’attaquant français Karim Benzema a tout de suite émis des réticences face au classement. Il est allé jusqu’à qualifier la classification de « tirage au sort » .

Le trophée récompense les individualités, c’est ce que Raymond Domenech pointe du doigt : « Le Ballon d’or, symbole de l’individualisme, ne devrait pas exister. Ou alors un par poste. » Ainsi, récompenser un seul joueur amène la statistique au cœur du jugement. Il est plus difficile de juger le collectif, et l’apport des joueurs entre eux, que les performances individuelles brutes d’un seul joueur sur une durée déterminée.

La question des postes est aussi un des principaux problèmes. Depuis cinquante-six années d’attribution, un seul gardien de but a été récompensé, le Russe Lev Yachine en 1963. Cette année cependant, le gardien italien Gianluigi Buffon est 4ème. Les postes défensifs sont les grands oubliés du Ballon d’or. Depuis sa création, seulement 3 défenseurs l’ont remporté, Franz Beckenbauer (1972 et 1976), Matthias Sammer (1996) et plus récemment, Fabio Cannavaro en 2006, après avoir remporté la coupe du Monde avec l’Italie.

Lev Yachine est le seul gardien à avoir reçu le Ballon d’or, c’était en 1963 (Crédit photo : Russian Football News)

Le trophée est-il objectif ?

La fusion de la FIFA et de France Football pour décerner le trophée avait donné lieu à de nombreuses critiques. Le journal a donc choisi de mettre fin à ce partenariat en 2016 : 176 journalistes internationaux, choisissent 5 noms parmi une liste prédéfinie de 30 joueurs. C’est France Football qui choisit les 30 joueurs potentiellement éligibles. Les votants sont donc limités par ce choix, même s’il a été élargi, car il était de seulement 23 nominés auparavant. De plus, France Football sélectionne les journalistes pouvant exercer leur droit de vote. Les journalistes européens choisissent selon seulement trois critères : le palmarès, un choix donc purement statistique, « la classe », comprenez le fair-play et le talent, difficile à juger et qui explique le privilège des postes offensifs, qui jouent de manière plus spectaculaire que les autres joueurs. Le dernier critère concerne la « carrière du joueur », un paramètre flou, que France Football n’explicite pas.

La majorité des critiques des trophées proviennent des joueurs, souvent déçus de leur position ou de leur absence du classement. Difficile pour les journalistes de contredire les résultats, c’est le risque de ne plus être membre du jury. Ces défauts d’attribution permettent sans doute d’expliquer la baisse d’engouement populaire pour ce trophée.

 

Lucas Beulin

 

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